T et J

Lui, c’est T, 5 ans le mois prochain. Elle, c’est J, 2 ans et 3 mois.

La première fois que j’ai vu T et que je l’ai pris dans mes bras, il avait à peine 4 mois. Je l’ai observé, j’ai respiré son odeur et ai ressenti la sensation la plus extraordinaire qui soit : pour la première fois, j’ai véritablement eu envie d’être mère, bercée par cette si douce pensée que oui, la maternité pouvait être le plus beau des cadeaux.

T à lui seul est mon rayon de soleil, mon bonheur, ma joie. Aucun petit être ne m’a fait cet effet. Il a une place toute particulière dans mon coeur, dans ma vie, mes pensées.

J est une deuxième petite merveille de la nature, la soeur de T. Une petite fille malicieuse, coquine, au caractère déjà bien affirmé. Elle rayonne.

Ces deux petits êtres sont ce que j’ai de plus cher.

Je ne dis pas cela parce que je suis en manque d’enfant, parce que je me sens vide de l’intérieur ou que je ne suis pas-et ne serais sans doute jamais- mère. Je ne suis d’ailleurs pas sûre d’aimer mes propres enfants aussi fort que j’aime mes neveux (ça fait peur…). Je l’ai souvent dit, je l’ai redit encore tout à l’heure sur le trajet du retour pour la maison à mon homme : ils sont tout pour moi. Mes trésors, mes amours.

Aujourd’hui, mon homme et moi les avons eus pour nous tout seuls toute la journée, de 10h à 22h. Nous les avons rarement eus rien qu’à nous aussi longtemps (10000 kms me séparent de mes neveux d’amour, alors je ne les vois que bien trop rarement…). Cette journée fut magique, inoubliable. Comme toutes les autres, mais là, on avait les deux pour nous. Deux fois plus de bonheur.

On a fait des tas de choses, des activités en extérieur, un pique-nique, joué, dansé, couru, chanté, colorié, dessiné (sur les vitres !), fait des puzzles, jonglé, lu, mangé, sauté, tiré la langue, fait des pestacles, ri, oui… beaucoup ri… Les enfants ont adoré cette journée, j’ai adoré cette journée, mon homme a adoré cette journée. Je me suis sentie pleine, entière, comblée de bonheur. J’ai assuré. Je le sais.

J’ai observé mon homme et, encore une fois, j’ai vu ce qu’il avait envie de transmettre, de donner, de dire… Il a été merveilleux. Quel père merveilleux il ferait. Quel gâchis surtout…

J’ai la gorge nouée et la boule au ventre, là…

Une fois la journée terminée et les enfants ramenés au bercail -éreintés par la fatigue (mais une bonne fatigue !)-, sur le chemin du retour, j’ai craqué… de ce vide. Ils me manquent déjà tellement fort.

Je ne suis pas certaine de les revoir avant… l’année prochaine.

Bien sûr, il y a les webcams régulières qui permettent d’entretenir le lien, les petits mots glissés par-ci, par-là, les coups de fil… Mais leur odeur, leurs baisers mouillés, leurs câlins, leurs « Hé, tata LuLu, tu peux… ?« … me manquent déjà. Tout le temps. Trop…

Et le retour à la maison, dans notre (pourtant petit) appartement parisien nous paraît, là, immensément vide.

Là où des petites voitures et des jouets en tout genre trainaient il y a encore quelques heures, je ne retrouve que le vide… Le vide et leur absence. Et puis, envahie par la tristesse… les pleurs.

Les hormones, me direz-vous… Sûrement, aussi.

Mais pas seulement.

Publicités

11 réflexions sur “T et J

  1. Finalement, le fait d’être si proches d’enfants de son entourage a aussi des points négatifs… Moi je n’arrive pas à être proche de mon neveu. Ce n’est pas le mien et il faudra que je le rende. Mais je te comprend, le serrage de coeur quand on regarde son homme, quand on sait qu’il est prêt, plus prêt même que certains déjà pères… Courage

  2. C’est bien vrai Lulu que, toi et ton homme avaient la parentalité dans le sang! À voir ton Homme la dernière fois qu’il est venu pour l’anniversaire de sa Fillotte, comme il n’a pas compté toute l’énergie qu’elle et sa sœur lui pompaient; à voir encore la tendresse avec laquelle tu les embrasses, c’est sûr, vous avez beaucoup d’amour à offrir à des petits bouts! On vous souhaite vraiment d’avoir l’occasion de le faire avec les vôtre! Bises à tous les deux.

  3. Comme je te comprends Lulu. Voir a quel point mon homme est a l’aise avec les enfants, attiré vers eux, je vois qu’il serait un papa génial et je me dis aussi quel gâchis. Je croise pour que vous puissiez remplir ce petit appartement de plein de jouets un jour. Bises.

  4. J’ai vécu la même chose avec mes petits cousins, dont j’étais très très proche. Ma puce est né quand j’avais 13 ans, et déjà à cette époque je savais qu’être mère était le plus beau des cadeaux. Puis quand j’ai eu 17 ans, le petit frère est arrivé. J’ai passé ma jeunesse à les garder régulièrement, ils étaient tout pour moi.

    Et puis il y a 4 ans, mon chéri est arrivé, et maintenant c’est lui qui a la première place dans mon coeur. Même si mes cousins suivent juste derrière. Mais on se voit moins, et la relation a changée. Il faut dire que la grande vient de fêter ses 14 ans et le petit ses 11 ans. Fini les câlins à gogos, fini les histoires du soir, les bisous avant de dormir… C’est si dur de les voir grandir. J’imagine même pas quand on est mère et que ce sont nos propres enfants qui grandissent. Qui se détachent…

    Bref, tout ça pour dire que ton article m’a énormément parlé.

    Courage ma belle.

  5. Ces moments qui apportent tant et reprennent tant aussi, en partant… pour rien au monde je ne me priverai de ces moments là même si je comprend que trop bien ceux et celles qui se refusent cette souffrance.
    Parce que ces moments là sont aussi un pansement pour le coeur, au moins pour une magnifique journée.
    Courage à vous et XXX

  6. Même si les larmes ont conclus cette journée, il ne faut pas oublier ce bonheur si précieux.
    Je n’ai pas de petits dont je suis suffisament proches pour mes shotter à leurs odeurs et je me dis que c’est à la fois une chance de ne pas souffrir mais aussi un grand vide au final.
    Bisous

  7. je n’ai pas la chance d’avoir de petits dont je sois proche..et à lire ton article c’est un lien que j’aurai aimé avoir… J’ai une tante (qui est sans enfant) que l’on voyait peu dans notre enfance mais je me souviens encore d’une journée spéciale avec elle, elle nous avait emmené au cinéma,et même si je n’ai pas de lien fort avec elle maintenant, cette journée est gravée dans ma mémoire. Je suis sure que malgré la distance cette belle journée est gravée à jamais dans l’esprit de ces deux petits.

  8. Ça me rappelle le lien spécial que j’ai avec ma première nièce – qui est aussi ma filleule, et qui va sur ses 20 ans… elle aussi a grandi à des milliers de km de moi, donc je ne l’ai vue qu’une fois par an en moyenne, mais j’ai passé des moments précieux avec elle, et aujourd’hui tout ça a laissé une complicité particulière entre nous. Je ne doute pas qu’il en sera de même entre T, J et toi.
    Bisous

  9. J’ai ressenti tout cela avec la dernière de ma belle soeur…. C’était à la fois des moments incroyables, et d’un autre un vrai déchirement.
    C’est beau d’être aussi proches de ces petits… Ils ont beaucoup de chance.
    Bisous

  10. je n’ai pas cette aptitude à aimer les enfants des autres. Bizarrement, inconsciemment je pense, je fais tout pour ne pas m’y attacher … après tout, ce ne sont pas mes enfants … et dans ma tête c’est un peu comme de tomber amoureuse du petit ami de sa meilleure amie, ça ne se fait pas; (oui c’est très con ^^). Et puis, je pense que j’aurai cette impression de ne pas être fidèle à mes (futurs) enfants… (oui, c’est très con aussi) en en aimant d’autres avant … En tout cas, c’est un magnifique billet, et je trouve que c’est une chance de pouvoir connaître ce genre de sentiment. Je te souhaite de connaître ces sentiments encore plus fort avec tes propres petits bouts

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s