Entre bienveillance et malveillance à mon/notre égard, j’ai choisi !

Début mars, même pas 3 mois après mon arrêt de grossesse, nous recevons un couple d' »amis » à dîner.

Elle : connaît très bien notre parcours.

Lui : est au courant -même si nous avons moins eu l’occasion de lui faire part des détails-.

Les considérant comme « proches de la famille », j’avais même pris la peine de l’inclure (Elle) dans le long mail que j’avais envoyé aux membres de notre famille (pour la lettre, voir mon billet du 14 juin).

Elle et Lui sont aussi en essai bébé (depuis moins d’un an).

Ce soir de mars donc, à table, alors que nous parlons de notre désir d’enfant et de notre difficile parcours (surtout depuis notre entrée en PMA), voici « mot pour mot » les phrases qu’elle prononce (ils sont comme gravés dans ma mémoire) :

 » A votre place, je m’acharnerais pas. Si la nature ne fait pas les choses, faut pas s’acharner. Nous, si on n’y arrive pas, on adoptera. On se voit pas faire tous ces examens…« .

Ces paroles, je n’arrive pas à me les sortir du crâne. Elles m’ont profondément blessée, surtout parce qu’elles ont été prononcées par une « amie », une personne qui, qui plus est, connaît bien notre histoire.

Lui, voyant/sentant le malaise, a eu l’intelligence d’esprit de lui dire : « mais tu peux pas savoir [sous-entendu « ce qu’il en sera pour nous »], ne dis pas ça« .

Et mon homme, de rajouter : « on vous souhaite de ne pas avoir à vivre ce que nous vivons, à connaître ce parcours… mais si notre parcours peut rendre les gens moins cons…« .

Ce soir-là, quand ils sont partis, j’ai beaucoup pleuré.

Je suis restée sur les fesses. Les bras m’en sont tombés. A Elle, je lui ai dit de ne pas dire « fontaine, je ne boirai pas de ton eau », que nul ne sait ce qui l’attend et qu’en aucun cas on pouvait parler d’acharnement à ce stade (2 inséminations à l’époque seulement, et la 2ème m’avait permis d’obtenir un +… si c’est de l’acharnement, ça ! pffff et voilà que je me justifie, encore !).

J’ai vécu cela comme un jugement de valeur porté sur notre parcours. J’ai senti tout sauf de la bienveillance ou de la compréhension à notre égard. Comme si elle nous reprochait d’avoir recours à la médecine pour y parvenir.

Je me souviens même lui avoir dit : « je nous connais, on va y arriver ! ».

Parce que je ne veux pas subir, et encore moins subir des jugements réprobateurs, j’ai décidé de ne pas les voir hier soir. Une discussion entre nous s’impose, mais je n’ai envie de faire aucun effort. Mon homme les a vus hier, ils ont pris un long apéro, ont parlé de tout, de rien… sauf de « ça ».

Je souffre déjà assez et je ne suis pas maso… alors : la malveillance, c’est sans moi !

Publicités

12 réflexions sur “Entre bienveillance et malveillance à mon/notre égard, j’ai choisi !

  1. C’est désolant et je comprends ta peine et ta rancoeur mais très franchement, je ne suis pas sure qu’il faille l’intyerpreter comme un jugement de votre parcours. maladresse, bêtise, un peu prétentieux (genre ça nous arrivera pas à nous de toute façon…) mais ne te sens pas blessée, cela n’en vaut pas la peine et ce n’est sans doute pas l’intention. Après que tu n’ais pas besoin de voir et supporter les conneries que dit cette fille c’est autre chose ! Ma mère m’a dit de peut être penser à ‘ladoption (elle ne connait bien sur pas les difficulutés pour adopter comme tout le monde d’ailleurs et ne sait pas que c’est devenu très difficile), .. tout simpleemnt parce qu’elle s’inquiète pour ma santé avec ces traitements et ces baisses de moral qu’elle voit. Et je ne pense pas qu’elle me veuille du mal ou me juge en disant cela. Bien sur ce n’est peut être pas le cas de ta copine mais ne te laisse pas atteindre par ça, on a suffisamment de choses à gérer pour ne pas s’embêter avec les conneries que disent les gens qui ne comprennent pas ! Bises. Apo

  2. c’est tellement dur à entendre ces jugements à la con, encore plus de la part de personnes qui vivent des difficultés à avoir un enfant, là où on pensait se sentir compris. Comme quoi y a des cons partout, chez les fertiles comme chez les infertiles. Bises ma belle

  3. C’est juste affreux de juger ainsi.^La question de l’acharnement chacun en est conscient et la limite est propre à chaque couple. J’ai du mal à croire qu’ils soient en essais…

  4. @Apo : Tu as raison, je pense, effectivement, que c’est une maladresse. Mais pour moi, elle est d’autant plus grande qu’elle fait (enfin… faisait !) parti de ceux à qui on s’était livrés. J’ai vécu ses mots comme une trahison. Du coup, je ne lui dis plus rien. Elle n’est pas au courant de mon opération (retrait polype utérin sous AG) d’avril par exemple.
    Mon homme pense, comme toi, qu’il n’y avait pas d’intention de nuire. A y réfléchir, je crois surtout que c’est le terme d' »acharnement » qui, aujourd’hui encore, ne passe pas car je n’ai vraiment pas l’impression de m’acharner. Je saisis la « chance » que nous avons de pouvoir avoir recours à l’AMP… Bref.
    Ta maman, elle est comme la mienne (comme toutes les mamans, sans doute). Elle s’inquiète pour sa fille et veut l’aider en lui proposant d’autres alternatives pour que le parcours soit le moins difficile possible. Je t’embrasse.

    @Lueur : « là où on pensait se sentir compris »… Oui, voilà et c’est pour ça que je me sens un peu « trahie » -le terme est peut-être un peu fort, mais c’est quelque chose de cet ordre là que je ressens-. Bisous.

    @Pmgirl : J’ai hâte de voir ce qu’ils vont faire, eux, si dans un avenir proche ils ne parvenaient pas à la parentalité (je leur souhaite de ne pas galérer comme nous tout de même !).
    En tout cas, s’ils ont recours à la PMA, je pense (j’espère) qu’ils changeront de position, de point de vue. Je reste convaincue que la PMA rend plus intelligent et permet de se poser des questions essentielles… Bises, jolie future maman que j’envie 😉

  5. Je viens de lire ton post comme un de ceux que j’aurais pu écrire. Le mieux que j’ai trouvé à faire dans ces cas là c’est couper la conversation et répondre : »Tant qu’on ne vous a pas dit que vous ne pouvez pas en avoir, vous n’êtes pas aptes à décider si vous suivriez mon parcours ou pas ». Et je le pense ! Tant qu’un médecin ne vous a pas dit « Madame, vous ne pourrez pas avoir d’enfant si on ne vous y aide pas » alors moi je dis que personne ne peut présager de ce qu’il fera une fois cette douleur surmontée. Donc par voie de conséquence, je n’accepte aucune critique/jugement/avis et j’ai banni ce sujet de conversation de tous mes couples d’amis hormis ceux qui sont dans mon cas. On fait ce qu’on peut comme on le peut…
    Bises à vous toutes

  6. J’ai vraiment l’esprit de l’escalier moi…
    Je m’y attendais tellement pas que je n’ai rien trouvé d’autre à dire que ce que je lui ai dit.
    Le fait de bannir ce type de conversation permet de se préserver (et c’est important), mais je ne sais pas si ça fait réfléchir les gens du coup…
    En même temps, peut-être vaut-il mieux se préserver, soi, en trouvant des stratégies (comme la tienne, par exemple) que d’essayer de rendre les gens moins bêtes ! Bises.

  7. Tant qu’on est pas réellement concernés, on ne peut pas savoir comment on réagirait. La PMA n’est pas de l’acharnement. Pour moi elle est synonyme de volonté, de courage et de détermination.
    Je n’aurai pas apprécié non plus les dires de ton amie.
    En tout cas, j’adore la réplique de ton homme, qui quelque part la remet bien à sa place!!!

  8. Pour moi aussi elle est synonyme de volonté et de détermination. Je ne veux pas avoir à regretter de ne pas être allée jusqu’au bout.
    Mon homme connaît ma sensibilité et même s’il parle peu, il parle bien !
    Comment s’est passée ton écho de ce jour ? Et pour l’Oromone, qu’a dit ton médecin ? J’espère que tout va bien. Bises.

  9. Bonjour,
    j’ai également optée pour banir le sujet avec mon entourage, j’évite tant que possible d’en parler avec eux, imcomprhension, phrases maladroites, etc…. J’ai donné, comme nous toutes d’ailleurs, la coup est pleine, j’ai choisi de vivre mon aventure pma seule, enfin seules à deux, juste mon couple, les autres n’ont pas a savoir certaines choses, ils ne le vivent pas, ne comprennent pas, n’épaulent pas, alors j’ai mis en place une barrière virtuelle à ne pas franchir. Ils demandent comment se sont passé les examens? bien ou pas, basta, je ne cherche plus à ce qu’on me tende la main….
    A bientot

    • Bienvenue à toi. Je comprends ta déception et la barrière que tu mets (tu te protèges et c’est normal !).
      Je m’efforce de ne pas me braquer. En gros, j’en parle autour de moi (aux amis, hein !) et si je vois une réaction comme expliquée dans mon billet, j’arrête de me confier (puisqu’il n’y a plus de compréhension).
      Bon courage.

  10. Merci,
    J’essaie de me proteger, mais j’ai du mal, je me « referme » comme une huitre en ce moment, mon entourage m’insuporte de plus en plus, je me sens obligée de cotoyer certaines personnes, ça me ronge.
    Je comprends ta réaction, ça fais mal, c’est déplacé, on pense que les amis sont là envers et contre tout, puis on se rend compte à un moment que leur paroles, leur manque d’intérêt nous font ouvrir les yeux. Parfois je me sens plus forte que ceux qui m’entourent, eux ils seraient au finfond du gouffre, je me sens capable de supporter la pma, l’attente, le doute, les peurs, les descptions, et d’autres fois, je me sens faible, comme en ce moment, je me sens vulnérable, je suis comme ça, demain ça ira mieux.
    J’aime beaucoup ton blog, ça m’aide beaucoup de lire les parcours plus ou moins différents des personnes suivies en pma, je me sens moins seule, moins enfermée dans ce parcours du combattant.
    A bientot

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s