Parler du parcours PMA à son entourage

Lorsque mon homme et moi avons commencé sérieusement les TP en vue d’une grossesse (novembre 2009, il y a donc plus de 2.5 ans), nous n’aurions jamais cru impossible une conception « naturelle ».

Il faut dire aussi que je ne comprenais pas grand chose à la façon dont la médecine pouvait apporter son aide aux couples infertiles (j’ai définitivement renoncé à utiliser le terme « stérile », merci mon acupuncteur -j’y reviendrai aussi-).

Notre entourage proche, et parfois moins proche, savait/voyait/se doutait de notre désir d’enfant. Nous en parlions aussi, sans vraiment dire que nous essayions…

Les mois puis les années ont passé. Nous avons appris que mes follicules étaient bien trop paresseux et qu’il fallait passer aux choses sérieuses sans plus tarder. Nous avons réalisé que le chemin vers la maternité risquait d’être long et c’est alors que nous avons décidé, d’un commun accord, de dire la vérité sur mon/notre problème (l’IO) et sur notre parcours d’aide médicale à la procréation à notre entourage (amis + famille). C’est un risque, oui, mais nous l’avons pris. Un risque, surtout si bébé n’arrive pas. Ça sonne chez moi comme un échec, un ratage, un plantage… du genre : même la science ne peut rien pour nous…

Par contre, si la médecine pouvait réaliser ce rêve d’enfant, j’ose croire que nous « oublierions » (mais j’ai envie de mettre des tas de guillemets, car je suis certaine qu’on n’oublie jamais ce parcours du combattant et tout ce qu’il implique dans sa vie amoureuse, professionnelle et sociale).

Avec l’attente d’un bébé qui n’arrive pas et le moral pas toujours au beau fixe, de plus en plus de monde, autour de nous connaît notre parcours ; la parole aidant à avancer…

Je porte le fardeau de l’infertilité et j’ai l’impression qu’on ne voit que ça quand on nous regarde. Nous incarnons un couple en mal d’enfant. J’espère que nous incarnons aussi un couple qui s’aime.

J’ai bien conscience que ce billet est un peu confus. Il est représentatif de ce qui se passe dans ma tête. Ceci étant, même s’il y a encore beaucoup de boulot, chaque jour qui passe, je gagne à être un tout petit peu moins triste, un tout petit peu moins amère et un tout peu moins dure avec moi-même.

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5 réflexions sur “Parler du parcours PMA à son entourage

  1. Pour notre part et parce que j’ai insisté, on n’a pas parlé de notre difficulté à avoir un enfant à notre entourage, on a fait notre fiv en douce.. Lorsqu’on a annoncé à ma BS que j’étais enceinte, on lui a dit car elle avait subi une IMG quelques mois plus tôt et on ne voulait pas la blesser avec cette grossesse. Mes BP étaient présents ce jour là et je regrette que mon homme en ait parlé devant eux.
    On ne parlera pas non plus de notre prochaine tentative pour pleins de raisons. En tout cas, l’une de mes motivations était celle que tu évoques: incarner un couple en mal d’enfant vis à vis des autres. Je ne voulais pas susciter la pitié non plus et avoir la pression, bref des raisons j’en avais à la pelle.
    En tout cas, ne soit pas dure avec toi-même, au contraire, chouchoute toi, on n’est pas fautives d’être en IO.

    • Effectivement, je crois que chaque couple fait comme il peut.
      En ce qui nous concerne, c’est surtout lorsqu’on a compris que ça allait prendre plus de temps que prévu, qu’on a pris la décision d’en parler à notre entourage proche.
      Au fur et à mesure du temps qui a passé, d’une grossesse « avortée » à 2 mois (arfff), cet entourage proche (familial) s’est un peu élargi… C’est là que nous avons ressenti (enfin moi surtout, mon homme n’est pas très bavard…) ce besoin, de dire les choses à nos amis.
      Nous ne regrettons pas ce choix même si je trouve pesant certains silences qui règnent autour de nous. Les amis ne veulent sans doute pas heurter et donc ne posent pas de questions, ou à l’inverse, il y a une forme de compassion et j’ai droit à pas mal de questions. Enfin, c’est compliqué.
      Personnellement, je sais que je peux susciter la pitié et j’en souffre. Mais pour me remonter le moral, je me dis que si on accédait à ce bonheur, ça serait un joli pied de nez à l’IO 🙂
      Et tu as raison, on n’est pas fautives !!!

  2. c’est vrai que chaque couple fait comme il peut.
    Mon mari et moi, nous en avons parler a nos familles et amis, devant le pression qu’ils nous mettaient pour savoir quand on allait « s’y mettre » on a craqué, et lacher le morceau.
    Au final, avec le recul, on aurai dûe ne pas leur en parler, leur maladresse et leur manque d’intérêt face à notre parcours me vexe, me fais mal, je ne veux pas de pitié non plus, je sais que l’on ne vois qu’en nous un couple « infertile ». Peut être on t’ils peur de faire des bourdes? peut être n’osent ils pas s’interesser à nous? j’en doute, les maladresses il y en tellement eus.
    Nous avons pris la descision de ne pas en parler lorsque je serai en traitements, ni la ponction, ni la réimplantation, on gardera ça pour nous.
    A bientot

    • Pas facile de garder tout ça pour soi. Mais chaque couple fait comme il peut.
      En tout cas, la maladresse ou la méchanceté des gens, ça n’est pas ton problème, c’est le leur.
      Je sais que c’est difficile à faire, mais il faut s’efforcer de ne pas en tenir compte.
      C’est déjà pas commode… Allez, courage.

      • Merci beaucoup.
        J’ai du mal à ne pas en tenir compte, je suis du genre succeptible et rancunière. Malgré tout, j’en ressors plus forte, plus battante, on se découvre une force incroyable, parfois je m’étonne moi même.
        Bonne journée
        A bientot

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