Une campagne sur le don d’ovocytes à partir du 18 novembre

don de gamètes

Voici un article fort intéressant dans Libération de ce jour (ça se passe ci-dessus ou alors ici) sur le don de gamètes.

Quelques chiffres concernant plus particulièrement le DO en France (voir dernière colonne de l’article) :

  • 402 donneuses en France en 2011,
  • augmentation du recrutement de 13 %,
  • 356 donneuses recrutées en 2011,
  • 208 enfants nés de ces dons, toujours en 2011.

La France a énormément de retard et de progrès à faire à ce niveau-là…

Puisse cette campagne faire que le nombre de donneurs de gamètes augmente… significativement…

Bilan à 3 ans d’essai

L’heure du bilan a sonné. En vrac et sans réfléchir :

– quatre ans d’amour -on s’est rencontré tard, c’est vraiment pas d’chance !- ;

– trois ans d'(de VRAIS) essais dont un an et demi en PMA ;

– cinq stimulations ovariennes au compteur, dont quatre IAC (inséminations qui ont donné deux débuts de grossesse et ont définitivement mis fin à mon état initial de nulligeste) ;

– deux grossesses non évolutives :

  1. premier +++ suite à IAC2 : une grossesse gémellaire arrêtée à 7.5 SA (hiver 2011),
  2. deuxième +++ suite à IAC4 : un début de grossesse qui s’est avéré être un œuf clair découvert et expulsé à 6.5 SA (j’en sors) ;

– cinq protocoles de stimulation au Gonal F 150 ui (environ 10 injections à chaque fois, bonjour les hormones), injections d’Orgalutran et/ou de Cetrotide et d’Ovitrelle à chaque fois ;

– des tas de prises de sang et échographies réalisées, des examens gynécologiques divers et variés effectués, une opération chirurgicale (retrait polype utérin), des médicaments / vitamines de toutes sortes (voie orale… ou pas…) avalés ;

– des litres et des litres de larmes versées, des heures et des heures d’attente perdues, des centaines de coups de fils passés pour obtenir des rendez-vous/les instructions, des réveils aux aurores pour la prise de sang + l’échographie du matin avant d’attaquer la journée de boulot (heureusement que je vis et bosse sur Paris !) ;

– quatre médecins vus : Gygy + Gygyamp + Gynéco3 + Number 4 (ce dernier est le seul à nous proposer une FIV vu mon IO !) ;

– une quinzaine de grossesses/naissances dans notre entourage en même pas un an (la stérilité est loin de toucher tout le monde et heureusement !) ;

– une inscription au CECOS => nous sommes candidats à un don d’ovocytes mais sans donneuse, l’attente est de presque quatre ans ;

– une réserve ovarienne qui s’affaisse… inexorablement ;

– cinq mois de blog, soixantième billet et de très très belles rencontres…

Une FIV ? Qui l’eût cru ? Pas Lulu, en tout cas !

L’IAC 4 bis bis a bien eu lieu lundi 10, comme c’était prévu. Recueil à 14h, IAC à 17. Tout s’est très bien passé. Gynéco 3 semblait satisfaite de ma réponse ovarienne : 2 follicules de bonne taille (je pense qu’il ont dû atteindre les 20 mm puisqu’à J9, j’en avais un à 17 et un autre à 14). Comme il n’y a eu qu’un seul contrôle (à J9), je ne sais pas comment ce petit monde a évolué de J10 à J13, jour de l’IAC, mais je fais confiance à Gynéco3. Oui, bon, je sais, 2 follicules, c’est pas non plus la fête du string, mais n’oubliez pas que je suis en insuffisance ovarienne et que 2, pour moi, c’est pas si mal et puis apparemment, pour une IAC, pas besoin de plus. Pourvu qu’ils soient de bonne qualité. Mais ça, on peut pas savoir…

3 ans d’essais et tellement de déception que je m’interdis de projeter quoi que ce soit. Je reste lucide, nos chances sont minimes. Alors pourquoi faire tout cela ? Parce que je ne veux rien regretter s’il s’avérait que, ce que je redoute terriblement, m’arrive un jour…

Et là… transition… Je vous préviens… Ça va pas tarder à envoyer du bois ! Mais avant, un tout petit rappel en trois points :

  • Gygy, ma gynécologue de famille, pourtant spécialisée « stérilité… » nous oriente, après un certains nombre d’examens chez gygyamp.
  • Là, c’est welcome PMA avec gygyamp et tout le stress lié à la complexité du parcours. Je me heurte à des tas de difficultés que j’ai exprimées, entre autre, ici par exemple… et décide, avec mon homme de quitter cette gygyamp (cabinet privé où c’est l’usine, pas de suivi, consultations de 3 minutes à 90 €, cette secrétaire que je n’ai jamais supportée tellement elle était horripilante, désagréable… qui rappelle jamais alors même qu’elle te dit qu’elle le fera…). Bref… Je passe car rien que d’y penser, j’en deviens malade (et pour info, toujours pas de nouvelle de leur côté !).
  • Puis enfin, une très belle rencontre avec Gynéco3 qui a repris le dossier. La magie a opéré, illico. Elle est à l’écoute, je l’ai en ligne en cas de besoin, elle répond aux questions. Bref, un médecin comme on en a besoin en PMA !

Pour nous, donc, pas de FIV possible vu mon IO. Ok, c’est dur à accepter, mais il le faut. Avant de passer définitivement à autre chose, j’ai voulu avoir un 4ème et dernier avis et ai sollicité un rdv avec le « Number 4 » de PMGirl. Et ce billet, je te le dédie. Encore mille mercis à toi, jolie future maman, d’avoir mis sur mon chemin celui qui t’a ouvert la porte du bonheur… Avec ta permission, PMGirl, je conserve ce nom car il est aussi, du coup, mon 4ème médecin ! C’est fou comme le hasard fait bien les choses ! Donc nous nous sommes vus le lendemain de mon IAC « pour un ultime avis avant de pouvoir définitivement passer à autre chose« . Mon homme, pour des raisons professionnelles (nouveau boulot, une demi-journée prise déjà pour l’IAC de la veille…), n’a pas pu être présent.

Number 4 est un très bel homme un peu froid au premier abord. Il a bien examiné le dossier, posé les questions, lu attentivement le document que j’avais scrupuleusement préparé pour lui (comme pour Gynéco3 d’ailleurs) résumant notre parcours avec les dates clés et les examens correspondants. Il a bien vu que j’étais très soucieuse de notre avenir et que mon envie d’avoir un énième éclairage était vraiment justifiée. Tout est allé très vite. Il sait que j’ai été suivie par gygyamp et que Gynéco3 a repris le flambeau, toujours pour des IAC. Je vous passe tous les détails de la consultation qui a duré une grosse demi-heure mais voici un condensé de ce qu’il a dit (quand je vous dis qu’il y a du lourd…) :

« Le spermogramme de votre homme est bon (bon, ça, je le savais mais ouff quand même), vous êtes encore jeune (euh… 36 ans, quand même, mais quel bonheur d’entendre ça !!!), je ne vois aucune contre-indication à la FIV. D’ailleurs, je ne comprends pas pourquoi on ne vous l’a pas proposée avant. Le temps presse, il aurait peut-être fallu le faire avant alors si vous le souhaitez, on peut commencer -le plus rapidement possible car chaque cycle est compté-, quand vous vous sentirez prête. Mais n’attendez pas trop. Nous pouvons faire une FIV classique ou alors une ponction sur cycle naturel, sans stimulation (enfin, ça, j’y crois pas du tout, mes follicules ne poussent pas sans stimulation). Cette FIV, à 40 ans, avec des résultats comme les vôtres, je ne vous l’aurais pas proposée, mais là, à 36, il faut essayer ! Cela fait 3 ans que vous désirez un enfant, ce serait dommage de ne pas tenter et il serait prématuré d’envisager un don d’ovules (d’ailleurs, je n’ai même pas pensé à lui parler de notre démarche DO/CECOS tellement je ne me remettais pas de ce que je venais d’entendre). Dans votre cas, on ne pourra pas aller jusqu’au TEC, mais pour la FIV classique, il suffit d’un ovule de qualité « .

Oui, vous avez bien lu. Évidemment, je n’ai pas pu retenir mes larmes (de joie) ! Ça ne veut pas dire qu’on ira jusqu’à la ponction mais on va essayer. Ça ne veut pas dire qu’on obtiendra un embryon mais on va essayer ! Seule l’expérience nous le dira.

Quand je pense que lorsque j’avais appris (ça date maintenant) mon infertilité, je me disais que la FIV était la pire chose qui pouvait nous arriver… Et bien là, je me réjouis de tout mon cœur qu’on nous donne cette ultime chance d’y arriver avec nos propres gamètes !

Quand je pense aussi que deux spécialistes en PMA nous ont dit que nos chances en FIV n’étaient pas plus élevées qu’en IAC, je ne sais plus quoi penser… Enfin, si : nous allons essayer, tenter cette FIV. Et ce, même si mon homme n’y croît pas. Je suis à FOND ! Vous aviez raison, les filles. J’ai peut-être une réserve affaissée, mais comment savoir sans essayer ? C’est l’expérience qui dit les choses et l’expérience nous dira. Je n’ai rien à perdre (à part mon énergie, mon temps, mon argent, le peu de réserve ovarienne qu’il me reste…) et peut-être un miracle à gagner.

Il m’a déjà tout prescrit, expliqué le déroulement de la FIV, dit la possibilité d’une anesthésie générale ou locale (dans mon cas, vu que j’ai très très peu de follicules, elle pourrait être locale -à voir-, glourpsss, si vous avez des avis là-dessus, je suis preneuse !!!). Je pourrais également le joindre en cas de souci (yes !!!). Je suis sortie de là avec toutes mes ordonnances, une brochure, le cœur léger, la tête pleine (mais l’esprit clair, nuance !) et le sourire aux lèvres…

Bilan des courses :

  1. on ne change rien, on reste rationnels et objectifs donc on est plus que jamais candidats à un don d’ovocytes (1er rdv CECOS tout bientôt !),
  2. on refait une IAC avec Gynéco3 (elle ne pense pas qu’une FIV donnerait plus de chances qu’une IAC),
  3. fin octobre/début novembre : on commencerait l’aventure FIV avec Number 4.

J’ai bien fait de tenter le tout pour le tout. J’avais même failli annuler ce rdv avec Number 4. Mais désormais, je dirais « jamais 3 sans 4 » !

Problème : comment dire à Gynéco3 avec qui je suis/nous sommes en totale confiance et qui a rédigé notre courrier pour le CECOS que nous allons faire une FIV avec un confrère ?

Peut-on être suivis par deux médecins (un pour les IAC, l’autre pour les FIV) ?

Du neuf : en route vers « IAC 4 bis bis » avec « Gynéco3 » !

Avec la PMA, on n’est jamais à l’abri de bonnes comme de mauvaises surprises. Rien n’est jamais acquis, rien n’est figé. Tout bouge. Rien n’est su d’avance. La PMA peut rendre n’importe quelle nana « stable », « posée », « patiente », « zen », « optimiste »… complètement chèvre !

Vous auriez vu nos têtes au moment de la consultation du résultat de ma prise de ma prise de sang ! Taux à 1 comme je l’annonçais. La loose donc, la vraie loose. Pas même 5 ou 10, non, 1. Et pas même une once de début d’accroche. Rien, nada. Je suis définitivement stérile. Je le sais désormais, je le sens… et je l’accepte.

Avec la tristesse des résultats de cette prise de sang et mon corps qui m’a, pour la première fois de ma vie, complètement trahie (retard de 9 jours, nausées, douleurs aux seins, boutons, dents sensibles… bref, tous les symptômes de ma 1ère -et sans doute dernière- grossesse « avortée »), je ne savais que penser. Ma 4ème stimulation ovarienne, soit la première sans insémination (mois d’août oblige), s’est, elle aussi, soldée par un échec.

Pourquoi un tel retard (moi qui suis réglée comme une pendule habituellement) ? Depuis mon arrêt de grossesse, la durée de mes cycles a, certes, diminué (passage de 28 à 26 jours), mais jamais je n’avais eu autant de retard…

En bonne PMette, lorsque nous avions vu notre Gynéco3 (ça y est, je lui ai trouvé son nom !) pour un dernier avis en juillet, j’avais eu la bonne idée de prendre un rendez-vous à l’avance pour le 30/08 (donc hier) histoire de bien débuter la reprise et pour anticiper un éventuel souci. Ben j’ai bien fait ! Vous remarquerez mon grand sens de l’anticipation des poisses !

Figurez-vous que ce rendez-vous-ci s’est aussi très bien passé. A peine arrivée dans son cabinet, j’ai compris que DEFINITIVEMENT, c’en était fini avec gygyamp.

Pour des tas de raisons. Je n’ai d’ailleurs toujours pas de nouvelle d’elle sachant qu’elle a eu mon résultat de BHCG ainsi que les résultats de la prise de sang et de l’échographie à J3 de fin juillet (oui, fin juillet !) qui lui avaient été faxés par le labo et le centre d’imagerie. Silence radio encore et toujours, c’est dingue ! Je me demande même si en m’étant obstinée à ce point à me demander si je faisais bien de changer de gynéco, je n’étais pas (un peu) dans une spirale masochiste… En effet, jusqu’à hier matin encore, je me demandais si changer de gynéco était une bonne chose. Et bien là, enfin, je me sens en totale confiance avec un professionnel de la PMA. Mes doutes se sont envolés. Avec gygyamp, c’était toujours le coup de flippe avant de passer un coup de fil, toujours la crainte de tomber sur cette secrétaire si mal-aimable (je suis très polie, là !) qui, à chaque fois que tu poses une question, te fais sentir que t’es qu’une demeurée (là aussi, je suis trèèèèèèèèèès polie !).

Je ne dis pas que l’espoir est revenu. Gynéco3 ne fera pas de miracle, faut pas se leurrer et j’ai une chance infinitésimale d’être enceinte avec ces follicules/ovocytes de m… Elle me l’a dit. Je l’accepte. Je ne suis pas au pays des Bisounours, mais je veux une vraie relation de confiance, de sérénité (autant que possible dans le cadre d’un parcours aussi compliqué que la PMA). On a à nouveau parlé don d’ovocytes. Plus de doute. C’est elle qui rédigera notre courrier pour le CECOS.

Peu importe les détails de la consultation. Tout ce que je peux dire, c’est qu’elle m’a, cette fois encore, gardée une bonne demi-heure (et reçue à l’heure !!!), a répondu à toutes mes questions. Pour rappel, avec gygyamp, c’était 3 minutes top chrono (et 10 pendant les inséminations !) avec toujours ce sentiment de frustration. Je crois qu’il n’y a rien de pire que de sortir d’une consultation encore plus éprouvée qu’on ne l’était avant même d’y entrer… Je pense que là, j’aurais enfin un interlocuteur pour l’interprétation de mes résultats (prises de sang, échographies…).

Voici notre protocole (au vu de l’échographie, mon corps est prêt) :

1/ On se détend. Les IAC ont très peu de chances de marcher, certes. Mais si, par miracle, ça marchait ?

2/ Ce soir (suis à J3) : Gonal F 150 de J3 à J8. C’est mon homme qui me fait les injections et il est le Dieu de la piquouse, mon infirmier à domicile à moi 😉

3/ Mon homme doit refaire tout un tas d’analyses / sérologies : spermogramme, spermoculture…

4/ A J9 : prise de sang pour dosages hormonaux + échographie endovaginale pour monitorage de l’ovulation (j’ai pris rdv pour jeudi 6 !). Selon les résultats, on continue -ou pas- le Gonal.

5/ Ensuite, selon les instructions du cabinet, à partir de J9, direction l’infirmière pendant (peut-être) 5 soirs pour les injections de Cetrotide et de Luveris (jamais utilisé ce dernier, apparemment, ce serait pour améliorer mon taux de LH extrêmement mauvais !?!). Sinon, pour le blocage, mon homme me faisait les injections d’Orgalutran… Tant pis, ça sera une infirmière. J’espère que le Cetrotide ne va pas me fiche en l’air la qualité de mes infimes follicules.

6/ Ovitrelle.

7/ IAC 4 bis bis (enfin !!!).

Voilà, je commence donc ce soir ma 5ème stimulation ovarienne en vue de mon IAC 4 bis bis.

Je sais qu’on sera parents un jour. Sûrement grâce à la FIV-DO d’ailleurs.

Le gâteau sans la cerise, c’est délicieux aussi !

Notre réflexion avance… Chaque jour un peu plus, tout doucement, sans même que nous nous en rendions compte finalement ou que nous y songions et cherchions à trouver des solutions ou une issue. L’avenir, nous le voyons enfin lumineux. Nous avons pris conscience que nous avions de fortes chances de devenir parents si nous faisons appel au don d’ovocytes. Ça n’est pas un pis-aller, du tout. C’est intégré, réfléchi, assumé.

Les inséminations ne donnant rien et ma qualité ovarienne étant ce qu’elle est, continuer absolument à espérer un enfant biologique n’a pas de sens, n’est pas raisonnable. Nous avons décidé d’aller au-delà et avancer dans notre parcours. Ce parcours est à la base très compliqué, douloureux et sinueux, alors à nous de le rendre un peu plus doux, moins traumatisant et tortueux. Nous sommes réalistes mais nous gardons tout de même les portes ouvertes et continuerons les inséminations (j’espère en octobre -si l’état de mes follicules permettent de commencer la stimulation ovarienne-).

Quant aux FIV -la ménopause guette-, mes ovocytes étant si paresseux qu’aucune ponction ovocytaire (encore faudrait-il que j’en développe suffisamment !), ne peut être envisagée. Ceci dit, pour la parenthèse, j’ai quand même envie de demander un 4ème et dernier avis, histoire de ne jamais rien regretter… mais ça, c’est une autre affaire, j’en parlerais sûrement plus tard.

Pour le reste, l’adoption, aujourd’hui (je dis bien aujourd’hui car en PMA, on avance, on recule, on change d’avis, on doute, on rechange d’avis…), pour nous, il en est hors de question. J’ai toujours été admirative de ceux qui ont réussi à passer ce cap. Moi, j’ai besoin de vivre une grossesse, de porter mon enfant, de le sentir bouger en moi, de savoir qu’il s’alimente par mon intermédiaire. J’ai envie d’avoir des nausées, d’être fatiguée, de me plaindre parce que je ne pourrai plus marcher… Et comme j’ai déjà eu un avant-goût de ce qu’est la grossesse, je pense qu’être maman en passant par le don d’ovule est pour nous la meilleure des solutions. Et ça y est, j’ai rejoint mon homme. Nous avons désormais le même avis sur le DO.

Quand je pense qu’il y encore quelques mois, je tenais encore des discours du type : « il n’aura pas mes gènes« , « il ne me ressemblera pas« , « il n’héritera rien de moi« . Je réalise combien c’est faux, combien j’ai avancé, mûri. Ce ne sont pas les gènes qui font un être, c’est tout le reste, l’environnement dans lequel il évolue. Avec un papa comme mon homme et une maman comme moi, il sera déjà chanceux dans la vie. Je suis fière de moi. Oui, ça fait prétentieux tout ça, mais j’m’en tape ! Je ne tairai rien, je dirai à notre enfant, dès qu’il sera en âge de comprendre, combien nous l’avons attendu, désiré (sans lui faire porter le poids de ce bébé miracle si chéri et parfois même fantasmé… j’y travaille aussi). Je lui dirai qu’il est arrivé illuminer nos vies grâce à une fée…

Alors voilà, comme nous avons droit à 10 stimulations ovariennes au cours d’une vie et comme j’en suis à 3, il nous reste encore à tenter 3 autres inséminations et 4 FIV-DO.

Tout ceci va être long, très long. Notre rdv au CECOS est prévu pour fin septembre. Et puis, merd* borde* de merd*, on n’est jamais à l’abri d’une grossesse naturelle. Et là, ça serait la cerise sur le gâteau !

Le don d’ovocyte et les balbutiements d’une réflexion

Ça y est, une énième étape vient d’être franchie dans notre parcours PMA.

Hier, j’ai pris rendez-vous dans l’un des 3 CECOS parisiens. Ce rendez-vous, c’est une façon de nous préparer à la suite, une mise en lumière d’abord, puis une possibilité de pouvoir toucher du doigt notre rêve de devenir parents.

Nous savons que les délais sont extrêmement longs en France (plusieurs années sans donneuse) et c’est la raison pour laquelle nous commençons à nous renseigner dès aujourd’hui. Notre projet aura, je l’espère, mûri d’ici-là.

A ce jour, je n’ai pas encore dit mon dernier mot ni tiré un trait définitif sur une progéniture qui serait issue de nos gamètes à tous les deux. Mais s’il devait en être autrement, je ne veux pas regretter de n’avoir rien fait, à temps (fichus délais, inexorable temps qui passe, fâcheuses échéances, satanée horloge biologique !).

Peut-être même, passerons-nous par le DO à l’étranger. Je ne sais pas du tout. Je n’y connais rien. Je sais juste que c’est plus rapide… et plus cher. Des milliards de questions envahissent mon esprit. Pourquoi choisir tel CECOS et pas un autre ? Pourquoi tel pays plutôt qu’un autre pour un don à l’étranger ? Quels sont les différentes étapes, les contraintes de timing ? Et puis je n’ai pas envie d’être redevable à vie envers la donneuse que nous trouverions éventuellement si tout se fait ici… Quels sont précisément les critères de choix ? Des tas de questions. D’autres encore, liées à la génétique…

Je réalise aujourd’hui toutes les étapes franchies, tout ce par quoi nous sommes passés, ce que nous avons surmonté, les montagnes russes que nous avons escaladées, les gamelles, les râteaux et les claques que nous nous sommes pris, les renoncements subis puis acceptés.

Je peux dire que je suis fière de nous. Notre couple a tenu bon et tiendra encore bon. Nous n’allons pas nous laisser abattre. Nous nous aimons suffisamment et mesurons la chance que nous avons d’être ensemble et c’est déjà « pas si mal », comme nous l’a dit, avant-hier, notre 3ème gynéco stérilité. Les épreuves de la vie rendent plus fort. Mon homme, tout à l’heure, m’a rappelé que nous avions aussi notre couple pour nous. Il a raison.

Décidément, en PMA, on n’est jamais au bout de ses « surprises ». Je n’aurais jamais pensé pouvoir écrire sur le fait qu’éventuellement j’envisagerais de passer par le don d’ovule…

Que je l’accepterais ? Je ne l’aurais pas cru non plus. D’ailleurs, je ne sais pas si je suis dans l’acceptation.

Un gros travail de réflexion nous attend…

Je sors la tête de l’eau…

Ces 5 derniers jours furent cauchemardesques et je commence tout juste à sortir la tête de l’eau. Je vais essayer de passer tous les détails et aller droit au but. « Cauchemardesques » car je fais des cauchemars et me réveille en pleine nuit en sursaut, en sueur (je vous parlerai bientôt de mon hyperhidrose).

Le pire de mes cauchemars : mon homme va voir ailleurs car avec moi, il risque de ne jamais devenir père. Même si chaque jour qui passe, je suis rassurée sur ce point-là, puisqu’il est d’un amour, d’une constance et d’une patience sans pareils, c’est plus fort que moi. C’est mon inconscient qui parle et je n’ai encore rien trouvé de mieux que de l’écrire.

Ensuite, j’en avais déjà parlé dans mon billet précédent, ça ne s’est pas arrangé puisque j’ai été (et le suis d’ailleurs encore), malade depuis la semaine dernière. J’ai vu mon médecin-traitant jeudi mais comme mon état empirait, mon homme m’a accompagnée samedi pour mon rdv avec un autre médecin. Je n’étais pas en mesure de parler, il a donc servi d’interprète. Je suis sous Solupred (un corticoïde) depuis lundi car complètement aphone depuis plusieurs jours. La voix revient un tout petit peu, mais vraiment tout doucement. Depuis 3 nuits, ni mon homme, ni moi ne dormons correctement tellement je tousse continuellement. J’en ai des douleurs au front et aux abdominaux (je pensais ne pas en avoir, mais là, je les sens !).

Selon ma sœur (je t’embrasse et te serre dans mes bras, sista’, si tu passes par là) : « le fait de ne pas pouvoir tomber enceinte facilement et naturellement… te reste en travers de la gorge jusqu’à te laisser sans voix.«  Oui, mon corps parle pour moi. Et mon corps est aujourd’hui plus que fatigué. Il est las de tous ces examens, de toutes ces questions qui sont restées sans réponse, de ce qu’il vit comme de l’injustice. Puis en ce qui me concerne, le temps des vacances est le temps idéal pour que mon corps « lâche » (je n’ai accepté aucun arrêt de travail, ni même suite à mon arrêt de grossesse). Et cette boule au creux de la gorge, comme nouée, et dont j’ai déjà maintes fois parlé, m’a rendue aphone.

Cette semaine du 2 juillet a aussi été une semaine très tendue pour d’autres raisons :

1/ Parce que les naissances pleuvent autour de moi et que les visites de courtoisie sont de rigueur… Hier, j’ai appris au hasard d’un sms qu’une amie est « presque enceinte » (« Je peux rendre plus de 4 fois par jour… peut-être bon signe, me diras-tu 😉 »). Je lui souhaite d’être enceinte… mais je ME le souhaite aussi !!! Les grossesses (si rapides !) des autres me renvoient inexorablement à mon infertilité et à nos difficultés.

2/ Parce que mon geek d’homme avait le c.. entre deux chaises à attendre une réponse pour une éventuelle opportunité d’emploi. Ça ne pouvait pas tomber mieux !!! C’est incroyable. Il avait envie de changer depuis un petit moment, était donc en veille et est tombé sur une annonce qui correspond parfaitement à son profil. Après plusieurs entretiens avec différentes personnes de sa future boîte, il a obtenu une promesse d’embauche et a donc « claqué sa dém' », comme il dit. Tout ceci a été assez compliqué à gérer, sachant qu’il a dû négocier par rapport aux 3 mois de préavis… L’attente, l’incertitude nous ont causé pas mal de stress… Bref, c’est fait et c’est une bonne chose de faite, quel soulagement (au moins un truc positif !).

3/ Nous avons même dû annuler au dernier moment (je pensais que ça s’arrangerait moi !) notre week-end en Normandie pour les 40 ans de mon meilleur ami alors que tout était réservé (véhicule, chambre d’hôte)… faute de voix !

Hier : rdv chez mon acupuncteur (je le vois toujours en début de cycle, avant J8). Toujours aussi optimiste, il m’a « boosté tout ça ». Je suis restée presque une heure dans son cabinet à tousser comme une perdue ! Nous avons parlé (enfin lui, surtout) de ce corps et de cette voix qui lâche. Ce n’est pas un hasard si je suis en petite forme : « le corps a sa mémoire« , m’a-t-il dit. A l’heure actuelle, j’étais censée tenir dans mes bras mes jumeaux…

Ce matin : nous avons vu notre nouvelle gynéco. Elle exerce sur Paris, en cabinet privé et est rattachée à la même clinique que gygyamp… Elles se connaissent donc.

Un signe, je ne sais pas, mais à peine arrivés devant le cabinet, avec un peu d’avance, nous croisons sur le même trottoir, mais un peu plus loin, une grosse femme, une femme enceinte.

Cette nouvelle gynéco, nous l’avons trouvée sympathique et humaine. Mon homme pense qu’elle est débordée et qu’il ne faudra pas s’attendre à ce qu’elle nous appelle personnellement pour nous dire ce qu’il en est de tel ou tel examen ou à ce qu’on puisse appeler en cas de souci (genre une prise de sang et une échographie qui tomberaient un samedi et une interprétation nécessaire le jour-même), mais qu’il y a du bon à changer puisque de toute façon, avec gygyamp ça ne va pas.

J’avais photocopié notre dossier AMP (un GROS dossier) qu’elle n’a pas beaucoup regardé d’ailleurs et, en salle d’attente, j’ai profité de ce temps d’attente, justement, pour écrire une page rappelant les examens clés avec les différentes dates (histoire qu’elle ait une vue d’ensemble sur ce qu’on a fait jusqu’ici) :

Il n’y a pas eu de miracle. Les miracles, nous n’y croyons plus. Elle nous a posé quelques questions (date de mes 1ères règles, si je fumais, antécédents familiaux, interventions chirurgicales subies…), questions qui ont très vite été écourtées quand elle a lu : « AMH à 0.7 et FSH à presque 22 ». Elle a fait les gros yeux.

Résultats des courses (j’ai pu poser mes questions) :

– oui, le fait d’avoir fumé 15 ans peut être un facteur aggravant de la fonction ovarienne,

– oui, mon bilan hormonal est catastrophique,

– non, une FIV ne donnerait pas de résultat probant, dans notre cas,

– oui, les follicules supérieurs à 10 mm à J2 sont la conséquence d’une diminution de la fonction ovarienne ;

– oui, mon IOP peut se transformer en ménopause (nous jouons nos dernières cartes),

– les taux peuvent varier d’un cycle à l’autre et l’AMH remonter, la FSH baisser (mais bon, dans mon cas, même une grosse hausse/baisse n’arrangerait rien, vu que je pars déjà de très très loin !),

– on peut continuer les IAC puisque finalement, au total, nous n’en avons faites que 3.

Il faut faire vite tout en étant obligés d’accepter les contraintes de temps, les pauses imposées… Tout cela, elle semblait le comprendre parfaitement.

Elle nous a confirmé spontanément ceci (sans qu’on ai eu à l’évoquer ou à lui poser la question) : dans notre cas, pas de FIV possible puisque j’ai trop peu de follicules à J2. Les FIV ne donnent rien avec si peu de follicules. Il en faudrait au moins… je ne me souviens plus trop, je crois qu’elle a parlé de 6 ou 7 à J2.

Elle nous conseille de commencer à réfléchir (en parallèle aux IAC que nous ferons sans doute avec elle en septembre) au don d’ovocytes.

Sans être alarmiste, elle pense qu’il y a urgence, il faut agir vite car « les portes peuvent se fermer à tout moment » et qu’en même temps, il y a ce paradoxe du temps qui passe mais aussi de l’attente que nécessitent tous ces examens.

Prochaines étapes, en vrac, nous concernant :

– prendre du Provames de J18 à J2 du cycle suivant (je suis à J8, là) puis commencer le Gonal F à 150 ui à J2 (toujours du cycle suivant donc) jusqu’à J8 inclus, sans contrôle de l’évolution des follicules. On ferait ça tout seul dans notre coin avec des rapports réguliers… et on verrait ce que la nature dit => tout ça, sur 2 cycles. Elle pense qu’avec le Provames, il y a peu de chances que je développe des follicules supérieurs à 10 mm à J2 (on fera de toute façon une écho de contrôle à J2 comme l’avait suggérée gygyamp et si pas de follicules supérieurs à 10 mm, on commencerait le Gonal F) ;

– prendre déjà un premier rdv au CECOS (je ne connais pas les délais, à mon avis, on n’aura rien avant octobre) ;

– réfléchir sérieusement au don d’ovocytes et trouver une donneuse : tout n’est pas si facile. Il ne suffit pas de vouloir un enfant pour que ça marche. Je ne veux pas non plus que le DO devienne une roue de secours ou un « moindre mal ». Je veux que nous soyons tous les deux (surtout moi !) intimement et profondément convaincus que c’est ce qu’il nous faut. Je ne veux pas souffrir d’un « oh, c’est fou c’qu’il/elle ressemble à son père ! » ou « c’est le portrait craché de son père ! ». J’espère qu’il/elle lui ressemblera car mon homme est beau et je serai si fière de voir de mon homme dans notre petit bout… Mais je veux, au préalable me débarrasser de toutes ces mauvaises pensées, craintes, m’enlever ces doutes de ma tête. De toute façon, le DO, c’est environ 3 ans d’attente. Ça nous laissera le temps de la réflexion.

– la revoir fin août pour les IAC et autres… Elle n’est pas contre la DHEA. A voir.

Voilà, finalement, rien de bien neuf. Nous lui avons expliqué pourquoi nous souhaitions changer : pour avoir un deuxième avis (qui est finalement pas différent de gygyamp) mais aussi parce que nous estimions que nous étions mal suivis malgré les compétences de gygyamp. De ce côté là, même si cette nouvelle gynéco est fort sympathique, je doute qu’elle soit plus disponible. En effet, aucun rdv possible avant fin septembre, seule date disponible fin août. Nous allons sans doute écourter nos vacances, mais bon, on verra le moment venu.

Elle a aussi terminé en nous disant de regarder ce qu’il y a de positif : « vous êtes ensemble, vous vous aimez et c’est déjà beaucoup« . Ce qui n’est pas faux, mais…

Voilà, voici venu encore le temps de l’attente et de la réflexion. Je vais me reposer un peu.

Merci à toutes pour vos messages. Vous ne réalisez pas combien j’ai besoin de vos retours. Merci.

Ah, et j’oubliais l’essentiel : aujourd’hui, c’est nos 3 ans et demi de vie commune…