Levée de l’anonymat des donneurs de sperme, endométriose et PMA au Canada

Il s’en passe des choses ces derniers temps dans l’actualité liée à l’AMP.

Je vous propose 3 articles liés à cette actualité :

  1. Pourquoi faudrait-il lever l’anonymat des donneurs de sperme ? Article du 3 mars 2015 paru dans lalibre.be. Ca se passe ici
  2. Endométriose : Julia, mère après 7 ans de galère. Article de lexpress.fr du 6 mars 2015. Ca se passe ici.
  3. Leur rêve d’avoir un autre enfant compromis. Article du journaldemontreal.com de ce jour. Ca se passe ici.

 Bonne lecture !

 

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PMA : dis-moi comment je suis né

En France, 23000 enfants naissent tous les ans grâce à la PMA.

L’émission des Maternelles d’hier traitait de l’AMP.

3 parcours et donc 3 témoignages où il est question :

  1. de FIV intra-conjugales,
  2. de FIV avec DO,
  3. d’IAD.

2 invitées :

  1. Le Dr Catherine Dolto (pédiatre et haptothérapeute),
  2. Myriam Szejer (pédopsychiatre et psychanalyste).

Les points évoqués :

  • l’histoire de l’infertilité dans l’histoire familiale et le tabou qu’elle représente encore,
  • le deuil de l’enfant « génétique » dans le cas d’une FIV-DO (et non du deuil de l’enfant « biologique !!! Je ne suis pas d’accord sur ce point-là…),
  • l’épigénétique, c’est-à-dire de l’influence du milieu sur l’expression des gènes,
  • la levée du secret,
  • la levée de l’anonymat,
  • les craintes et angoisses liées à l’inconnu,
  • quoi dire, que dire, quand dire et comment dire à l’enfant qu’il est issu d’un don de cellules.

Ma fille n’a pas arrêté de gigoter pendant l’écoute de l’émission… Et mes larmes ont coulé à la phrase (que je vous laisse découvrir) du futur papa.

Ca commence à 23 min et 38 secondes, ça dure 40 minutes

et ça se passe ici.

Je vous invite également à lire le billet de Miss Smile ici.

Toujours sur la campagne de mobilisation pour le don de gamètes

Je reviens sur l’Agence de biomédecine et sa campagne internet auprès du grand public pour encourager les dons de gamètes, bien insuffisants en France pour répondre à la demande.

Avec le slogan « les plus beaux des cadeaux ne sont pas forcément les plus gros« , des encarts sont diffusés sur des sites internet et dans la presse.

Les dons d’ovocytes (anonymes et gratuits) sont possibles en France pour les femmes de 18 à 37 ans (à condition d’être en bonne santé et d’avoir déjà eu un enfant) et les dons de sperme pour les hommes de 18 à 45 ans.

Pour en savoir plus :

 

Et si vous deveniez « donneur de bonheur » ?

L’Agence de la biomédecine lance une campagne nationale pour encourager les dons, afin de satisfaire les besoins de tous les couples infertiles devant recourir à une Assistance Médicale à la Procréation avec don de gamètes.

Plus de 2000 couples en France sont en attente d’un don d’ovules => 400 dons (merci à elles !!!) seulement alors qu’il en faudrait au moins 900, soit plus du double.

Pour visualiser la vidéo (durée : 3 minutes et 22 secondes) sur Allodocteurs, France5, ça se passe ici.

Regard sur l’infertilité : Geneviève Delaisi de Parseval sur France Inter

C’était hier, dans « La Tête au Carré » de Mathieu Vidard. Une émission très intéressante sur la singularité des couples en mal d’enfants.

Invitée : Geneviève Delaisi de Parseval, psychanalyste, ethnologue et consultante en bioéthique qui sort son nouveau livre :

Voyage au pays des infertiles : 9 mois dans la vie d’une psy, Ed. Odile Jacob, 2014, 208 p. => journal de bord d’une expérience clinique au quotidien et sur une période de 9 mois.

L’émission en quelques points :

  • les délais d’attente sont bien trop long en France : pour pouvoir bénéficier d’un don d’ovocytes, il faut attendre plusieurs années… après un déjà long parcours d’AMP (Geneviève Delaisi de Parseval parle de 3 ans, mais on nous avait annoncé au moins 4 ans dans notre CECOS parisien) ;
  • il y est question de ce que Geneviève Delaisi de Parseval appelle la « 4ème blessure narcissique » : alors qu’un enfant se faisait dans le secret du ventre maternel, désormais, l’embryon se fait dans l’éprouvette… et toutes ces techniques relèvent un peu de la science fiction ;
  • elle note l’intérêt de la psychanalyse, l’importance pour les couples de dire le parcours, les difficultés ;
  • concernant les embryons surnuméraires -qui sont congelés en vue d’une utilisation ultérieure-, elle les appelle « les enfants  possibles » ou les « jumeaux d’étuves » ;
  • concernant la FIV avec DO : l’association Maia est citée, les contraintes financières évoquées, les difficultés quant aux relations entre les membres du couple soulignées…., les conséquences sur le corps et le coeur… ;
  • il est rappelé qu’en France, le don d’ovocytes est permis mais impossible car très peu nombreuses sont les donneuses d’où le recours au don à l’étranger ;
  • l’infertilité ne doit plus être le seul problème privé d’un couple puisque c’est un problème de société, souvent lié à des problèmes environnementaux ;
  • il est aussi question de la proposition d’Apple et de Facebook de faire payer la congélation d’ovocytes : on parle de « procrastination procréative » ;
  • le recours au double don de gamètes -en cas de double infertilité- (interdit en France), a été évoqué (don de sperme + don d’ovocytes) ;
  • les insuffisances de la loi française ont été relevées ;
  • d’autres points ont été précisés : les femmes qui se lancent seules en PMA, l’adoption, la monoparentalité, le travail de deuil de la maternité, le forum européen de la bioéthique…

Ca dure environ 3/4 d’heure et ça se passe ici (à écouter à partir de la 10ème minute).

Bonne écoute, « peuple infertile » !

Irène Théry, invitée de l’Esprit Public sur France Culture

Vous n’êtes plus sans savoir mon admiration pour Irène Théry.

Alors, je ne pouvais passer à côté de l’émission L’Esprit Public d’hier sur France Culture.

Je vous invite vraiment à prendre une petite heure de votre temps pour écouter cette émission.

C’est parfois un peu complexe, mais tellement passionnant !

Irène Théry, vous êtes sociologue, chercheur au CNRS et directrice d’études à l’Ecole des hautes études en sciences sociales (EHESS). Vous êtes membre depuis février 2013 du Haut-Conseil de la famille. Vos recherches portent sur les recompositions contemporaines de la famille, que vous expliquez par la dynamique de l’égalité des sexes et que vous analysez à travers le prisme de la notion de genre. Vous proposez dans vos travaux une nouvelle définition de la famille centrée sur la filiation plutôt que sur l’union d’un couple. L’an passé, vous avez été chargée par la ministre déléguée à la Famille de superviser un rapport sur la filiation, dans le cadre de la préparation de la loi sur la famille. Début février, après une grande manifestation de défense de la famille traditionnelle, ce projet de loi a été reporté sine die par le gouvernement. Le rapport que vous avez intitulé « Filiations, origine, parentalité » et que vous aviez rendu en février, a finalement été publié début avril.
Il constate que la structure du couple a été modernisée au cours des dernières années et qu’elle ne pose plus ou peu de problèmes. En revanche, vous soulignez les nombreuses insuffisances juridiques de notre système de filiation. Ces insuffisances sont liées aux récentes évolutions du modèle familial. Les couples homosexuels ne bénéficieraient pas d’un régime de filiation cohérent vis-à-vis de la place qui leur a été faite au sein du droit de la famille. Vous plaidez ainsi dans votre rapport pour « un droit de la filiation commun et pluraliste ».
Dans cette optique, vous proposez de distinguer entre une filiation  commune et ses modes d’établissement, pluriels. Selon vous, le droit français a besoin d’un régime de filiation unique qui efface les distinctions entre filiation charnelle et adoptive, entre parentalité naturelle et légitime. Cette nouvelle filiation commune répond selon vous à un impératif d’égalité. Vous insistez d’autre part sur la nécessité pour le droit de reconnaître une pluralité de modes d’établissement de la filiation. Ils seraient au nombre de trois : l’engendrement biologique, l’adoption et l’aide médicale à la procréation (AMP ou PMA). Vous plaidez ainsi pour une ouverture de l’adoption plénière aux couples homosexuels et de la PMA pour les couples composés de deux femmes. Votre groupe de travail n’a pas souhaité prendre position sur la question de la Gestation pour autrui (GPA). Il a tout de même formulé une invitation forte à reconnaître dès aujourd’hui les filiations existantes issues de GPA – ce dans l’intérêt de l’enfant. Vos préconisations semblent recouper l’état de l’opinion française puisque selon un sondage réalisé par l’institut Harris Interactive les 3 et 4 février 2014, 57% des Français se disent favorables à la PMA pour les couples de femmes tandis que 59% des sondés sont opposés à la GPA. En revanche, l’opinion est partagée sur la question de l’adoption pour les couples homosexuels.
Vos propositions sont guidées par la question de l’intérêt de l’enfant. Ainsi accordez-vous beaucoup d’attention à des situations potentiellement frustrantes et dangereuses pour l’équilibre familial. C’est le cas de la question de l’accès aux origines, qui concerne les enfants nés sous X, adoptés ou issus de PMA et qui souhaitent connaître l’identité de leurs géniteurs. C’est également le cas des beaux-parents qui, au sein de familles recomposées, s’investissent dans un lien affectif avec leurs « beaux-enfants » sans pour autant se voir reconnaître une quelconque existence juridique. Sur ces deux questions, vos préconisations vont dans le sens de la pluralisation des liens de parentalité.
Votre rapport place la question de la filiation au centre du débat sur la famille et sur la société dans son ensemble. En effet, vous écrivez dans votre rapport que : « Dans une société où l’on peut tout perdre du jour au lendemain (son travail, sa maison, l’amour de son conjoint) la filiation contemporaine veut assurer à tous les enfants la sécurité d’un lien différent de tous les autres, le seul lien social conçu désormais comme inconditionnel, fait pour durer la vie entière quelles que soient ses modalités d’établissement, et quel que soit le sexe des parents ou leur statut conjugal. »
Irène Théry, pouvez-vous nous expliquer en quoi les anciens cadres de la filiation sont selon vous dépassés et comment les préconisations de votre rapport peuvent pallier les manques mis à jour par les récentes évolutions du modèle familial ?

Invités

Irène THERY, sociologue, chercheur au CNRS, directrice d’études à l’EHESS et membre du Haut-Conseil de la famille

Jean-Louis BOURLANGES, professeur à l’Institut d’Etudes Politiques de Paris

Max GALLO, romancier et historien

Marc-Olivier PADIS, directeur de la rédaction de la revue Esprit

 L’émission date d’hier, 13 juillet. Ca dure un peu moins d’une heure et ça se passe ici.

Accès à ses origines génétiques et levée de l’anonymat du don : le cas d’Audrey Kermalvezen

Voici (merci Maia !) deux courtes vidéos et un article de presse sur la levée de l’anonymat du don (j’en avais parlé ici) :

  • Le magazine de la santé du 7 mai (ça commence à 15 min. et 45 sec). Durée : 10 min. Ca se passe ici.
  • Le JT du 13h du 7 mai (ça commence à 15 min et 40 sec.). Durée : 4 min. Ca se passe ici.
  • L’article de Libération du 4 mai : à lire ici.

Je précise/rappelle 2/3 choses :

  1. je suis favorable à la levée de l’anonymat (malheureusement, la législation en République Tchèque est la même qu’en France…) et pour la levée du secret (parler du don le plus tôt possible à l’enfant) ;
  2. en cas de don de sperme/don d’ovule, le donneur/la donneuse ne peut être désigné(e) « père »/ »mère » « biologique ». Il s’agit de donneurs de gamètes/cellules ; les parents étant le couple recevant le don. Pas génétiques, certes, mais biologiques ;
  3. l’étude d’Audrey Kermalvezen prouve que la levée de l’anonymat ne fait pas baisser le nombre de donneurs. C’est, semblerait-il, leur statut qui change. Lisez plutôt (merci Bambino !) l’article de Libération du 8 avril traitant du rapport Théry-Leroyer ici.