La FIV1 avec Number 4 aura-t-elle lieu ?

Le deuxième rendez-vous avec Number 4 a eu lieu il y a une dizaine de jours. A mon arrivée, juste un homme qui attend sa femme. Et cette fois-ci non plus, je n’ai pas beaucoup attendu. Donc ça, c’est plutôt chouette !

Juste avant que mon tour ne vienne, un couple entre. Inévitablement, un regard, puis un autre. On se scrute, mais discrètement. Elle, semble inquiète (était-ce son 1er rdv PMA, est-elle -comme moi- à l’origine du « problème » ?). Lui, semble bien plus détendu. Ils ont la quarantaine bien tassée. Oui, c’est triste, mais en PMette aguerrie, je ne peux m’empêcher d’imaginer, penser les parcours des couples en galère. Que ressentent-ils, depuis quand essaient-ils, où puisent-ils la force de continuer, combien de tentatives, quels résultats, quels antécédents… ?

J’ai donc revu Number 4 pour faire le point sur ce qui s’était passé depuis notre premier rendez-vous, à savoir ces deux éléments :

  1. IAC 4 avec Gynéco3 : ++++++ (au passage, il s’agit d’IAC 4 « bis bis » car les précédentes avaient dû être reportées puisque toutes les conditions n’étaient pas réunies à J2) ;
  2. œuf clair et fausse couche à 6.5 SA suite à cette 4ème IAC.

Je retranscris ici, à la manière de mon billet « compte-rendu » de notre premier rdv, ce qu’il m’a dit. Il se répète parfois, mais ça confirme la cohérence/constance de ses propos :

« Vous êtes parvenue à être enceinte, c’est plutôt bon signe, malgré un œuf clair.

Votre bilan hormonal est « perturbé » (ouahhhhh, mon bilan hormonal, pour lui, n’est QUE perturbé, il est hyper optimiste !) mais à votre âge, on peut faire quelque chose. Si vous aviez 40 ans, je n’aurais rien pu pour vous.

Dans votre cas, on va adapter le traitement à vous et ce n’est pas vous qui vous adapterez au traitement : on commencera la stimulation hormonale non pas à J2 ou J3 (c’était le cas pour toutes mes IAC), mais plus tard (aux alentours de J6, J8, J10 ? J’ai un trou, je ne me souviens plus de ce qu’il m’a dit), au fur et à mesure, en fonction de l’évolution naturelle de vos follicules (je vois pas comment on peut se reposer sur mes follicules qui, sans stimulation n’atteignent jamais les 5 mm, mais après tout, je ne suis pas médecin !) de façon à préserver la qualité ovocytaire ».

Du coup, il m’a prescrit une prise de sang (et quelle prise de sang, on m’a prélevé 7 tubes !) dont les résultats détermineront s’il n’y a pas chez moi un risque de fausse couche à répétition et auquel cas, on adapterait le traitement de la FIV (en plus de la progestérone). Il m’a parlé de prise éventuelle d’œstrogène (d’œstradiol ? j’ai encore un doute…). Sans doute pensait-il à un traitement hormonal substitutif (THS) comme le Provames. I don’t know…

Tout ceci reste à déterminer et dépendra des résultats de cette prise de sang. Mon laboratoire habituel sous-traite et c’est un autre laboratoire (le même que celui qui traite les caryotypes) qui effectue les recherches. Les délais sont assez longs. Il faut compter environ 8 jours et les résultats ne sont communiqués qu’au médecin…

Voici donc ce que l’on va contrôler chez moi :

  • les anticorps : anti-phospholipides, anticardio-lipines, anti-nucléaires, anti-DNA natif,
  • antithrombine III,
  • les protéines anticoagulantes : C + S + protéine S libre antigène,
  • test de dépistage de la résistance à la protéine C activée.

Joli programme, hein ?

On a aussi parlé de l’expulsion de mon œuf qui, selon lui, pour certaines femmes, peut être aussi douloureuse qu’un accouchement. Que nenni !

Pour moi, c’est l’expulsion naturelle de mes deux embryons l’an dernier qui a été pire que tout. Là, je n’ai, physiquement, (presque) rien senti. C’était un peu comme des règles douloureuses, mais ça, c’est déjà mon rituel mensuel !

L’avantage avec Number 4, c’est que même si, cette fois, la consultation a duré à peine 10 minutes, je suis ressortie du cabinet avec les réponses à mes questions, zen, sereine. Il est bref mais efficace, professionnel. Je n’ai ressenti aucune frustration. Inévitablement, je compare avec gygyamp, c’est juste incomparable !

On se revoit bientôt pour l’interprétation des résultats de cette prise de sang. Dans la foulée, il y aura un examen gynécologique… et j’espère le feu vert pour la FIV1.

En attendant, je continue de me droguer : Gynéfam XL + Tocophérol + Oligobs PMA.

Bilan à 3 ans d’essai

L’heure du bilan a sonné. En vrac et sans réfléchir :

– quatre ans d’amour -on s’est rencontré tard, c’est vraiment pas d’chance !- ;

– trois ans d'(de VRAIS) essais dont un an et demi en PMA ;

– cinq stimulations ovariennes au compteur, dont quatre IAC (inséminations qui ont donné deux débuts de grossesse et ont définitivement mis fin à mon état initial de nulligeste) ;

– deux grossesses non évolutives :

  1. premier +++ suite à IAC2 : une grossesse gémellaire arrêtée à 7.5 SA (hiver 2011),
  2. deuxième +++ suite à IAC4 : un début de grossesse qui s’est avéré être un œuf clair découvert et expulsé à 6.5 SA (j’en sors) ;

– cinq protocoles de stimulation au Gonal F 150 ui (environ 10 injections à chaque fois, bonjour les hormones), injections d’Orgalutran et/ou de Cetrotide et d’Ovitrelle à chaque fois ;

– des tas de prises de sang et échographies réalisées, des examens gynécologiques divers et variés effectués, une opération chirurgicale (retrait polype utérin), des médicaments / vitamines de toutes sortes (voie orale… ou pas…) avalés ;

– des litres et des litres de larmes versées, des heures et des heures d’attente perdues, des centaines de coups de fils passés pour obtenir des rendez-vous/les instructions, des réveils aux aurores pour la prise de sang + l’échographie du matin avant d’attaquer la journée de boulot (heureusement que je vis et bosse sur Paris !) ;

– quatre médecins vus : Gygy + Gygyamp + Gynéco3 + Number 4 (ce dernier est le seul à nous proposer une FIV vu mon IO !) ;

– une quinzaine de grossesses/naissances dans notre entourage en même pas un an (la stérilité est loin de toucher tout le monde et heureusement !) ;

– une inscription au CECOS => nous sommes candidats à un don d’ovocytes mais sans donneuse, l’attente est de presque quatre ans ;

– une réserve ovarienne qui s’affaisse… inexorablement ;

– cinq mois de blog, soixantième billet et de très très belles rencontres…

« Ce qui ne tue pas rend plus fort… »

Je reviens après avoir laissé éclater l’orage. L’orage a duré une grosse semaine. Il a commencé à peine une heure après la prise du Cytotec. Je ne rentrerai dans aucun détail ici. J’ai beaucoup pleuré, réfléchi et laissé la tristesse s’en aller. Je ne porte pas la vie mais je continue à croire que le chemin n’est pas fini.

Cette fois-ci, ma souffrance (physique) n’a été en rien comparable à celle de l’année dernière. Pour plusieurs raisons et sans doute, entre autres, parce que :

  1. c’était un œuf clair,
  2. je n’étais qu’à 6.5 SA,
  3. il n’y avait donc pas d’activité cardiaque,
  4. nous n’avions rien projeté pour cette deuxième grossesse, par crainte d’une grossesse arrêtée (comme quoi…).

Le deuil d’une grossesse débutante comme celle-ci en a, du coup, été « facilité » -avec des tas de guillemets à vrai dire- !

Il me faut l’avouer, cet épisode nous aura marqués, mon homme et moi. Il nous aura aussi fait réfléchir sur notre couple. Je crois qu’en définitive toutes ces épreuves nous font avancer, nous font nous aimer encore plus fort chaque jour. Combien de couple en PMA se casse la figure ? Plein ! Combien de couple se rapproche ? Plein aussi. Nous appartenons à cette deuxième catégorie et c’est dans cette autre épreuve de la vie que nous grandissons.

La tristesse et la morosité dans lesquelles nous avons baigné ces dernières semaines auraient pu avoir raison de notre couple. Nous avons réalisé, il y a peu, suite à une dispute (cela ne nous arrive pour ainsi dire jamais !) que nous étions à cran. Trop d’évènements, de mauvaises surprises, de déceptions… Les montagnes russes de la PMA ont pu, à certains moments, venir fragiliser notre couple. Nous sommes intelligents et nous avons conscience de la difficulté de ce que nous traversons et le réaliser, c’est déjà, ne pas sombrer.

Voilà, nous repartons donc au combat, bientôt. Très bientôt…

Nous regardons le soleil se coucher. Un jour, nous serons parents. Et ce soleil viendra illuminer et réchauffer nos cœurs.

Et Nietzsche a bien raison !

Je vais bien, ne vous en faites pas…

Par où commencer ? Comment dire ? Comment sortir du trou ? Trouver une issue un jour ? Pourquoi moi, pourquoi nous ? Pourquoi aucune de mes grossesses n’est évolutive ? Une semaine très éprouvante. Une toux sèche, quinteuse et persistante qui ne me lâche pas depuis presque 10 jours maintenant. Un corps las et mis à rude épreuve qui a tendance à me lâcher quand mon cœur a mal. Des taux de béta HCG comme les deux derniers auront eu raison de cette grossesse qui n’est pas évolutive -elle non plus-. Un monde s’écroule ? Oui et non. Oui car tout était si bien parti et qu’un début d’espoir, même infime, était, malgré tout, né… Et non parce qu’on s’en doutait bien. Ça aurait été le comble, quand même, après un tel désir de grossesse et de parentalité, que tout se passe comme rêvé ! Faut quand même pas exagérer. On peut pas ET vouloir un enfant ET en plus en avoir un ! Pfffffffffffffffffffff J’ai réussi à tenir bon toute la semaine sans pleurer, sans ressasser, sans penser systématiquement au pire. Bien sûr, j’y pensais quand même car je sais parfaitement (à force) interpréter les résultats de chacune de mes prises de sang et je savais bien qu’il y aurait une perfidie cachée là-dessous ! Mais juste avant d’aller à l’écho, j’ai craqué. Hier après-midi, à la maison, sur le canapé, avec mon homme, j’ai vidé toutes mes larmes. Il m’a écoutée pleurer. J’ai versé des litres et des litres de larmes, épuisé en 1h le stock de mouchoirs qui me sert habituellement plusieurs jours pour mon hyperhidrose (j’avais dit que j’en parlerai de mon HH, pas encore eu l’occasion… mais je le ferai). J’ai fait comme certaines me l’ont suggéré : j’ai tout lâché, tout. Tout devait sortir : la colère, la haine, la répulsion, la peur, l’incompréhension, les désillusions, les déceptions, la rancœur, l’injustice, la souffrance… Et j’en passe, tout… Jusqu’à me sentir totalement vide. Vide dans mon ventre, dans ma tête, dans mon cœur. Jusqu’à ne plus rien ressentir. Quel soulagement. Puis l’heure de l’échographie chez Gynéco3 est arrivée. L’attente fut interminable, insupportable, mais il fallait attendre pour voir. Elle nous a reçus à l’heure (et même en avance). Diagnostic à 6.5 SA :

utérus d’aspect gravide,

petit sac ovulatoire,

sans embryon et sans vésicule vitelline visibles

Conclusion : œuf clair.

Il y a bien eu rencontre de nos deux gamètes, puis fécondation et donc début de grossesse mais ça s’arrête là. Elles n’ont pas voulu continuer l’aventure, nos gamètes. Elles ont flippé leur mère (euh…) alors que y’avait pas de quoi franchement ! On se rassure comme on peut mais je me dis qu’il vaut mieux ça qu’un embryon/fœtus qui arrêterait sa croissance (oui ma bonne dame, faut toujours voir le « bon » côté des choses…). Donc pas d’activé cardiaque et c’est ce qui me « sauve » car rien ne m’aurait été plus insupportable que de revivre le cauchemar de l’an dernier (entendre les battements de cœur et voir des choses à l’écho pour ensuite ne plus rien voir/entendre quelques temps après). La suite des réjouissances:

  • je commence l’aide médicamenteuse ce jour (Cytotec et tout le le bazar, j’ai peur de souffrir…),
  • je revois Gynéco3 mi-décembre et donc pause de 2 mois…

Dans la foulée, j’ai appelé mon acupuncteur pour lui annoncer officiellement la mauvaise nouvelle et donc annuler notre rdv. Cette séance était censée aider l’embryon à bien accrocher pour devenir un beau fœtus bien costaud… Nous allons, malgré tout, relativement bien. Il le faut. Je suis encore fragile mais nous allons prendre des forces pour nous remettre au combat, mon homme et moi, tels des guerriers. Vous ne savez pas combien vos commentaires, mails, messages m’ont aidée et m’aident à avancer dans ce parcours. Alors, une fois encore, du fond du cœur, MERCI.