Lasse mais décidée à continuer

C’est le cœur lourd et la gorge nouée que j’ai passé ce week-end de Pâques et la boule au ventre que je suis allée faire mon troisième et dernier dosage de béta HCG ce matin.

Mon taux est descendu à 9 à 19 DPO.

La « bonne » nouvelle, c’est que c’est une grossesse biochimique.

La grossesse extra-utérine est donc écartée. J’avais trop peur pour mes trompes ; elles qui ne m’ont -encore- jamais lâchée, déçue ou trahie (contrairement à mes feignants de follicules).

Prochaine étape : faire le point avec Number 4. RDV pris pour la semaine prochaine… Déjà. Je m’attends aussi au pire, à savoir un : « On arrête tout »

lulu

La PMA fatigue, la PMA use. Mais je mise tout sur elle. PMA classique ou FIV-DO, ce n’est que par ce/ces biais-là qu’on peut prétendre à être parents un jour. Alors, on va continuer. On n’a toujours pas dit notre dernier mot.

Alors évidemment, aujourd’hui, je suis fatiguée de ces montagnes russes, fatiguée de pleurer, d’y croire, de m’émerveiller pour très rapidement déchanter et réaliser que la chienne de*** vie nous reprend ce bonheur de si courte durée.

Je me bats depuis des années (j’ai décidé d’arrêter de compter, c’est trop dur) pour la vie et contre cette sal*perie d’insuffisance ovarienne.

A force d’échecs et de coups de poignards dans le coeur, j’ai la sensation d’être anesthésiée par la douleur.

Je ressens cela, mais d’un autre côté, cette douleur me prend aux tripes et au plus profond de mon être de femme, de mère privée de son enfant.

C’est tellement contradictoire tout ça…

Je ressens ce vide en moi. D’ailleurs, comment est-il possible de ressentir à tel point le manque d’un être qui n’existe pas et qui n’existera peut-être jamais ?

Je suis en manque de notre enfant.

Je n’arrive pas à renoncer. Je ne peux pas. Ce n’est pas (encore) possible.

J’ai aussi bien conscience que cet enfant ne doit pas non plus être fantasmé. J’y « travaille » régulièrement, de sorte que si par bonheur/miracle nous accédions à la parentalité, nous ne focalisions pas toute notre attention sur cet unique être. Nous ne voudrions pas en faire un enfant-roi ! Futurs parents aimants et présents certes, mais pas envahissants, possessifs et surprotecteurs…

J’aimerais tellement que ni mon homme ni moi n’ayons ce désir si fort d’être parents. Tout serait tellement plus simple si on parvenait un jour à dire :

« On a longtemps voulu, longtemps essayé… Ca n’a pas marché pour nous mais aujourd’hui, on a accepté l’infertilité et après tout, cela ne doit pas conditionner notre bonheur et on est heureux ainsi »

Oui, tout serait tellement plus simple.

C’est le chat qui se mord la queue. Là, j’ai l’impression de tourner en rond, de ne pas avancer, de gâcher les plus belles années de ma vie.

Heureusement que nos vies sont bien remplies (par des activités dont je ne parle jamais ici puisque c’est un blog volontairement et exclusivement dédié à la PMA), que nous sommes bien entourés.

Notre vie de couple est riche et pleine… A nous les voyages, les grasses mat’, les concerts, les sorties, les soirées improvisées… Bref, la vie quoi, mais il nous manque l’essentiel. Notre essentiel.

Pour résumer, je dirai que je suis lassée mais décidée à continuer la bataille pour la vie (avec nos gamètes !). Reste plus qu’à motiver mon homme qui n’en peut plus de la PMA « classique » et n’a d’yeux que pour le don d’ovocytes…

Aujourd’hui, j’ai craqué au boulot… J’ai lâché le morceau… J’en ai parlé à deux collègues. Infertilité féminine et insuffisance ovarienne dans les deux cas. Toutes deux sont passées par les traitements en vue d’IAC ou de FIV… Toutes deux ont vécu un ou des arrêts de grossesse. Aucune des deux n’est mère, aucune des deux ne sera mère. Mais, heureusement, toutes les deux, avec leurs conjoints respectifs, sont aujourd’hui des femmes (d’âge mûr) heureuses. Bien sûr, ce n’est pas sans émotion qu’elles m’ont écoutée…

*** J’ai une pensée plus qu’émue pour Angediles

Terminus, tout l’monde descend…

Je sais pas où et comment je trouve encore la force pour tout… pour tout ça…

Mon dosage de BCHG est passé de 47 à 43 en 48h.

Encore une grossesse non évolutive. Le cauchemar.

Comment vais-je gérer cette 3ème FC ???

Mon homme est dépité de tristesse. Il y croyait tellement.

Pas de bébé en 2013… Non plus.

Inscrite à la course

Cette course, appelons-là FIV.

Il y a environ 2-3 ans, rien que l’idée de participer à une telle course, m’aurait terrorisée. Parce qu’y participent les couples en difficulté, les couples infertiles, les couples stériles… Et ça, c’était juste impensable.

Naïve, moi ? C’est sûr !

Avant la PMA, je me disais donc que participer à cette course serait la pire des choses, sans même savoir, d’ailleurs, qu’elle nécessiterait une telle préparation (physique et mentale).

Jusque-là, à cause de ma réserve ovarienne quasi-épuisée, je n’ai participé « qu’à » des « petites courses », avec, à chaque fois, l’espoir d’en gagner une ; ces rares instants d’espoirs ayant vite été rattrapés par la cruelle réalité :

  • IAC 1 (échec),
  • IAC 2 (arrêt de grossesse gémellaire),
  • retrait d’un polype à l’utérus sous anesthésie générale,
  • IAC 3 (échec),
  • IAC 4 : celle-ci, j’ai galéré pour la faire : les conditions physiques -l’état de mes follicules- ne le permettant pas pendant plusieurs cylces… (fausse couche : oeuf clair),
  • stimulation ovarienne 5 sans IAC (échec),
  • FIV1 sur cycle naturel (un seul follicule mature -22 mm- et ponction blanche, pire qu’un échec).

Résultat desdites courses : accumulation d’échecs. Vous avez demandé la reine de la loose ? Vous y êtes !

Ces courses (bien que modestes) et leurs préparations, m’ont valu presque une centaine de rendez-vous médicaux… Et je ne parle pas du reste.

Alors quelle ne fût ma surprise, hier soir, quand ENFIN le feu vert m’a été donné pour démarrer ma stimulation ovarienne en vue d’une « vraie FIV » et ce, même avec mes seuls 5 follicules à J2 (hier) entre 4 et 6 mm.

Pas de FIV NAT comme la dernière fois car ce cycle, mes follicules, même s’ils sont très peu nombreux, ont la bonne taille ; le critère pour commencer une stimulation ovarienne étant d’avoir des follicules de moins de 10 mm à J2/J3.

D’ailleurs, voici les autres détails, hier (à J2 donc) :

Echographie

Endomètre : 2.6 mm / Existence de corps jaunes en voie d’involution (késako ???)

Dosages plasmatiques

Oestradiol : 40 picog/ml / LH : 4.6 ui/l (jamais ma LH n’a été si élevée…) / Progestérone : 0.3 ng/ml / FSH : 15.5 (ouf, suis en dessous de 20 !!!)

Voici le début du protocole

J2 (hier lundi) : prise de sang + échographie + Gonal F 300 UI

J3 + J4 + J5 : Gonal F 300 UI

J6 : prise de sang + échographie… la suite au téléphone selon instructions… Pourvu que mon corps ne me lâche pas et qu’on continue le protocole.

Voilà, je suis bel et bien inscrite à cette course. La préparation va être longue.

Mon objectif n’est même pas de la gagner mais juste de ne pas être éliminée d’office comme la dernière fois

A tes marques, prête, pars !!!

F*ck 2012, ok ?

Enterrer 2012 (aussi) : fait !!!

Le 31 décembre, après un réveillon au coin du feu (hors de Paris, donc), nous nous sommes retrouvés au fin fond du lit à 23h30 pour nous réveiller le 1er janvier 2013 vers 9 heures. Franchement, c’était pas pire ! C’était pas terrible, mais pas pire…

Aucune envie de fêter quoi que ce soit ! Fêter quoi ? Année 2012 de m*rde, comme la précédente d’ailleurs. Elle ne nous aura pas épargnés alors, à quelques jours du réveillon, mon homme et moi sommes partis là :

lulupma

Pas mal, hein ? Et là, juste au-dessus, c’est nous (avant l’averse, la bourrasque… enfin, la tempête !).

Et sans transition… en ces premiers jours de l’année…

Mes peurs, mes craintes, mes angoisses :

– refaire une FIV foireuse (elle n’est même pas comptabilisée comme une tentative FIV, pfffffff). Une FIV tellement foireuse que pour la Sécu elle n’est pas « comptabilisable » !

Rappel du tout dernier épisode : un seul follicule de m*rde. Si, si, on peut le dire : de m*rde car même pas « utilisable » (puisque pas fécondable).

Mes (principales) interrogations (car en fait, j’en ai des milliards, mais je vais vous les épargner, hein !) :

– Que va donner cette prochaine FIV ? Tant d’étapes encore, tant d’espoirs fondés… pour quelle issue ?

– Aurai-je un jour suffisamment de follicules de qualité qui nous permettraient d’obtenir au moins UN ovocyte de qualité ?

– Si oui, cet ovocyte, pourra-t-il, cette fois-ci, être fécondable ? Si oui, donnera-t-il un embryon de qualité ? Si oui, y aura-t-il transfert ? Si oui, l’embryon évoluera-t-il dans ce nid qu’est mon utérus (rutilant, au passage, je le précise !) ?

Je ne sais pas si je supporterais un nouvel échec. Vraiment.

J’ai déjà un arrêt de grossesse gémellaire (IAC 2) et une fausse couche au compteur (IAC 4 bis bis) ! Bon, on est loin d’y être mais si, par bonheur, j’étais bel et bien, une fois encore, enceinte, comment vivre cette troisième grossesse sereinement ?

Je sais que « à chaque jour suffit sa peine » et que je dois « vivre les événements étape par étape », que « chaque étape est en soi une victoire »… (j’en ai pléthore, des comme ça…). Mais rien n’y fait. Je suis terrorisée d’un énième échec.

Je n’en peux plus des échecs.

2011 (de m*rde, décidément, je me répète…).

2012 (pas mieux !)…

Puis 2013. Que nous réserves-tu, 2013 ? Je te préviens, je suis exténuée, à bout, en colère, triste, enragée même, alors t’as intérêt à être clémente ET généreuse !

Dans la vie, j’ai la chance d’appartenir à ceux à qui la vie sourit… Sauf que… sauf qu’il me manque l’essentiel. Le temps passe inexorablement et la parentalité ne se fait pas…

Pour finir sur une note positive, FELICITATIONS à mes ex-copinautes de galère pour qui la chance a tourné :

Barbidou, Boule de mousse et La Fille aux cheveux de lin.

12.12.12

Il est des dates que l’on souhaiterait à jamais oublier… et des douleurs qui ne cicatrisent jamais…

Un an, jour pour jour, que mes embryons se sont faits la malle.

C’était dans la nuit du 11 au 12 décembre. Le 1er est parti vers minuit, le 2nd vers 6h. Je n’ai jamais autant souffert physiquement.

Activité cardiaque arrêtée à 7,5 SA, mais je ne l’ai appris qu’une dizaine de jours après, à ma 3ème échographie de contrôle.

Je sais qu’il ne faut pas ressasser, mais ce soir, je suis triste.

Bilan à 3 ans d’essai

L’heure du bilan a sonné. En vrac et sans réfléchir :

– quatre ans d’amour -on s’est rencontré tard, c’est vraiment pas d’chance !- ;

– trois ans d'(de VRAIS) essais dont un an et demi en PMA ;

– cinq stimulations ovariennes au compteur, dont quatre IAC (inséminations qui ont donné deux débuts de grossesse et ont définitivement mis fin à mon état initial de nulligeste) ;

– deux grossesses non évolutives :

  1. premier +++ suite à IAC2 : une grossesse gémellaire arrêtée à 7.5 SA (hiver 2011),
  2. deuxième +++ suite à IAC4 : un début de grossesse qui s’est avéré être un œuf clair découvert et expulsé à 6.5 SA (j’en sors) ;

– cinq protocoles de stimulation au Gonal F 150 ui (environ 10 injections à chaque fois, bonjour les hormones), injections d’Orgalutran et/ou de Cetrotide et d’Ovitrelle à chaque fois ;

– des tas de prises de sang et échographies réalisées, des examens gynécologiques divers et variés effectués, une opération chirurgicale (retrait polype utérin), des médicaments / vitamines de toutes sortes (voie orale… ou pas…) avalés ;

– des litres et des litres de larmes versées, des heures et des heures d’attente perdues, des centaines de coups de fils passés pour obtenir des rendez-vous/les instructions, des réveils aux aurores pour la prise de sang + l’échographie du matin avant d’attaquer la journée de boulot (heureusement que je vis et bosse sur Paris !) ;

– quatre médecins vus : Gygy + Gygyamp + Gynéco3 + Number 4 (ce dernier est le seul à nous proposer une FIV vu mon IO !) ;

– une quinzaine de grossesses/naissances dans notre entourage en même pas un an (la stérilité est loin de toucher tout le monde et heureusement !) ;

– une inscription au CECOS => nous sommes candidats à un don d’ovocytes mais sans donneuse, l’attente est de presque quatre ans ;

– une réserve ovarienne qui s’affaisse… inexorablement ;

– cinq mois de blog, soixantième billet et de très très belles rencontres…

« Ce qui ne tue pas rend plus fort… »

Je reviens après avoir laissé éclater l’orage. L’orage a duré une grosse semaine. Il a commencé à peine une heure après la prise du Cytotec. Je ne rentrerai dans aucun détail ici. J’ai beaucoup pleuré, réfléchi et laissé la tristesse s’en aller. Je ne porte pas la vie mais je continue à croire que le chemin n’est pas fini.

Cette fois-ci, ma souffrance (physique) n’a été en rien comparable à celle de l’année dernière. Pour plusieurs raisons et sans doute, entre autres, parce que :

  1. c’était un œuf clair,
  2. je n’étais qu’à 6.5 SA,
  3. il n’y avait donc pas d’activité cardiaque,
  4. nous n’avions rien projeté pour cette deuxième grossesse, par crainte d’une grossesse arrêtée (comme quoi…).

Le deuil d’une grossesse débutante comme celle-ci en a, du coup, été « facilité » -avec des tas de guillemets à vrai dire- !

Il me faut l’avouer, cet épisode nous aura marqués, mon homme et moi. Il nous aura aussi fait réfléchir sur notre couple. Je crois qu’en définitive toutes ces épreuves nous font avancer, nous font nous aimer encore plus fort chaque jour. Combien de couple en PMA se casse la figure ? Plein ! Combien de couple se rapproche ? Plein aussi. Nous appartenons à cette deuxième catégorie et c’est dans cette autre épreuve de la vie que nous grandissons.

La tristesse et la morosité dans lesquelles nous avons baigné ces dernières semaines auraient pu avoir raison de notre couple. Nous avons réalisé, il y a peu, suite à une dispute (cela ne nous arrive pour ainsi dire jamais !) que nous étions à cran. Trop d’évènements, de mauvaises surprises, de déceptions… Les montagnes russes de la PMA ont pu, à certains moments, venir fragiliser notre couple. Nous sommes intelligents et nous avons conscience de la difficulté de ce que nous traversons et le réaliser, c’est déjà, ne pas sombrer.

Voilà, nous repartons donc au combat, bientôt. Très bientôt…

Nous regardons le soleil se coucher. Un jour, nous serons parents. Et ce soleil viendra illuminer et réchauffer nos cœurs.

Et Nietzsche a bien raison !

Je vais bien, ne vous en faites pas…

Par où commencer ? Comment dire ? Comment sortir du trou ? Trouver une issue un jour ? Pourquoi moi, pourquoi nous ? Pourquoi aucune de mes grossesses n’est évolutive ? Une semaine très éprouvante. Une toux sèche, quinteuse et persistante qui ne me lâche pas depuis presque 10 jours maintenant. Un corps las et mis à rude épreuve qui a tendance à me lâcher quand mon cœur a mal. Des taux de béta HCG comme les deux derniers auront eu raison de cette grossesse qui n’est pas évolutive -elle non plus-. Un monde s’écroule ? Oui et non. Oui car tout était si bien parti et qu’un début d’espoir, même infime, était, malgré tout, né… Et non parce qu’on s’en doutait bien. Ça aurait été le comble, quand même, après un tel désir de grossesse et de parentalité, que tout se passe comme rêvé ! Faut quand même pas exagérer. On peut pas ET vouloir un enfant ET en plus en avoir un ! Pfffffffffffffffffffff J’ai réussi à tenir bon toute la semaine sans pleurer, sans ressasser, sans penser systématiquement au pire. Bien sûr, j’y pensais quand même car je sais parfaitement (à force) interpréter les résultats de chacune de mes prises de sang et je savais bien qu’il y aurait une perfidie cachée là-dessous ! Mais juste avant d’aller à l’écho, j’ai craqué. Hier après-midi, à la maison, sur le canapé, avec mon homme, j’ai vidé toutes mes larmes. Il m’a écoutée pleurer. J’ai versé des litres et des litres de larmes, épuisé en 1h le stock de mouchoirs qui me sert habituellement plusieurs jours pour mon hyperhidrose (j’avais dit que j’en parlerai de mon HH, pas encore eu l’occasion… mais je le ferai). J’ai fait comme certaines me l’ont suggéré : j’ai tout lâché, tout. Tout devait sortir : la colère, la haine, la répulsion, la peur, l’incompréhension, les désillusions, les déceptions, la rancœur, l’injustice, la souffrance… Et j’en passe, tout… Jusqu’à me sentir totalement vide. Vide dans mon ventre, dans ma tête, dans mon cœur. Jusqu’à ne plus rien ressentir. Quel soulagement. Puis l’heure de l’échographie chez Gynéco3 est arrivée. L’attente fut interminable, insupportable, mais il fallait attendre pour voir. Elle nous a reçus à l’heure (et même en avance). Diagnostic à 6.5 SA :

utérus d’aspect gravide,

petit sac ovulatoire,

sans embryon et sans vésicule vitelline visibles

Conclusion : œuf clair.

Il y a bien eu rencontre de nos deux gamètes, puis fécondation et donc début de grossesse mais ça s’arrête là. Elles n’ont pas voulu continuer l’aventure, nos gamètes. Elles ont flippé leur mère (euh…) alors que y’avait pas de quoi franchement ! On se rassure comme on peut mais je me dis qu’il vaut mieux ça qu’un embryon/fœtus qui arrêterait sa croissance (oui ma bonne dame, faut toujours voir le « bon » côté des choses…). Donc pas d’activé cardiaque et c’est ce qui me « sauve » car rien ne m’aurait été plus insupportable que de revivre le cauchemar de l’an dernier (entendre les battements de cœur et voir des choses à l’écho pour ensuite ne plus rien voir/entendre quelques temps après). La suite des réjouissances:

  • je commence l’aide médicamenteuse ce jour (Cytotec et tout le le bazar, j’ai peur de souffrir…),
  • je revois Gynéco3 mi-décembre et donc pause de 2 mois…

Dans la foulée, j’ai appelé mon acupuncteur pour lui annoncer officiellement la mauvaise nouvelle et donc annuler notre rdv. Cette séance était censée aider l’embryon à bien accrocher pour devenir un beau fœtus bien costaud… Nous allons, malgré tout, relativement bien. Il le faut. Je suis encore fragile mais nous allons prendre des forces pour nous remettre au combat, mon homme et moi, tels des guerriers. Vous ne savez pas combien vos commentaires, mails, messages m’ont aidée et m’aident à avancer dans ce parcours. Alors, une fois encore, du fond du cœur, MERCI.

Arrêt de grossesse et irrégularité de la durée des cycles : un lien ?

J’ai toujours eu des règles ultra, méga régulières : un vrai robot programmé avec des cycles de 28 jours ! Ni plus, ni moins.

J’ai eu mes règles très tôt (quelques petits mois avant mes 11 ans, c’est dire !) et j’ai rarement eu des cycles de 27 ou 29 jours, très exceptionnellement même.

Or, depuis mon arrêt de grossesse il y a six mois, j’ai des cycles (très) courts : un cycle de 22 jours, un autre de 24 et tous les autres de 26 jours.

Alors, je me pose des questions :

– y a-t-il un lien avec cet arrêt de grossesse ?

– l’expulsion naturelle de mes embryons (un avortement spontané) n’aurait-elle pas chamboulé mon métabolisme avec des cycles de plus en plus courts ?

– je suis en insuffisance ovarienne (c’est déjà très difficile à accepter, je vis cela comme une injustice !) mais est-ce à dire que je suis aussi en (pré)ménopause ?

– quand retrouverais-je (ou retrouverais-je plutôt) un cycle normal de 28 jours ?

Evidemment, ces questions, je devrais pouvoir les poser à gygyamp… mais en attendant de la revoir (et surtout de changer, en juillet, de médecin), je les écris…

Arrêt de grossesse

Je ne sais pas par où commencer ni comment expliquer le drame qui m’est arrivé en décembre dernier, lorsqu’à 9 semaines d’aménorrhée, j’apprenais mon arrêt de grossesse. Quand j’en parle, j’ai toujours le sentiment de ne pas trouver les mots justes pour faire part de ce que j’ai vécu.

Alors je vais faire simple. Je suis tombée sur un mail que j’avais envoyé à l’époque à la famille, quelques jours après les expulsions, soit une petite semaine après l’annonce de mon arrêt de grossesse.

En voici le copier-coller. Il donne une idée de ce que j’ai pu ressentir, même si, je le répète, j’ai toujours l’impression que les mots ne sont pas assez forts de sens pour exprimer ce que j’ai ressenti et ressens encore aujourd’hui.

c’est le coeur arraché que je vous écris. je suis complètement vidée. nous avons vécu un cauchemar.

je suis désolée de « dire » tout cela par mail mais je ne me sens pas encore capable d’en parler tellement la douleur est vive. c’est important aussi pour nous que vous sachiez… pour mieux comprendre.

l’annonce de la terrible nouvelle jeudi dernier alors que je m’apprêtais à faire ma 3ème écho, m’a littéralement effondrée. comme je le disais à XX et à XX (mes beaux-parents), le seul moment où la possibilité d’une fausse-couche ou d’un arrêt de grossesse ne m’avait pas traversé l’esprit, c’était bien à ce moment-là. j’y allais avec tellement de hâte : hâte d’entendre à nouveau son petit coeur battre, mais cette fois, un peu plus rapidement, hâte de découvrir comme il avait grandi… mais il y a eu l’annonce de l’arrêt cardiaque de mon embryon, qui était censé être sur le point de devenir foetus… l’annonce aussi, à ce moment-même, de l’existence d’un 2ème embryon qui n’était pas visible jusque là (une autre fécondation plus tardive d’un autre oeuf, dans un sac différent, sans doute due à la stimulation ovarienne).

comment accepter de ne plus entendre de battements de coeur alors que 2 semaines auparavant, lors de la 2ème écho, je les avais entendus ? j’ai accepté, pas le choix.

alors que j’étais dans l’attente d’un curetage sous anesthésie générale (au moins, je ne verrai ni n’entendrai rien, me disais-je…), le pire est arrivé : dans la nuit de dimanche à lundi, j’ai expulsé mes 2 embryons. je n’ai jamais ressenti une douleur physique (je ne parle même pas de la douleur morale) aussi forte. sans calmant, ni rien, ils sont partis, en 2 fois, l’un après l’autre… ça a commencé à 00h30, puis à nouveau à 06h30. j’ai failli y passer : baisse de tension, nausées, tête qui tourne, baisse de l’audition… je suis passée par toutes les couleurs et cette douleur au bas ventre que je ne saurai décrire tellement elle fut insupportable.

XX (mon homme), à mes côtés, a assisté à ce cauchemar, m’a épaulée comme il le pouvait… complètement impuissant. il n’y avait pas grand chose à faire. il fallait que ça sorte. on aurait dû me prévenir de la douleur. j’en veux à l’équipe médicale de la maternité XX qui aurait dû anticiper sur la possibilité d’une éventuelle « expulsion » naturelle avant curetage programmé (le lendemain des expulsions, soit environ 2h après la dernière expulsion). jamais j’aurais cru ça possible. c’est comme si on m’avait planté le ventre à coups de couteaux.

le lundi matin, on retourne aux urgences gynécologiques pour le curetage et là, à l’écho de contrôle, on me dit que tout a été évacué et que j’avais fait le « travail » toute seule, qu’il n’y a donc plus besoin de curetage, ni de nettoyage.

je me dis que, sans doute, il fallait que je les sente partir… le pire pour moi c’est d’avoir tout vu.

hier, je me suis occupée des démarches (annulation de l’inscription à la maternité, annulation des différents rdv : écho à la mater + rdv avec la sage-femme…). c’est aussi compliqué d’annuler tous ces rdv que de les obtenir. il faut être patient en ligne…

je suis vidée. j’avais, encore hier, l’impression que jamais je ne me remettrai de cette épreuve… mais là, je me dis que c’est possible, qu’il le faudra. je me connais, je suis forte et je n’ai pas le choix que de tourner la page.

XX (mon homme) est là pour me réconforter. je compte énormément sur lui. j’ai beaucoup de chance de l’avoir à mes côtés. j’ai aussi la chance d’être très bien entourée. je sais que je peux compter sur ma famille et mes amis. ma mère, particulièrement, ne m’a pas quittée depuis ce drame.

j’ai refusé l’arrêt de travail qui m’a été proposé. je refuse de m’écrouler car malgré tout, j’ai vécu les 2 plus beaux mois de ma vie lorsque j’étais enceinte. mon ventre s’était même arrondi, déjà !

nous sommes encore pleins d’espoir même si nous comptons bien faire une pause dans ce parcours…

merci à tous pour vos messages, mails, appels. merci aussi de vous être déplacés et d’être venus jusqu’à nous. nous avons besoin de vous pour avancer.

je vous embrasse.