Le don de gamètes comme nouvelle forme de filiation et la question de la levée de l’anonymat

Le recours au don

Recourir à la FIV avec don d’ovocytes n’est jamais anodin. A moins d’être (quasi)-ménopausée, on ne se lance dans le don qu’après avoir essuyé quelques échecs en techniques médicales intraconjugales, avec ses propres ovocytes, donc.

Aujourd’hui, en ce qui me/nous concerne, le recours au DO est une « évidence » puisqu’il constitue la suite logique de notre parcours.

Mais pour en arriver là, le chemin a été long.

Quand on commence à réfléchir à la possibilité du don, c’est qu’on a déjà grillé un certain nombre de cartes. Ballot.

Mon homme et moi avons eu le temps de nous pencher sur bien des aspects de notre (future/proche ?) parentalité. Même si je m’en serais bien passé, je me dis que la PMA nous aura aidés/incités à nous poser des questions qu’habituellement on ne se pose pas avant de devenir parents… Enfin je veux dire dans le monde « normé », « normal », « standard », dans le monde des gens « normaux » et donc dans celui des « fertiles ».

Une autre forme de parentalité

Le don (peut) permet(tre) une parentalité autre. Parents autrement. Parents avant tout.

Je n’ai jamais tu -ou voulu taire- notre recours au don. Les choses se sont faites/dites très spontanément. D’ailleurs, mon côté « militant PMA » m’amène même à en parler très librement. Pour moi, le don nous aura permis (si ça marche !) de devenir parents « autrement », c’est-à-dire en empruntant un autre chemin, créatifs que nous sommes !

Une fois qu’on a accepté cela : tout roule, tout baigne… Encore une fois, c’est une question de positionnement.

Transparence : le don ne sera jamais ni secret, ni tabou

Nous ne tairons donc pas le recours au don d’ovocytes à notre enfant. Notre « hypothétique enfant à naître » saura, dès qu’il sera en âge de comprendre, que :

  1. sa maman souffrait d’insuffisance ovarienne précoce ; ne permettant pas à ses propres gamètes d’être fécondées (de jolis livres permettent cet accompagnement et l’expliquent très bien, j’y reviendrais un jour… si…),
  2. sa venue au monde aura été possible grâce à tout notre amour ET grâce au don de cellules d’une donneuse (je me souviens d’une conversation passionnante avec ma psychanalyste sur le don d’organes et « l’organe que l’on fait sien » suite à une greffe par exemple…).

S’il n’est évidemment pas question de mettre systématiquement au cœur de toutes les discussions cette parentalité rendue possible par don, il ne sera surtout pas question de l’occulter. Car ne nous leurrons pas -et aussi paradoxal que cela puisse paraître- : même si je parvenais à être mère, je resterais définitivement stérile.

Sans idéaliser le geste de la donneuse, l’enfant à naître ne serait pas là sans elle, celle dont il héritera une partie des gènes. Tout comme il ne serait pas là sans moi (sa mère biologique) ou sans mon homme (son père biologique et génétique).

Pour nous, le taire serait vivre dans le secret et donc dans une forme de mensonge. Pour autant, je ne juge pas les couples qui font ce choix. Mais, de par notre vécu, ce que nous avons traversé, notre vie, notre réalité, je ne le conçois pas pour ma famille.

Quant à la question de la levée de l’anonymat…

  • ce que j’en pensais… au début

Voilà grosso-modo le discours que je pouvais tenir…

« Il s’agit d’un simple don de gamètes et donc de cellules. Des cellules invisibles à l’œil nu. Pas question d’idéaliser la donneuse (même si on apprécie grandement ce geste si altruiste qu’est le don)… On ne va quand même pas semer le trouble en rajoutant un doute dans la tête de notre petit(e)… Finalement, la législation est bien faite. Notre enfant saura qu’il/elle aura été conçu(e) grâce à une FIV-DO ce qui n’est déjà pas mal (il ne sera pas dans le secret). En revanche, pas question qu’il/elle puisse, même à sa majorité, aller à la rencontre de sa donneuse… (manquerait plus qu’il/elle revendique une filiation issue de la donneuse)…« .

Tout ça, c’était AVANT. Il y a longtemps j’allais dire.

Sans doute, par je ne sais quel mécanisme, avais-je le sentiment que la possible recherche par l’enfant de sa génitrice allait m’enlever quelque chose ? Je ne me l’explique pas. Disons que j’avais peut-être peur que notre enfant revendique ses origines génétiques, alors qu’aujourd’hui, je trouve cela tout à fait normal, légitime. Il faut aussi pouvoir l’envisager.

Et sans doute que (avant justement), je m’accommodais de la loi qui dit clairement que le don est anonyme (que l’enfant ne peut exiger des renseignements concernant la femme qui aura donné ses ovocytes).

  • ce que j’en pense… aujourd’hui

Mes lectures, mes discussions, mes rencontres, mes réflexions sur le sujet m’ont amenée à penser autrement.

La reconnaissance de la maternité, je l’aurais. Si ça marchait, j’aurais désiré et attendu notre enfant 5 ans. Je l’aurais porté 9 (j’espère !) mois, l’aurais alimenté, senti… Le lien à travers le sang, le cœur, la physiologie se sera fait in vivo.

C’est ça pour moi la filiation. Les liens du cœur l’emportent sur ceux des gènes (à ce sujet, je vous recommande vivement le film japonais Tel père, tel fils,de Hirokazu Koreeda, une véritable petite merveille de cinéma).

Dès lors que :

  1. les futurs parents ont bien intégré la coexistence des 3 protagonistes -parents, enfant(s), donneuse(s)-,
  2. les rôles et places de chacun sont clairement identifiés et définis ;

pour moi, il n’est pas absurde -bien au contraire- de lever cet anonymat.

Pour deux raisons majeures :

  1. d’abord, par respect de la POSSIBLE volonté de notre futur enfant qui a le droit de savoir et de connaître une partie de son histoire personnelle (c’est, il me semble, un droit fondamental d’accès à ses origines génétiques) ;
  2. ensuite, cette levée ne lui conférerait qu’un plus et n’enlèverait rien à cette histoire dans la mesure où mon homme et moi serions ses parents biologiques (oui, je dis bien biologiques !).

Vous l’aurez compris, non seulement je ne suis pas favorable au secret (mais chacun fait comme il veut/peut), mais je suis également pour la levée de l’anonymat car j’estime que l’enfant a le droit de savoir. Et savoir ne remettra rien en cause, ne fragilisera rien puisqu’il est clairement établi que son père génétique, c’est mon homme et que sa mère biologique, c’est moi !

Alors, qu’est-ce qui gêne ? Les gènes ? A moins que ça ne soit la dissimulation de la vérité quant à l’origine de ces gènes, justement ?

Principal problème posé par la levée de l’anonymat

Evidemment, et c’est bien là le problème, qui dit levée de l’anonymat dit forcément baisse du nombre des donneurs de gamètes. Et on n’a pas besoin de cela puisqu’on en manque déjà cruellement en France (je vous rappelle que 4 ans  était le délai d’attente qui nous avait été annoncé par notre CECOS parisien).

Il existe pourtant des pays où le don non anonyme est possible comme au Royaume-Uni ou aux Pays-Bas. Ce n’est pas le cas de la République Tchèque ; la législation tchèque étant la même qu’en France à ce niveau-là.

Alors pourquoi se poser toutes ces questions puisque de toute façon l’enfant ne pourra jamais avoir accès à ses origines génétiques (cf. la législation tchèque) ? Parce que c’est comme cela que j’avance, que je chemine. J’ai besoin de poser ces bribes de réflexion ici.

Même si je suis consciente des difficultés inhérentes à l’éventuelle levée de l’anonymat, je suis pour cette levée.

Pour celles et ceux que le sujet intéresse, je conseille vivement la lecture d’auteurs comme : Hilde Colpin, Christine Manuel, Anne Raoul-Duval, Luc Roegiers et surtout Irène Théry (merci Irouwen !).

Je ne saurais que trop vous recommander les écrits passionnants d’Irène Théry, sociologue et directrice d’études à l’Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales.

Voici deux extraits de son livre Des humains comme les autres : bioéthique, anonymat et genre du don, Editions de l’EHESS, Collection Cas de figure, 2010 :

« …la médecine (…) a su développer une manière nouvelle d’engendrer des enfants (…) grâce au don de capacité procréative reçu d’une personne ayant pour sa part, à travers ce geste altruiste, énoncé que la procréation ainsi réalisée ne saurait être pour elle ni un engendrement, ni a fortiori une filiation. (…). Si la société met en oeuvre une manière nouvelle d’engendrer les enfants, cela implique pour elle la responsabilité d’instituer une règle du jeu claire et signifiante permettant à chacun des protagonistes de pouvoir s’y référer, et à l’enfant né du don d’engendrement de s’inscrire dans le système de parenté commun sans effacement d’une partie de son histoire, sans mensonge sur son identité, sans confusion des rôles et des places…« .

Et ça, j’adhère complètement :

« (…) la revendication d’une levée de l’anonymat ne suppose pas que tous les enfants nés d’AMP avec tiers donneurs aient les mêmes besoins psychologiques, ni même une perception identique de leur situation, et elle ne prévoit même pas que tout enfant soit systématiquement informé des conditions de sa conception car ceci est de la responsabilité des parents.

Plus simplement, la revendication est que chacun puisse disposer des mêmes droits, autrement dit que la possibilité soit ouverte à chaque enfant concerné, lorsqu’il atteint un certain âge (par exemple à sa majorité), d’avoir accès à son dossier médical et aux informations qu’il contient d’ores et déjà sur l’identité du donneur ou de la donneuse de gamètes. Libre ensuite à l’enfant de choisir s’il préfère connaître ou ignorer l’identité de son donneur, sans avoir à motiver ce choix qui lui appartient.« 

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18 réflexions sur “Le don de gamètes comme nouvelle forme de filiation et la question de la levée de l’anonymat

  1. C’est clairement délicat comme sujet et je suis loin (très) d’être assez informée/documentée pour apporter un avis éclairé (et donc intelligent). Mais je me demande, au vu de tes questionnements finaux, pourquoi il ne pourrait pas être envisagé d’accepter ou non la levée de l’anonymat. Une donneuse décide si oui ou non elle accepte la levée et les futurs parents décident si oui ou no ils veulent un DO avec ou sans levée d’anonymat potentiel.

    • Voilà ! J’allais dire exactement la même chose. En fait je suis d’accord sur le principe du choix pour les enfants mais je trouve essentiel que le donneur aussi soit protégé. On peut être d’accord pour le don en soit sans vouloir que 15 ans plus tard un enfant apparaisse dans notre vie. En tout cas le sujet est hyper intéressant 🙂 mais très complexe sur le fond.

  2. merci beaucoup pour ton article qui fait réfléchir. Je partage la position d’une cigogneegaree. J’ai la même crainte d’une éventuelle diminution du nombre de donneurs/donneuses mais comprends qu’un enfant puisse avoir envie/besoin d’en savoir plus…

  3. Il est excellent ce post, quelle clarté ! quelle sérénité aussi !
    Entièrement en accord avec toi pour que la possibilité puisse exister. Cependant c’est bien compliqué, car il a aussi le donneur qui a son mot à dire, celui qui au moment du don a peut-être franchi le pas car il savait qu’il y avait anonymat et peut-être aussi car il savait qu’il ne saurait pas si son don permettrait ou non de contribuer à la naissance d’un enfant auprès de ses parents. En tout cas, il y a des choses à faire pour multiplier les possibilités. Ce serait bien si les donneurs pouvait choisir ou non l’anonymat (je ne suis pas sûre que cela baissera les dons), et ce serait ainsi aux parents de prendre la décision d’un don anonyme ou non, décision qu’ils expliqueraient à l’avenir à leur enfant (sans les () car j’espère fort fort pour vous !).
    Bisous

  4. Très très chouette. Bravo pour ces réflexions, cette analyse, ces évolutions. C’est très intéressant.
    Je me demande toujours dans quelle mesure il y aurait vraiment baisse du nombre de donneurs en cas de levée de l’anonymat. J’imagine que les éventuels sondages demandent surtout l’avis des donneurs actuels, qui sont de fait a priori plutôt favorables à l’anonymat puisqu’ils donnent dans ce contexte. Mais j’imagine que pour d’autres un don non anonyme est préférable et que ça peut les freiner dans une éventuelle démarche de don (par conviction relative au bien être psychologique de l’éventuel futur enfant par exemple). Le nombre de donneurs est il moins important dans les pays où le don n’est pas anonyme? Je sais qu’aux Pays Bas ils manquent de donneuses d’ovocytes (mais pas de donneurs de sperme me semble t il) mais peut être pas autant que en France, et ils ont mis en place un accord avec le Danemark pour pallier à ça.
    En tout cas je suis d’accord avec l’approche dans laquelle le ou la donneuse aurait le choix entre l’anonymat ou non (perso si je pouvais offrir mes ovocytes j’opterais a priori pour le second choix).
    Bises ma belle. Je te souhaite d’avoir bientôt à gérer très concrètement la problématique de comment communiquer tout ça à tes enfants.

  5. Coucou voisine, ton article est très intéressant non seulement car tu exprimes ta position au sujet du don, mais aussi car il montre à quel point notre façon de penser peut évoluer. Je n’ai pas été concernée par le don, et de loin, dans l’absolu, je me disais que l’anonymat aurait été indispensable pour moi en tant que receveuse. Et j’ai lu un article récemment qui m’a fait prendre conscience du poids que représente le secret. J’ai réalisé que l’anonymat n’était finalement pas la meilleure option. C’est un sujet qui mérite une grande réflexion et être d’accord, en couple, avant de se lancer est essentiel. http://www.slate.com/blogs/xx_factor/2013/12/13/donor_conceived_children_deserve_to_know_the_truth_about_their_origins.html.
    Par contre, je me pose la question d’être donneuse à l’issue de mes traitements. Je ne sais pas si cela sera possible, vu ce que j’ai déjà vécu, mais j’aimerais le faire. Et là, je t’avoue que je ne sais pas si je serais prête à dévoiler mon identité. C’est une peur bête et primaire de ma part, que j’ai un peu honte de dévoiler. Mais j’aurais peur que les enfants issus du don cherchent à se rapprocher de moi, par exemple s’ils ont un problème avec leurs parents « biologiques ». Ou que la législation change dans 20 ans et qu’il faille reconnaître un lien avec ces enfants que nous ne connaissons pas et qui n’ont avoir avec nous qu’un patrimoine génétique. Voilà, c’est très con, mais ça me fait un peu peur. Je pense que je me renseignerai à fond quand ce sera le moment, parceque franchement j’aimerais énormément aidé des filles en attente d’ovocytes. L’attente est trop longue. Gros bisous Lulu! J’espère que ça se passe bien pour toi en ce moment.

  6. Bravo pour ce post si clair, on voit ta réflexion cheminer, évoluer. Tu as fait un beau travail de synthèse et je trouve que ton post est très utile pour des pmettes comme moi, qui n’en sont pas encore à envisager le don, mais qui s’interrogent malgré tout et qui sont un peu perdues parmi pleins de pensées désordonnées et contradictoires.
    Par exemple, comme toi j’arrive à me dire qu’un enfant/adulte doit avoir le droit de connaître ses origines génétiques, pour autant j’ai toujours cette idée que la levée systématique et imposée de l’anonymat serait catastrophique pour le nombre de dons. Je pense que cette réflexion que j’ai est un peu égoïste, car je me dis qu’entre aujourd’hui et le moment où j’aurais peut être recours au don, la loi pourrait changer (ici et ailleurs) et représenter un vrai obstacle sur mon chemin. J’en suis probablement au début de mes réflexions, comme tu dis, c’est un long, très long cheminement. Je note tes références en tout cas, car j’ai beaucoup aimé les extraits que tu as intégrés à ton article.
    Merci pour cet article,
    Bisous.

  7. Je trouve le débat complexe et pour moi l’alternative ne se résume pas à « il y a ceux qui ont peur que leur enfant ait accès à leur donneur » et « il y a ceux qui n’ont pas peur que leur enfant ait accès leur donneur ». Je vois par exemple beaucoup de bonnes raisons de s’opposer à la levée de l’anonymat.

    Déjà, on peut retourner l’argument de la non-importance des gênes : si les gênes ne sont pas si importants, pourquoi leur donner tant d’importance en réclamant la levée de l’anonymat ?

    Ensuite, il y a le problème essentiel du tarissement du don que cela entraînera (les gens donnent une cellule, et ne veulent pas se retrouver dans la situation de rencontrer des rejetons potentiels). Or le problème majeur avec le don, c’est qu’il a une existence fragile. En France déjà on rame pour trouver des donneuses d’ovocytes… Je ne crois pas à la « nécessaire évolution des mentalités » sur le sujet. Et on ne peut pas compter, pour les dons, que sur les personnes qui sont touchées par la PMA comme c’est le cas sur la blogosphère. On voit bien que le système ne fonctionne, déjà, que quand les donneurs/donneuses sont rémunérés.

    Par ailleurs, s’agit-il d’avoir accès à un dossier ou à l’identité de la personne ? Je ne crois pas que ce soit seulement l’accès à un dossier qui soit en jeu (d’ailleurs les dossiers médicaux sont normalement sous le secret pour n’importe quel individu). C’est moins dans une quête des gênes que se lancent ces enfants mais dans une quête d’identité. Or leur cas est très différent de celui de l’adoption où l’enfant et la mère ont partagé une histoire commune in utero, plus éventuellement avec le père dans les premiers temps de la vie. Je me demande donc si l’anonymat ne protège pas aussi les individus d’une véritable névrose de la quête des origines.

    Du côté des parents, on ouvrirait considérablement la possibilité (qui existe déjà dans plusieurs pays mais est-elle enviable ?) de choisir la donneuse ou le donneur en fonction de critères superficiels et narcissiques… Il me semble que la levée de l’anonymat pour l’enfant entraîne aussi la levée de l’anonymat pour le couple qui bénéficie du don. Les dissocier serait d’ailleurs un peu étrange…

    Enfin, la question d’un libéralisme absolu en la matière (chaque individu décide de ce qu’il veut) me paraît devoir générer de nouveaux problèmes : concurrence entre les systèmes, absence de clarté et de visibilité. L’existence d’un système concurrentiel au sein d’un même pays risque de faire fuir les donneurs. En effet, si je réclame le droit à l’anonymat, mais que dans le même pays il existe un droit des enfants à connaître mon identité, cela risque de causer des conflits de droit et une judiciarisation consécutive des rapports humains…

    Bref, vaste sujet…

  8. Maman depuis 8 mois grâce a une FIVDO, je comprend ton raisonnement mais je n’estime pas que nous avons établie une AUTRE parentalité, non nous sommes des parents comme n’importe quels autres parents.
    Encore ce matin, réveillée depuis 5h du matin car inquiète de la laisser pour la première fois en garde chez sa nourrice, je peux te dire que je me sentais une maman comme toutes les autres et pas une maman différente…
    Pour nous, je dis bien pour nous bien sur, c’est « simplement » une autre façon de procréer pas une autre façon d’envisager notre parentalité… je peux même dire que je pense que j’aurais été la même maman, sans avoir recours a la FIVDO, mais ça personne ne peut le vérifier, ce n’est que mon ressenti…

  9. Je suis bien contente de trouver un discours construit et argumenté en faveur de la possible levée de l’anonymat. Parce que je me sentais bien seule dans la blogosphère avec mes convictions.

    Comme Clairannespoir, je ne suis pas une maman différente du fait du don. Je suis JUSTE, une maman. J’aurai été pareil avec des enfants nés grâce à mes gamètes. J’aurai aimé tant et plus, j’aurai posé des limites, j’aurai grondé, j’aurai fait tellement de bisous et de calins, j’aurai chanté tant de chansons, j’aurai dis « NON, ça c’est dangereux, interdit, etc », j’aurai été une maman pareil.

    Je pense que ce qui est différent c’est l’accès à la grossesse.
    Le don que j’ai reçu m’a permis d’accéder à une grossesse, de porter mes enfants dans mon corps.

    Bon voyage !

  10. A TOUTES :
    Merci pour vos petits mots, réactions, retours d’expérience et réflexions.
    Tout ceci m’est précieux et m’aide à (continuer à) avancer dans ma propre réflexion.

  11. Je comprends ton analyse, surtout sur le secret, il est aussi indispensable pour moi que mes enfants soient au courant qu’ils sont nés d’un don.
    En revanche sur la levée de l’anonymat je suis beaucoup plus circonspecte comme tu le sais. Et si je comprends ton cheminement, j’en relève quand même quelques contradictions. Tu es pour la levée de l’anonymat afin que ton/tes futur(s) enfant(s) aient la possibilité de connaître leurs gènes (je ne mentionne volontairement pas le mot « origine » car pour moi il ne s’agit pas d’une origine, l’origine de l’enfant c’est l’amour des parents). Mais pourtant il est clair dans ta tête que tu seras la mère biologique de l’enfant, que c’est toi qui le nourrira, l’alimentera, créera son corps, ses émotions, son début de personnalité dans ton corps (je recommande vivement toutes les lectures sur l’épigénétique, ou comment un embryon au moment du transfert n’a plus exactement le même patrimoine génétique à la naissance sous l’effet de la grossesse)., et ensuite bien évidemment c’est toi qui l’éduquera, c’est à toi et ton homme qu’il ressemblera.
    Alors pourquoi souhaiter la levée de l’anonymat? SI moi ou mon enfant ou qui que ce soit d’autre devait avoir besoin d’une transfusion sanguine ou d’un don d’organe, je ne souhaiterais pas connaître le donneur, c’est un don, c’est tout, fort altruiste, certes, mais un don. Lever l’anonymat ne ferait que semer le trouble et divers questionnements qui n’ont pas lieu d’être selon moi, du style « à qui dois-je la vie? », alors que la réponse, sans la levée de l’anonymat, est évidente.
    J’ai lu le témoignage d’une donneuse en France (oui il y en a quelques unes, les courageuses!), qui disait que si dans 15, 20 ans une personne venait sonner à sa porte car issue de son don, elle ne saurait pas quoi lui dire, comme je ne saurais pas quoi dire à la personne qui a été transfusée grâce au don de sang que j’ai pu faire. Il est en effet essentiel de ce poser la question suivante : POURQUOI? Pourquoi est-ce nécessaire? Qu’est-ce que les enfants issus d’un don pourraient attendre de la rencontre avec la personne qui a donné une gamète ou de savoir ce qu’elle fait dans la vie, combien elle a d’enfants, quelle est la couleur de ses cheveux? Quel est l’intérêt?
    je ne sais pas si j’ai été très claire mais je pense bien à toi pour la suite et espère de tout cœur le meilleur!!!

  12. Pingback: PMA, du «ni vu ni connu» à la responsabilité, Irène Théry | Lutine en PMA

  13. Pingback: Accès à ses origines génétiques et levée de l’anonymat : le cas d’Audrey Kermalvezen | Lutine en PMA

  14. Bonsoir,
    je vous conseille à toutes et tous d’aller faire un tour sur le site de l’association PMAnonyme : pmanonyme.asso.fr . Ce qui est intéressant c’est que c’est une association regroupant à la fois des personnes conçues par don, des donneurs, des professionnels de santé, des parents, et qu’il y a des témoignages à lire sur leur site. Cette assoc milite pour la levée partielle et contrôlée de l’anonymat .
    Ils répondent humainement, sans tabou, et assez clairement à nos questions et c’est assez rare pour être souligné 🙂

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