Ma « meilleure » amie…

Je vois ma « meilleure » amie hier soir. On parle de tout, de rien. De ma prise de sang à venir, de l’angoisse et de l’espoir dans lesquels je suis ces derniers temps…

Ma « meilleure » amie est déjà passée par la case PMA (il y a longtemps, avant d’être avec son compagnon actuel).

Ma « meilleure » amie a, malheureusement, perdu son fils à un stade très avancé de sa grossesse… Le drame de sa vie.

Nous n’étions pas encore majeures lorsque nous nous sommes connues. Nous avons partagé nos secrets, fait la fête, pleuré, ri, voyagé ensemble.

Hier, je devine qu’elle est enceinte. Elle bafouille, hésite, est mal à l’aise… puis, confirme plus ou moins l’heureuse nouvelle (c’est tout récent).

Je me serais réjouie pour elle. Plus que cela même.

Mais non, elle a préféré « m’épargner » l’annonce, ne voulant certainement pas me voler la vedette (rapport à ma prise de sang de jeudi…).

Bref, hier, nous nous sommes mal quittées. Les choses n’auraient pas dû se passer ainsi.

J’ai versé un torrent de larmes en rentrant. Je n’ai, du coup, pas pu la féliciter. Je m’en veux.

Et je lui en veux aussi. Pas d’être enceinte. Oh ça, non. Juste d’avoir tu l’heureuse nouvelle, d’avoir décidé à ma place ce qui serait bon ou pas pour moi.

Ma stérilité ne m’empêche pas de me réjouir de la grossesse des personnes qui me sont chères… Bon sang !

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50 réflexions sur “Ma « meilleure » amie…

  1. Lulu je vais me faire l’acocat du diable avec un jugement hâtif (et tu pourras m’en vouloir) mais n’est-ce pas une réaction hâtive ? T’a-telle dit pourquoi ce silence ? Et pourquoi cette réaction ? Et toi Qu’attendais-tu d’elle ? Et elle ? Qu’attendait-elle de toi ? Peut-être que cette grossesse récente, elle ne voulait pas encore en parler. On sait toutes la peur des premiers mois… Je n’en sais rien, j’imagine que je pourrais être comme ça. je ne juge ni rien ni personne, je trouve juste qu’une belle amitie ça se protège et que vous méritez d’en parler, de vos ressentis, pas des faits, pour partager cette nouvelle aventure. Ensemble, unies. Bises

    • Je ne t’en veux pas, bien sûr que non !
      Le pourquoi de son silence, c’est qu’elle voulait « être sûre de savoir qu’elle était vraiment enceinte » pour me l’annoncer…
      Moi, j’attendais qu’elle me dise les choses simplement. C’est le fait d’avoir moi-même deviné qui m’a moi-même étonnée. Je ne m’y attendais pas… Elle vient d’arrêter la pilule !
      Mais effectivement, c’est SA grossesse et chacune peut faire comme bon lui semble…
      En tout cas, elle vient de m’appeler pour avoir une conversation… Ca s’est très mal terminé. Elle m’a quasiment raccroché au nez. Je crois que c’en est fini entre nous…

    • Il se trouve qu’elle, justement, c’était pas pareil !
      C’est pas une connaissance ou une collègue ou l’amie d’un(e) ami(e)… C’est (c’était ? ça s’est très mal passé au téléphone, elle ne m’a pas écoutée !) ma meilleure amie.
      Comment puis-je ne pas me réjouir pour elle d’autant que je sais qu’elle a déjà une histoire lourde… ?

  2. enfin les gens que je connais bien, qui m’entourent, ma première réaction à l’annonce d’une grossesse est une sensation de froid qui me bouscule et après ça se dissipe et je me réjouis, mais qu’après…

  3. Elle ne savait pas comment réagir, d’autant +qu’elle est aussi passée par là. Cette attente est compliquée à gérer pour toi et elle le sait. Perso, quand ma meilleure amie m’a annoncée qu’elle était enceinte après ma 1ère grossesse extra utérine ça a été très dur à gérer pour moi. Bien sûr, j’étais heureuse pour elle mais tellement malheureuse pour moi et mon mec. C’est dur

    • Bon la suite mes doigts ont ripés 😉
      Bref on ne sait jamais comment réagir et comment ne pas blesser les gens. Donc parfois, on est maladroit. Des bises et j’y crois fort pour jeudi!

      • T’es bien la seule à y croire… C’est gentil…
        Si c’est positif, peut-être que notre amitié ne sera pas brisée.
        Si c’est négatif, je crains le pire… vis-à-vis de la grossesse débutante et « accidentelle » (C1) de mon amie.

    • Une vraie m*rde, la PMA, comme tu dis. On s’y enlise, inévitablement, inexorablement dans notre m*rde…
      Je n’ai plus envie de faire d’effort.
      Qui m’aime, m’aime, et tant pis pour les autres…

  4. Je comprends ta réaction. J’ai vécu quelque chose de similaire avec une de mes meilleures amies. Que je n’arrive pas à voir pour l’instant depuis que je sais qu’elle est enceinte. Et qui ne m’a tenu au courant de l’évolution de sa grossesse (après 4 FIV), que parce que j’ai demandé des nouvelles régulièrement. Je pense que j’aurais espéré qu’elle me traite « normalement ». Sans doute que comme ton amie, elle ne savait pas comment faire pour bien faire. C’est tellement délicat. Je te comprends et en même temps, je pense aussi que nous devenons très sensibles. Je vous souhaite que votre amitié vous permette de reparler de cela. Bisous

    • Moi aussi j’aurais aimé qu’on me traite « normalement ». Elle m’a dit tout à l’heure au téléphone (ça s’est très mal passé aussi, pas pu en placer une) m’avoir trouvée « intrusive » dans mes questions hier…
      Je m’étais pourtant juste intéressée à elle (elle m’avait dit il y a quelques semaines qu’ils commenceraient bientôt les essais…) en lui demandant, justement, où ils en étaient… Et bim ! En plein dans le mille !
      Quant à la sensibilité… Avec toutes les hormones… Il doit y avoir de cela, c’est certain…

  5. c’est compliqué tout ça … j’ai connu moi aussi, ce sentiment de « trahison » … enfin tous ces sentiments que tu décris je les ai ressentis… je ne saurais pas trop les expliquer en fait … entre ceux qui veulent nous protéger à outrance et ceux qui ne prennent aucun gan … n’y aurait il pas un équilibre ?

  6. Je trouve cela délicat de sa part, et pour elle de part son vécut et pour toi.
    C’est pas que c’est tabou c’est plutôt si intime, si fragile.Un mot peut peser plus qu’un autre.
    Ta meilleure amie ,son attitude ne me choque pas, et si tu lui en parlais?

    • Oui, c’est une fille délicate (sauf quand elle s’énerve au téléphone comme à l’instant !!!).
      Elle m’a rappelée (ce que j’apprécie)… Mais ça s’est mal terminé (elle m’a quasiment raccroché au nez).
      Je suis fatiguée. Je n’ai pas la force de faire des efforts.
      Vraiment…
      Je pense à toi. Courage pour la longue attente.

  7. Oui, c’est vraiment compliqué…

    Comme Séverine, et sûrement beaucoup d’autres, j’ai aussi encore du mal à me réjouir de la grossesse des autres; surtout quand il s’agit de proches.

    Mais en même temps, j’ai très mal vécu, comme toi, quand mes deux plus proches amies ne m’ont pas annoncé tout de suite leur grossesse. Ca m’a blessée, j’ai remis en question notre amitié, je me suis dit que nous n’étions pas assez proches pour partager ce bouleversement, y compris les grands doutes des débuts, justement. Et quand l’une d’elle a fait une fausse couche, je l’ai su bien après, je n’ai pas été là pour elle et ça m’a encore fait mal.
    On est très ambivalentes, je pense. On voudrait savoir mais quand on sait, on est tristes. Quand on ne sait pas, on est blessées. V »là le bordel d’être amie avec une pmette!!!

    Au final, la parole est fondamentale et les vraies amitiés résistent à tout.

    Bon courage, Lutine!

    • « J’ai très mal vécu, comme toi, quand mes deux plus proches amies ne m’ont pas annoncé tout de suite leur grossesse. Ca m’a blessée, j’ai remis en question notre amitié, je me suis dit que nous n’étions pas assez proches pour partager ce bouleversement, y compris les grands doutes des débuts, justement. » => Tu as tout dit ! C’est exactement cela !
      Quant à : « Les vraies amitiés résistent à tout » => pas cette amitié-ci, je le crains…
      Merci Mastacloue !

  8. Tiens moi aussi hier j’ai découvert fortuitement qu’une de mes amies m’avait caché sa grossesse. Sans doute par peur de me blesser… Je ne lui en veux pas, mais tu vois je déteste ce que je suis devenue aux yeux des autres : la fille stérile qu’il faut ménager, celle qui n’y arrive pas et dont le combat s’éternise tellement qu’on n’y croit plus pour elle. Par ex ma mère ne cesse de me mettre en garde contre la pseudo dangerosité des traitements pour ma santé, elle me dirait « lâche l’affaire, t’y arriveras jamais » ca serait pareil.
    Bisous

    • Tu n’as pas à détester ce que tu es devenue. Tu es la même ! C’est le regard des autres qui n’est pas le bon, leur positionnement vis-à-vis de l’infertilité/la stérilité. Ca les embarrasse, les inquiète (encore un peu, on penserait que c’est contagieux…).
      Encore un exemple, tout à l’heure au téléphone, l’étonnement de mon amie d’être tombée enceinte en C1 en faisant attention (j’ai même parlé de « joli accident »).
      Oui, « celle qu’il faut ménager », je crois que c’est ce qu’elle a voulu faire… Mais je suis assez forte pour me ménager d’une façon ou d’une autre…

      • Heu je réponds à cette question : oui, même l’amie que je considère comme ma soeur, et moi, pour couronner le tout, j’ai la chance d’avoir eu un enfant par la pma, mais je ne guérirai jamais de ne pas avoir le choix de m’arrêter là ou pas, quand les bonnes et très bonnes amies m’annoncent l’arrivée du 2ème c’est la douche froide et je déteste mes réactions mais ça dépasse la raison, c’est instinctif, c’est un truc animal. J’aurais jamais pensé être

        encore affectée comme ça après la naissance de

        ma fille

      • Oups j’ai validé. Je me dis que je suis odieuse, j’ai une chance inouie, c’est quoi ton problème. Mais plein d’autres questions succèdent au bonheur, je vais devoir dire à ma fille qu’elle est unique parce que maman ne peut plus avoir d’enfant, je la prive d’un petit frère ou d’une petite soeur, elle compatira alors comme les bonnes ou très bonnes amies font et c’est à ma fille que j’inspirerai la pitié dont vous parlez car elle ne se plaindra pas puisque ce n’est pas ma faute.
        Oui on inpire quelquechose d’incompréhensible aux autres mais ce n’est pas la faute des autres, ne pas pouvoir donner la vie dépasse l’entendement de tout le monde et tout le monde se débat comme il peut avec ça, les victimes et les autres. Personne n’est

        responsable des réactions diverses que ça suscite et il ne faut en vouloir ni à nous ni aux autres, c’est trol bête, ce n’est gérable pour personne en fait.

      • Je comprends la sensation de « douche froide »…
        Pour ce qui est de ta fille, je ne pense pas que tu inspires de la pitié à ses yeux… Au contraire, elle peut être fière d’avoir une maman qui s’est battue pour l’avoir. Et puis, elle est encore petite… Tu lui expliqueras tout ceci. L’important, c’est qu’elle sache…

  9. Je comprend ta réaction et ce sentiment de faire pitié. C’est pour cela je pense que je préfère ne pas partager mes problèmes, mais je t’avoue, je n’ai jamais trouvé LA meilleure amie avec qui je peux tout partager.
    Tu as la chance de l’avoir trouvé, alors attend un peu, et propose lui de vous revoir pour lui expliquer ta réaction.
    Courage pour ta pds de Jeudi.

    • Plutôt mourir que de taire nos difficultés d’avoir un enfant (évidemment, je ne le crie pas non plus sur tous les toits, hein…).
      Comment veux-tu que le monde évolue, que les choses évoluent, si nous-mêmes, les 1ères concernées, nous taisons ???
      Et comment garder tout ça que pour soi, ou que pour son couple ?
      Moi, je persiste et signe, j’en parle quand je dois en parler et si un quelconque abcès est amené à être percé (comme là), eh bien qu’il le soit !
      Au mieux, ça met les points sur les i. Au pire, ça fait du tri dans ta vie !
      J’espère que la situation va s’arranger, mais je crains le pire…

      • Tiens tiens on partage aussi la même vision… qui s’étend bien au delà de la PMA par ailleurs… Bref. Ma meilleure amie est enceinte et aura bientôt son bébé dans les bras. Les mois passent et ils ne se passent rien pour moi (enfin si, pleins de choses, mais pas forcement dans le bon sens). Elle m’a fait l’annonce, il y a donc quelques mois, la plus admirable. Elle est au courant pour nous, elle a pris des pincettes pour me l’annoncer, avec un excès de positivisme pour nous, c’est vrai. C’est vrai aussi que sa sagesse est certainement aussi du à un 18 mois d’attente réglé au clomid. Mais elle a attendu que l’on se voit pour me le dire. Elle, c’est un amie, pas de doutes. Je suis heureuse de sa grossesse, elle me soutient dans les difficultés, même si je sais que ça devient de plus en plus compliqué. Alors je partage ta peine, car ne pas avoir la délicatesse de l’annonce que l’autre sait si particulière à nos yeux est similaire à une incompréhension quasi totale. Je suis en phase de le redouter pour une ex-amie et la conjointe d’un ami. L’ex en question a perdu mon amitié face à une incompréhension, un manque de « mise à notre place » et surtout un manque d’ouverture sur un autre sujet qui dans mon couple est de l’ordre du impardonnable. On reste en contact, mais l’amitié a été brisée. Je ne sais pas comment tout cela va se dessiner pour toi. N’oublie pas non plus que pour notre entourage « nous gérer » est parfois compliqué et déstabilisant. Il me semble que le mieux que tu ai à faire est de lui en reparler posément. Après cela ça marchera ou pas, mais dans tous les cas ça avancera positivement. Bises

      • Merci Bounty pour ton comm…
        J’espère que nous trouverons une issue positive à tout cela.
        L’idéal serait que ma pds de ce matin soit (enfin !) positive… Je crois que ça effacerait tout ressentiment…

  10. Je suis désolée d’apprendre que votre conversation s’est mal passée… Il y a peut-être trop en jeu, pour toi comme pour elle, dans la situation qui vous rassemble, des choses qui brouillent votre conversation et votre désir de vous réconcilier. Peut-être qu’il faut laisser passer un peu de temps…

    • Oui… Comme je te le disais hier soir, je suis rentrée dans un état lamentable, j’ai beaucoup pleuré et apparemment, c’était pareil pour elle…
      Une conversation brouillée, inexistante même, puisque je n’ai pas pu en caser une…
      Je vais laisser passer le temps… Et crois-moi, je ne ferai pas plus d’effort. J’en ai ras l’fion aujourd’hui…
      Euh… Et sinon, comme toi, j’ai ENFIN des « chtars » et je me surprends à rêver…

  11. J’ai aussi de + en + de mal à ne pas être déçue face à la réaction de certaines copines… l’une qui m’a annoncé sa grossesse… 2 semaines avant l’accouchement (on s’était un peu perdues de vue pdt qq mois…), l’autre qui m’a laissée la découvrir au 6ème mois, un jour quand j’ai frappé chez elle (ben pr la peine, me suis effondrée en larmes devant elle, bien fait ^^)… j’ai beau avoir tenté de mettre les choses « au clair » en leur disant qu’ilf allait rester « naturelle » avec moi, que ce n’était pas parce que nous on n’arrivait pas à avoir un bébé que je ne pouvais pas me réjouir pr elles, ou que je devais avoir droit à une « exclusion » en règle d’une aprtie d eleur vie… ben non, ça suffit pas.. Du coup, maintenant suis un peu comme toi… marre de tjrs devoir faire des efforts, donc qui m’aime me suive, et tant pis pour les autres….
    bises

  12. Certaines personnes veulent nous protéger, alors que d’autres ne font pas du tout attention. Il y a tout un écart entre les deux… Le silence de ton amie partait probablement d’une bonne intention de sa part, mais je comprends qu’elle t’ait blessé en décidant à ta place. J’espère que tu auras l’occasion de lui expliquer comment tu t’es sentie (sil elle t’en laisser placer une…).

  13. Je me suis retrouvée dans ton cas il y a peu de temps. J’en ai un peu voulu à mon amie sur le coup. Et puis 1 semaine plus tard, cette grossesse s’arrêtait. Alors la question c’est : sommes-nous en « droit » d’exiger de nos potes qu’elles nous annonces cela tout juste le +++ détecté ? Après tout, il y a peu de chances que je parle de ma grossesse les premières semaines… J’ai culpabilisé quand elle a du aller à l’hosto pour un curetage. J’ai réalisé que je ne pouvais pas placer ma souffrance au coeur de tous les débats…
    J’espère que tu comprendras mon commentaire qui est lié à ma propre expérience. Je connais malgré tout la souffrance que tu as pu ressentir. Désolée de me faire l’avocat du diable.
    Je t’embrasse bien fort en cette veille de pds…

    • « sommes-nous en « droit » d’exiger de nos potes qu’elles nous annoncent cela tout juste le +++ détecté ? » => effectivement, après avoir réfléchi à la question, je réalise que non, pas forcément, pas systématiquement…
      Je vais essayer de ne pas placer mes souffrances au coeur de tous les débats, il y a du vrai dans ce que tu dis.
      Je réalise, encore plus, de par certains de vos commentaires, qu’effectivement, je suis en grande souffrance…
      Moi aussi je t’embrasse, en espérant que tu viendras nous annoncer une heureuse nouvelle dans la journée (et bravo pour ton code !!! moi, je ne l’ai jamais eu/passé ;)).

      • Je reviens t’apporter mon soutien. Nos commentaires ne t’ont pas épargné. Mais ce que tu ressens est normal, et tu l’exprimes sur ton blog ce qui est d’autant plus normal. Les émotions ne sont pas toujours faciles à gérer. J’espère qu’avec ton amie les choses vont vite s’arranger. D’ici quelque temps, vous déambulerez dans les rues de la capitale avec vos poussettes, j’en suis certaine !
        Allez Lutine, t’es forte, tu vas gagner ton combat !
        Des pensées pour toi aujourd’hui…

      • « D’ici quelques temps, vous déambulerez dans les rues de la capitale avec vos poussettes » => malheureusement, ça ne sera pas pour cette fois… non plus !
        J’attends avec impatience tes bonnes nouvelles.
        Bises miss.

  14. Bonjour,

    On ne se connait pas mais je ressens le besoin de réagir à ton billet. Je pourrais être ta meilleure amie : j’ai vécu la PMA, l’attente et le décès presque à terme de mon enfant tant attendu.

    Sans la connaître, je comprends ta meilleure amie… Enfin, je m’explique. Si je suis enceinte à nouveau un jour, je ne le dirais pas. Ce n’est pas pour protéger les autres mais pour me protéger moi. As-tu pensé au stress que peut engendrer une grossesse quand on a vécu le pire, à terme, qu’on se prépare à accueillir bébé dans notre vie et que nous n’avons eu dans les bras un bébé mort, pourtant tant aimé et désiré ?

    Même si elle te dit que c’est pour t’épargner toi, je pense que c’est elle qu’elle a voulu protéger… Dans notre situation, je crois qu’on se sent enceinte qu’une fois que l’enfant est né… Voir ou entendre des personnes qui connaissent la valeur d’être enceinte, qui pensent que c’est une victoire en soi car elles n’ont pas eu cette chance, c’est déstabilisant car en fin de compte, ce n’est qu’une étape et que tout peut arriver, jusqu’au dernier moment, nos enfants nés sans vie en sont la preuve.

    Ce n’est que mon avis mais je pense que tu te focalises trop sur toi, ton parcours pour comprendre sa réaction.

    Je ne connais pas ton amie, les circonstances sont peut-être différentes…

    • Bonjour Anonyme et merci d’avoir apporté ton regard…
      Je suis désolée (plus que cela, même) que tu aies eu à vivre un tel cauchemar.
      Mes deux arrêts de grossesse (à 7,5 et 6,5 SA), ne sont rien à côté du traumatisme que tu as dû vivre…
      Je comprends que veuilles taire une éventuelle grossesse à venir (que je te souhaite de tout coeur) pour te préserver mais je veux juste rectifier quelque chose : avec ma meilleure amie, on parle de nos désirs de grossesse respectifs (presque) tous les jours. C’est un des sujets pour ne pas dire LE sujet qui nous lie. On a toujours échangé autour de la materntité, parentalité, PMA…
      Elle m’a caché sa grossesse, certes débutante, alors qu’il y a tout juste quelques semaines elle m’annonçait qu’elle allait arrêter la pilule. J’ai juste été blessée et je pense que ce ressenti est tout à fait légitime pour être exprimé ici.
      En tout cas, j’ai eu besoin de l’exprimer ici, sur mon blog, ma soupape, mon échappatoire… Le seul lieu, finalement, où j’ose parler de ma souffrance, sans me censurer.
      Par contre, même si ce n’est pas agréable à entendre (enfin, à lire !), je te remercie de me rappeler que je me focalise trop sur moi pour comprendre sa réaction. Effectivement, peut-être devrais-je essayer de prendre de la distance par rapport à tout cela…
      J’ignore où tu es en actuellement. N’hésite pas, si tu le souhaites, à revenir donner des nouvelles… Bon courage.

  15. Moi aussi j’aurais trouvé difficile que mon amie ne me dise pas… Et sans doute que oui, elle cherche à se protéger, mais cette impression de malaise que tu as montre sans doute qu’elle ne savait pas bien quoi faire et parfois, c’est encore plus compliqué à gérer qu’une annonce claire et nette. Peut être qu’elle aurait aimé partager ça avec toi, mais qu’elle se forçait à ne pas le dire trop tôt… J’espère que bien vite vous pourrez à nouveau partager toutes les deux, et deux heureux événements, ça serait encore mieux !

  16. Bonjour,

    Merci pour ta réponse…
    En fait pour tout te dire, j’ai dit à mon entourage que je retournais en PMA mais que je ne leur donnerai pas les précisions sur les dates. Je ne peux pas gérer leur stress en plus du mien, ils ont été très affectés par la mort de ma fille.

    Je ne dis pas que tu es égoiste, d’ailleurs ta réponse et même ta déception me prouvent le contraire ! Je dis simplement que les grossesses dans notre cas sont très difficiles… Rien n’est évident, rien n’a de sens.

    Si je t’ai répondu, c’est aussi parce qu' »avant », ça m’aurait déçue aussi… Mais maintenant, je comprends…

    Même si elle t’a parlé de son arrêt de pilule, etc… Tomber enceinte à nouveau engendre un stress énorme. Je ne le suis pas mais j’ai eu l’occasion d’en parler avec la sage-femme qui me suivait (elle suivait aussi une autre personne qui avait perdu son bébé d’un mois et qui allait accoucher).

    En tous cas, je croise les doigts pour la suite pour toi (je suis venue ici en cherchant des trucs sur la PMA…)

    Courage à toi !!!

  17. Bonjour
    Ma meilleure amie est en PMA. Je ne mets pas de guillemets car je la considère encore comme ma meilleure amie, même si ça fait plusieurs mois (!!) qu’elle ne répond plus au téléphone ni au SMS. Je pense réussir à ressentir la douleur que vous ressentez en permanence… quelques minutes ! Mais que voulez-vous qu’on fasse de plus ? Oui c’est vous qui souffrez. Beaucoup. Mais mince, ce n’est pas de notre faute ! J’appelais mon amie presque tous les jours pour lui laisser un petit message pour ne pas perdre le contact, pour essayer de lui remonter le moral et de la soutenir. mais elle prend tout de travers !! on ne peut rien dire. Elle est devenue hyper susceptible… Un jour elle m’a dit qu’elle avait super mal pris qu’une de nos amies fasse le 2ème la semaine de sa FIV !! C’est injuste de nous en vouloir pour votre malheur. Une autre de mes amies a un cancer du sein et elle apprécie mes marques de soutien. Je ne pense pas qu’elle me reproche de ne pas avoir de cancer… Alors pourquoi me reprocher d’avoir bébé ?
    Pour votre amie elle est libre d’annoncer sa grossesse quand bon lui semble ! Arrêtez de compliquer les choses, une grossesse c’est personnel, elle a bien le droit de le garder pour elle. C’est vous qui êtes surement un peu jalouse … Les ravages de la pma

    • Le mieux est de demander à votre meilleure (sans guillemet) amie qui est en PMA la raison de ses silences à vos appels et/ou sms.
      Elle est la mieux placée pour vous donner une explication, surtout si cela fait plusieurs mois… Il doit forcément y avoir quelque chose.
      Vous dites que vous n’y pouvez rien, qu’elle est susceptible et j’ai le sentiment que vous n’avez pas envie d(n’êtes pas là pour)’apaiser sa susceptibilité qui vous semble exacerbée.
      Le mieux est alors d’en parler. Je ne vois pas meilleure chose à faire. Rien de pire que les non-dits dans une relation de confiance et d’amitié.
      Tant mieux pour vous et les gens que vous aimez si vous parvenez à les entourer d’affection.
      Ils en ont de la chance, vos amis !
      Moi, ma « meilleure » amie (oui, je mets des guillemets) n’est pas assez présente. Elle n’est pas au courant de mon 3ème arrêt de grossesse et encore moins de la découverte de mes cellules tueuses qui empêchent toute nidation et expliqueraient, en plus de mon IO sévère, les échecs d’implantation et ces 8 tentatives PMA échouées.
      Elle n’est pas comme vous. Pas assez présente.
      Elle ne sait pas non plus que les portes du don (d’ovocytes) sont aussi sûrement en train de se fermer à cause de ces cellules NK.
      Oui, même le DO qui, jusqu’ici constituait un espoir d’être un jour enfin mère, est en train de disparaître.
      Lorsque vous écrivez : « …pourquoi me reprocher d’avoir bébé ? » : Je ne suis pas à la place de votre amie alors je ne peux pas répondre à sa place.
      Mais en tant que PMette, je pense qu’elle doit être très heureuse pour vous et triste pour elle de voir que « ça marche » pour tout le monde sauf pour elle (enfin posez-lui la question, elle seule saura répondre).
      Mais je ne pense pas qu’elle soit dans le « reproche » que vous évoquez…
      Pour ce qui est de vos dernières phrases, vous n’avez rien compris (ou pas lu l’intégralité de mon billet).
      Oui, la PMA fait des ravages… Ravages que je ne souhaite à personne. Même pas à vous.

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