Retour détaillé sur cette tentative gagnante !

Quand on dit qu’aucune FIV ne se ressemble, c’est plus que vrai !

La donneuse

Exactement comme pour la précédente tentative et afin d’augmenter nos chances de réussite, nous demandons une donneuse à la fertilité prouvée, c’est-à-dire dont on sait qu’un/des enfant(s) est/sont né(s) de son/ses dons d’ovocytes.

Elle a 22 ans, est brune aux yeux verts. Groupe sanguin : A+

Ce qui a changé

Nombre de jours d’abstinence : 3,5 jours (au lieu de 2,5 en février).

Comme je suis complètement intolérante à la progestérone (à l’excipient sans doute) puisqu’elle provoque depuis toujours irritations, brûlures et démangeaisons insoutenables, j’ai alterné avec les 3 voies : orale, vaginale et IM (mon homme a été formé sur place par une infirmière de la clinique).

Dans les 3 cas, les effets secondaires chez moi sont juste dramatiques :

  • voie intramusculaire : plusieurs sessions de fortes fièvres (jusqu’à 38,7 °C quand même + SOS médecins) et grosses boules très très douloureuses aux points d’injection avec impossibilité de m’adosser, voire de marcher sans douleur,
  • voie vaginale : démangeaisons, irritations, brûlures…,
  • voie orale : nausées, tête qui tourne et sensation d’être « bourrée ».

Le traitement anti NK

Comme les résultats MatriceLab de ma biopsie de l’endomètre sous cortisone avaient montré que les fichues NK n’étaient pas neutralisées avec la cortisone (je ne fais jamais rien comme les autres…) et comme précisé ci-dessous, on supprime donc les antibiotiques et la cortisone.

Et ça donne le traitement suivant (j’ai, pour la 1ère fois, très scrupuleusement respecté les horaires de prise en mettant une alarme) :

Injection de Decapeptyl 3 mg en intramusculaire à J2 du cycle, le 31/05/14.

Matin (8h25) :

  • Tocophérol 500 mg -vitamine E- : 1 comprimé (depuis toujours et jusqu’à 12 SA, le 11/09/14),
  • Acide folique 0,4 mg -vitamine B9- : 1 comprimé (depuis toujours et jusqu’à 12 SA, le 11/09/14),
  • Provames 2 mg -oestrogènes / Traitement Hormonal Substitutif, THS- :  2 comprimés (début le 14/06/14 et jusqu’à 12 SA, le 11/09/14),
  • Pentoxiffylline 400 mg -vasodilatateur- : 1 comprimé (depuis toujours et jusqu’à la veille du transfert inclus, le 07/07/14),
  • Aspégic Nourrisons 100 mg : 1 sachet (début le 14/06/14 et jusqu’à 7 SA, le 07/07/14, jour du décollement trophoblastique),
  • Progestérone Agolutin 120 mg : 1 injection par voie intramusculaire -2 ampoules de 2 ml- (à partir de la ponction, le 03/07/14 et jusqu’à 12 SA, le 11/09/14),
  • Progestérone Utrogestan et/ou Estima Gé : 3 ovules de 200, soit 600 mg (à partir de la ponction, le 03/07/14 et jusqu’à 12 SA, le 11/09/14),
  • Gynefam XL : 1 comprimé (à partir de 11 SA, le 04/09/14 et jusqu’à 6 mois de grossesse).

Soir (20h25)

  • Tocophérol 500 mg -vitamine E- : 1 comprimé (depuis toujours et jusqu’à 12 SA, le 11/09/14),
  • Provames 2 mg -oestrogènes / Traitement Hormonal Substitutif, THS- : 2 comprimés (début le 14/06/14 et jusqu’à 12 SA, le 11/09/14),
  • Pentoxiffylline 400 mg -vasodilatateur- : 1 comprimé (depuis toujours et jusqu’à la veille du transfert inclus, le 07/07/14),
  • Lovenox 4000 UI anti-Xa/0,4 ml -énoxaparine sodique, anticoagulant- : 1 injection en sous-cutanée (à partir du 30/06/14 et jusqu’à 12 SA, le 11/09/14).
  • Progestérone Utrogestan et/ou Estima Gé : 3 ovules de 200, soit 600 mg (à partir de la ponction, le 03/07/14 et jusqu’à 12 SA, le 11/09/14).

A cela s’ajoutent 2 perfusions d’intralipides : une le jour de la ponction (03/07/14) et une le jour du transfert (08/07/14). Il faut compter une bonne grosse demi-heure supplémentaire sur place pour chacune d’elle.

La taille de l’endomètre avant le départ

Echographie à J15 de mon cycle, le 13/06/14 : endomètre à 2,6 mm. Pas de kyste. Tout va bien.

Pour la suite, on considère le début de traitement de stimulation de l’endomètre comme étant J1, le 14/06/14 (20 jours avant la ponction de la donneuse).

Echographie à J11 de stimulation de l’endomètre, le 24/06/14 : endomètre à 6,7 mm / Hormonologie : LH : 3,67 ; Progestérone : 0,2 ; Estradiol : 467.

Echographie à J13 de stimulation de l’endomètre, le 26/06/14 : endomètre à 9,1 mm. Bel endomètre, type I, bien vascularisé / Hormonologie : LH : 2,50 ; Progestérone : 0,1 ; Estradiol : 402.

Contrôle des plaquettes 2 x/semaine pendant deux semaines (à cause de la prise de l’anticoagulant Lovenox).

Le détail de ces 6 jours porteurs d’espoir

Jeudi 3 juillet (J0)

Nous sommes arrivés la veille à Vienne. Le chauffeur de la clinique est venu nous chercher à l’aéroport et direction Brno où nous avons passé la nuit. C’est donc le jour :

  • de la ponction de la donneuse,
  • du recueil pour mon homme,
  • de l’échographie de mesure et de contrôle de l’endomètre pour moi.

Pour le 2ème cycle de don, pas besoin de prise de sang pour mon homme. Celle de février est encore valable.

Nous remplissons, comme la dernière fois, les formulaires de consentement et c’est toujours E. qui nous reçoit ensuite pour faire un point, dans un français toujours aussi « impeccable ».

Nous sommes ensuite reçus par le (beau ! Oui, tous mes médecins sont beaux !) Dr M. Je voulais ABSOLUMENT que ce soit lui et pas un autre et la coordinatrice, A., ne m’a pas déçue : qui est-ce qui nous reçoit ? Le Dr M. ! Grande classe.

Alors là, ça dure bien une bonne demi-heure. On pose tout, on fait le point, on se dit tout. C’est fort…

Dans notre cas, compte tenu du spermogramme mais aussi parce qu’il « n’y croît pas trop », il n’est pas favorable à la PICSI. Il pense qu’une FIV-ICSI seule est mieux indiquée. J’ai apprécié sa franchise.

C’est lui qui nous fera le transfert mardi 8 juillet.

L’échographie à J0 révélera un endomètre à 8,5 mm et en triple feuillet (8,9 mm en février).

Pendant que mon homme « se recueille »…, je passe à la pharmacie de la clinique me fournir en seringues et ampoules de progestérone pour les injections en IM.

L. procède à la 1ère perfusion d’intralipides. C’est fastidieux. Mes veines se sont pas très coopérantes… Mais on finit par y arriver.

Avant de quitter la clinique pour filer à Vienne, nous apprenons que notre donneuse a été ponctionnée de 13 ovocytes (11 à la tentative de février). Pour moi, le chiffre 13 a toujours été un porte-bonheur…

Vendredi 4 juillet (J1)

11 ovocytes matures (sur les 13 prélevés la veille donc) et 9 fécondés (à 2 cellules).

Samedi 5 juillet (J2)

9 embryons (contre 7 pour notre FIV-DO de février) :

  • 6 de 4 cellules,
  • 1 de 5 cellules,
  • 2 de 3 cellules.

Dimanche 6 juillet (J3)

9 embryons (contre 6 pour notre FIV-DO de février) :

  • 1 de 10 cellules,
  • 5 de 8 cellules,
  • 2 de 6 cellules,
  • 1 de 4 cellules.

soit un total de 66 cellules rien que pour nous (oui, bon, je sais… ça ne se compte pas comme ça…).

Lundi 7 juillet (J4)

Pas d’information de la clinique ce jour. La nature faire son oeuvre… Nous quittons Vienne pour Brno. Nous sommes plutôt confiants et la vie est belle…

Mardi 8 juillet (J5)

13h30, jour du transfert. Nous sommes accueillis par L., celle qui m’avait perfusée le jour de la ponction ! Elle vérifie nos identités respectives.

Puis, le Dr M. nous reçoit et nous communique les informations tant attendues du jour concernant l’évolution de nos  embryons :

  • 2 beaux blastocystes de grade 1 (2 XB –blastocyste expansé-) que l’on m’a transférés,
  • EB (blastocyste précoce) de grade 2,
  • 1 CM (morula compactée) de grade 2,
  • 1 embryon de 5 cellules,
  • 2 embryons qui ont arrêté leur croissance.

Je sais que le Dr M. préfère ne transférer qu’1 embryon plutôt que 2. Pour lui, les grossesses gémellaires sont souvent à risque et parfois très compliquées…

Mais dans notre cas, la question du transfert d’1 ou de 2 ne s’est même pas posée. Nous étions tous les 3 convaincus de la nécessité d’en transférer 2, non pas pour augmenter les chances de grossesse gémellaire mais pour augmenter les chances d’implantation d’1 embryon. Avec les échecs du passé et vu mon problème d’implantation, nous n’avons donc eu aucune mise en garde spécifique. C’était une évidence, encore une fois, ce transfert de 2.

On passe à l’échographie de mesure de l’endomètre. Il est à 9,3 mm et a encore un peu grossi depuis J0, donc tout va bien (9,5 mm en février).

Le transfert s’est fait en toute délicatesse (rapport au passage du col difficile chez moi…), je n’ai absolument rien senti (rien avoir avec la dernière fois) et j’ignore pourquoi, j’ai explosé en larmes juste après le transfert.

J’avais gardé en moi ce trop plein d ‘émotions pendant ces derniers mois et j’ai craqué sur place, réalisant probablement véritablement l’enjeu : ou par miracle ça marche ou jamais nous ne serons parents…

L’infirmière M. nous emmène pour ma 2ème perfusion d’intralipides. Ca sera plus rapide que celle du jour de la ponction. Ma veine est moins « capricieuse ».

Nous passerons la nuit à Brno pour rentrer à Paris le lendemain.

Mon homme et son spermo

Mon homme a une tératospermie modérée. Les normes en République Tchèque ne sont pas du tout les mêmes qu’en France. Du coup, il ne faut pas s’inquiéter de voir inscrit noir sur blanc sur le compte-rendu du spermogramme « asthénozoospermie« . Nos critères en France sont vus à la baisse…

Ceci étant, et pour augmenter nos chances de fécondation, mon homme a (gentiment) accepté de prendre le traitement suivant :

  • Conceptio Homme pendant 90 jours ;
  • Vitamine C Acerola pendant 83 jours ;
  • Vitamine D pendant 78 jours ;
  • Au moins 1/2 jus de citron pressé tous les matins.

Ce traitement a eu pour effet d’améliorer la mobilité, la mobilité progressive ainsi que la concentration de spermatozoïdes.

Number 4 et mon homme pensent que c’est un hasard si le spermogramme s’est amélioré… Moi, je n’en suis pas si convaincue !

Je reste persuadée que ce traitement sur presque 3 mois (avec l’arrêt de l’alcool et de la charcuterie + une alimentation équilibrée…) ont participé à une meilleure récolte/production spermatique.

Regardez plutôt :

  1. la mobilité progressive : la valeur mesurée en février était de 7 % ; elle est passée à 27 % en juillet (limite inférieure = 32 %) ;
  2. la concentration de spermatozoïdes (je vous épargne l’unité de mesure…) est passée de 88 à 105 (limite inférieure = 15) ;
  3. la mobilité est passée de 66 % à 78 % (limite inférieure = 40 %) ;
  4. la morphologie normale, elle, reste inchangée (4 % ; ce qui correspond à la limite inférieure).

Et comme un bonheur n’arrive jamais seul, nous apprendrons 2 jours après le transfert que nous avons 2HB2 vitrifiés à J6, c’est-à-dire 2 blastocystes segmentant de grade 2.

Les étapes clés de ma grossesse

15/07/14 : 12 DPO, soit 6,5 jours post-transfert, dosage de beta HCG à 62 ui.

17/07/14 : 14 DPO, soit 9 jours post-transfert, dosage de beta HCG à 223 ui.

19/07/14 : 16 DPO, soit 11 jours post-trasnfert, dosage de beta HCG à 483 ui.

21/07/14 : 18 DPO, soit 13 jours post-transfert, dosage de beta HCG à 1036 ui.

23/07/14 : 20 DPO, soit 15 jours post-transfert, dosage de beta HCG à 2145 ui.

25/07/14 : 22 DPO, 5 SA +1, soit 17 jours post-transfert, dosage de beta HCG à 3484 ui. Echographie n° 1 (avec Number 4 !!!) : il y a un sac intra-utérin, et donc DANS l’utérus, de 5 à 7 mm.

31/07/14 : 28 DPO, 6 SA, dosage de beta HCG à 13 366 ui.

05/08/14 : 33 DPO, 6 SA +5. Echographie n° 2 : sac ovulaire de 19 mm. Longueur crânio-caudale (LCC) de notre embryon : 5,9 mm. Activité cardiaque décelée (116 bpm -battements par minute-). La vésicule vitelline est bien individualisée et de bonne dimension. Nous pleurons toutes les larmes de notre corps. Inscription à la maternité (celle de mes rêves… celle où j’avais déjà été inscrite… celle où j’avais dû, le coeur meurtri, me désinscrire…).

07/08/14 : 35 DPO, 7 SA. Je « pisse » littéralement le sang, perds l’équivalent d’au moins un litre de sang ainsi que d’énormes caillots. Je préviens mon homme qui appelle le SAMU et me rejoint dans un état lamentable… Une ambulance arrive, nous emmène aux urgences. Vu notre état à tous les deux, on ne nous fait pas attendre. Au lieu de remplir le pot devant contenir les urines, je le remplis de caillots… L’horreur. Echographie n° 3 : notre miracle est là. Comment est-ce possible ??? Nous sommes tellement secoués et reconnaissants à la vie. LCC de notre embryon : 7,2 mm. Sac : 12,9 x 21,8 mm. Diagnostic : Lame de décollement du trophoblaste de 5 mm. en antérieur.

18/08/14 : 8 SA +4. Echographie n° 4 : Sans doute l’échographie la plus surprenante. 1ère échographie en sus-pubienne. Sac de 29,6 mm. On distingue parfaitement la tête, le buste, les bras et jambes de notre embryon dont la LCC est de presque 2 cm (19,4 mm). Que d’émotion de le voir gigoter de façon si active…

28/08/14 : 10 SA. Echographie n° 5 : c’est notre 1ère échographie biométrique et morphologique… avec une sage-femme ! Comme ça m’a fait bizarre d’aller à mon centre d’échographie habituel mais cette fois, d’être reçus tous les deux de l’autre côté. Du côté du cabinet de la sage-femme. Me retrouver là, avec ces femmes aux ventres ronds, moi, l’ex-PMette et galérienne de la procréation. Notre petit mesure 3 cm et le BIP (diamètre bipariétal) est de 12 mm. Activité cardiaque mesurée à 170 bpm. Il paraît qu’il est « parfait » et qu’il a une très bonne vitalité ! Les 4 membres sont bien visualisés. Nous avons les félicitations des médecins échographistes qui me connaissent bien. Gros pincement au coeur… Je réalise que je suis passée de l’autre côté. Le décollement du pôle inférieur de 10 mm semble être en voie de résorption… sauf que… j’ai encore des saignements…

01/09/14 : 10 SA +4. Echographie n° 6 avec Number 4 !!! Du fait de mon décollement et des saignements, cette échographie ne se fera que par la voie sus-pubienne. Qu’importe ! On a vu et entendu notre petit… devenu grand. Il mesure désormais 3,7 cm (LCC) et son coeur bat la chamade… Les mots me manquent pour vous décrire cette consultation. J’ai déclaré ma flamme à Number 4, lui ai dit tout ce que j’avais sur le coeur… et toute notre reconnaissance… Bref, je passe, car je vais pleurer… encore…

15/09/14 : 12 SA +4. Echographie morphologique officielle du 1er trimestre n° 7 à la maternité. Cette maternité tant rêvée. Celle où j’avais déjà été inscrite sans pouvoir y aller. Cette maternité de niveau 3 la plus proche de chez nous.  Une échographie qui nous a, encore une fois, fait trembler. On a pu voir notre enfant sous toutes les coutures. Il a tout ce qu’il faut où il faut : cerveau, bras, mains, jambes, pieds, buste, reins, colonne vertébrale, estomac, fémur, yeux, nez, cordon… et j’en passe. Clarté nucale : 1,5 mm. LCC : 6,32 cm. Activité cardiaque : 160 battements/min. Vu comme il était positionné, ce fourbe, l’échographiste n’a pas pu distinguer entre les jambes. C’est un pudique ! Rencontre avec un interne, deux échographistes, une infirmière, une sage-femme… Equipe au top du top. Je n’ai absolument rien à en redire. Tout est clair, facile et enfin normal. L’évaluation du risque de trisomie 21 est estimée à 1/10.000, le rapport « le plus faible qui soit », nous a dit la super sage-femme. Nous sortons de là complètement sonnés. Comme si nous étions dans un rêve. Oui, un rêve qui j’espère, va durer encore des mois, des mois et des mois… Nous terminons l’entretien avec la sage-femme avec la fameuse attestation de grossesse et le si précieux sésame : la déclaration de grossesse. Je recevrai mon livret de maternité plus tard. Je suis une pregnant biiiiaaatch enceinte et c’est enfin officiel ! Je peux le crier à la terre entière.

Prochaines étapes

  • écho (avec Number 4 !) : le 30/09/14, à 14 SA +5 ;
  • rdv à la mater avec un médecin pour le suivi de la grossesse le 24/10/14, à 18 SA +1 ;
  • rdv à la mater pour l’écho officielle du 2ème trimestre le 01/12/14, à 23 SA +4.

Les symptômes

Quand on est enceinte, les symptômes et désagréments liés à la grossesse permettent d’être rassurée, c’est certain.

Mais (et je ne me plains pas, hein, je dis juste !) j’ai passé 2 mois alitée. Heureusement que j’étais en vacances et donc disponible pour accueillir tous ces maux.

Maux qui se sont caractérisés par de très grosses nausées persistantes et en continu -à me réveiller la nuit, par exemple- (mais se retrouver la tête par-dessus la cuvette quand on a attendu ça pendant si longtemps reste une expérience intéressante !).

Même si aujourd’hui, je vais beaucoup mieux, mon début de grossesse n’a pas été facile : fièvre à répétition (due à la progestérone en IM), fatigue extrême (jusqu’à ne pas avoir la force de prendre une douche… parfois plusieurs jours de suite…) à dormir jusqu’à 20h/jour (oui, c’est possible !), nausées et sensation d’être tout le temps barbouillée, perte totale d’appétit (moi qui suis si gourmande d’habitude !)…

Aujourd’hui, tout ceci est derrière moi. Un nouveau chapitre s’ouvre. Je vais profiter pleinement de ma si précieuse grossesse.

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2ème biopsie de l’endomètre

Allez, je vais sortir de mon trou et tenter de diiiiiiiire des choses.

Merci pour les délicatesses exprimées ces dernières semaines et désolée pour les mails restés sans réponse (c’était -c’est, parfois encore- au-dessus de mes forces…).

Plusieurs semaines donc après l’échec cuisant de la FIV-DO, des mots qui, cette fois particulièrement, n’ont pas voulu sortir.

Habituellement, je n’ai pas de mal à exprimer ma colère, ma peine, mon désarroi, mon incompréhension, mon désespoir.

On peut dire que j’ai probablement vécu la pire période post-échec.

On a beau se dire, mon homme et moi, qu’on n’est pas à un échec près, qu’on est prêts au pire, qu’on envisage encore de se fracasser la g*eule dans les escaliers de la vie, qu’on est forts… eh bien non, ça reste toujours aussi douloureux, parfois même, ça semble insurmontable.

Et puis on n’a pas le choix. Alors, on surmonte (tout en n’oubliant jamais de se rappeler combien cumuler les échecs en PMA est très rarement de bon augure pour la suite).

Les larmes ont beaucoup coulé donc (tardivement, mais elles ont fini par couler…).

L’enjeu de cette FIV-DO était trop important. Un flop total.

Ces dernières semaines, pas un jour ne s’est écoulé sans que je ne me répète cette phrase, maintes et maintes fois dans ma tête :

« Non seulement c’est négatif avec deux magnifiques blastocystes de grade 1, mais en plus on n’a aucun embryon vitrifié » / « Non seulement c’est négatif avec deux magnifiques blastocystes de grade 1, mais en plus on n’a aucun embryon vitrifié » / « Non seulement c’est négatif avec deux magnifiques blastocystes de grade 1, mais en plus on n’a aucun embryon vitrifié« 

Tous les jours. Tout le temps.

Non seulement c’est négatif, mais toute cette médicalisation, tous ces efforts, ces traitements sont vains et en plus nous ne pouvons pas y retourner pour espérer un transfert car il n’y a, sur un total pourtant élevé de nombre d’ovocytes au départ, absolument aucun embryon en rab.

Le cas de l’embryon vitrifié inexistant est déjà rare chez Reprofit, mais le cas du cumul « absence de grossesse » + « absence d’embryon vitrifié » l’est encore plus !

Je ne sais pas comment on parvient à toujours être du mauvais côté des chiffres, des statistiques…

Je vis cette situation comme une profonde injustice et souffre du plus profond de mon être.

J’ai mal parce que du début à la fin, pendant toutes ces années, nous n’aurons pas été épargnés par les difficultés. Un véritable chemin de croix.

Et ça ne s’arrête pas.

J’ai aussi beaucoup répété :

« Rien en 2009 – Rien en 2010 – Rien en 2011 – Rien en 2012 – Rien en 2013 – Rien en 2014 non plus…« 

« Rien en 2009 – Rien en 2010 – Rien en 2011 – Rien en 2012 – Rien en 2013 – Rien en 2014 non plus…« 

« Rien en 2009 – Rien en 2010 – Rien en 2011 – Rien en 2012 – Rien en 2013 – Rien en 2014 non plus…« 

Avec cette FIV DO on pensait encore naïvement que « peut-être » 2014 serait toute autre (comme on l’avait pensé pour toutes les années précédentes…). Eh bien non.

Comme ça sera forcément le cas en 2015 et toutes les autres années à venir.

Je sens aussi comme un décalage, un fossé entre nous et la vie. Entre nous et les « autres ».

Je sais aussi que je ne peux pas en vouloir à la terre entière de ne pas comprendre. C’est à moi de me libérer de ce poids du désir ardent de maternité.

Et puis j’ai aussi regardé du côté de MAIA…

Scrupuleusement, sur les 21 derniers transferts ayant eu lieu à Reprofit entre mi-janvier et mi-mars 2014 (dont notre transfert, donc) :

  • 13 sont aujourd’hui enceintes et poursuivent une grossesse « normale » -soit presque 62 %– ;
  • 3 ont eu un tout début de grossesse, grossesses qui, malheureusement, se sont arrêtées -soit presque 14,3 %– ;
  • 3 (dont moi, donc) se sont bien rétamées la tronche -soit presque 14,3 %– ;
  • 2 pour lesquelles nous ne savons pas si cela a marché (elles ne sont pas venues annoncer le résultat de leur prise de sang sur le forum) -soit environ 9,5 %-.

Les taux de réussite sont donc excellents ! Ce n’est pas une surprise et nous en sommes, malgré notre immense déception, encore aujourd’hui convaincus.

Et encore une fois, nous sommes du mauvais côté des statistiques : dans les 9,5 %.

Alors, évidemment, je sais bien qu’on ne peut/doit pas établir de statistiques sur 21 cas « seulement ».

Mais ça donne, malgré tout, une image fidèle à la réalité ; celle annoncée par la clinique à savoir, un taux de réussite de plus de 60 %.

Quand on a dit ça, que fait-on ?

On a beau dire que je suis combattive, déterminée et persévérante… (merci bien…), je ne peux plus m’infliger une vie dictée par ce désir d’enfant.

Le problème, est-ce véritablement :

  • 1/ cet enfant… qui ne vient pas… ?

ou… plutôt…

  • 2/ notre désir d’enfant… trop exacerbé… ?

Si le premier ne dépend pas de moi et, qu’en conséquence, je ne peux agir sur lui, je peux essayer de travailler sur le second.

Ce désir de parentalité ne va, malheureusement pour nous, pas disparaître du jour au lendemain.

Il me faut cheminer vers ça. Je ne sais pas comment mais je vais connecter mon cerveau en mode « la vie est encore plus aussi très belle sans enfant« .

Je n’en peux plus de consacrer autant de mon temps et de mon énergie à la réalisation de ce qui n’arrivera pas (soyons lucides, ça n’arrivera pas).

J’y travaille. J’y réfléchis.

Et en attendant, concrètement, que fait-on ?

Ma détermination est sans limite. Je veux comprendre :

  1. Pourquoi il n’y a pas eu d’accroche alors que TOUTES les conditions étaient réunies ?
  2. Dans quelle mesure le traitement MatriceLab est-il efficace pour éradiquer mes cellules NK ?

J’ai revu Number 4 et je lui ai demandé une deuxième biopsie de l’endomètre, mais sous traitement, cette fois.

Avril est le mois des biopsies chez nous (avril 2013 : biopsie sur cycle naturel / avril 2014 : biopsie sous traitement).

Il n’était pas spécialement pour mais pas spécialement contre non plus.

Il m’a répondu un truc du genre :

« on peut la faire… si ça peut vous rassurer…« 

ou

« ça va vous rassurer » (je ne sais plus précisément).

Vous remarquerez qu’on en arrive à un point où c’est moi, patiente, qui suggère des pistes.

J’espère me tromper en pensant que mes cellules tueuses, même sous traitement de choc MatriceLab, continuent à trop bien faire leur travail.

Je déteste ça mais je n’ai pas le choix… et je suis donc depuis déjà une dizaine de jours sous traitement :

  • cortisone 20 mg, oestrogènes x4 (Provames 8 mg), Toco x2, Pento x2, acide folique et toute la clique…
  • puis progestérone x6 (1200 mg) et antibiotiques x2 (500 mg) dès dimanche pendant une semaine.

Echographie samedi 19 et biopsie vendredi 25, à J19.

Il faudra ensuite attendre un mois après le prélèvement endométrial pour avoir les résultats et comparer l’environnement immunitaire avant et après traitement et ainsi voir si mes CD-56, cellules NK, interleukines 15 et 18 sont « neutralisées »…

Je ne sais pas trop comment terminer ce billet. J’ai vraiment le sentiment que nous sommes arrivés au bout de ce que nous pouvions faire.

Si on m’avait dit il y a 5 ans qu’on en serait à « ça »…

Et puis tout ça pour ça… Pour rien.

C’est plus que décourageant.

Terriblement injuste…

Mais c’était sûrement nécessaire. Pour passer à autre chose.

11 ovocytes ponctionnés, 2 bastocytes (XB et HB) de grade 1 transférés, 0 vitrifié

Je ne sais pas si je vais réussir à restituer ce tsunami que nous venons de vivre en un billet. Je vais le faire en plusieurs fois, je pense…

D’abord, merci infiniment pour vos pensées, petits messages, SMS, mails, mots glissés ici et là… avant le départ et pendant notre séjour. J’ai essayé de répondre à chacune d’entre vous (merci le wi-fi généralisé partout !). Je me suis sentie portée, soutenue, rassurée aussi.

Nous sommes donc de retour de la République Tchèque.

Prague nous a éblouis, surtout par ses richesses architecturales, artistiques et culturelles. Je crois qu’il ne reste plus une rue que nous n’ayons pas sillonnée, même dans les coins un peu plus excentrés de la ville.

Au programme : restos, balades, expos, musées. Nous avons aussi profité du Prague authentique, de bons plans interlopes et typiquement pragois (car il faut savoir que mon homme devient vite insupportable lorsque, comme il le dit, la « touristite aigüe » le rattrape).

Si le centre-ville de Brno est « charmant », nous n’avons, en revanche, pas eu de coup de coeur. Ceci dit, nous restons persuadés que c’est aussi une ville qui, artistiquement, bouge/change. Evidemment, nous, PMettes en parcours de don, ne voyons pas forcément tout cela puisque notre esprit est pris d’assaut par des interrogations autour de la qualité et du nombre de nos embryons !

Quant à la clinique, nous savions que notre choix était le bon. Mais une fois sur place, nous en avons eu la preuve concrète. Toute l’équipe de Reprofit est remarquable par son professionnalisme. Je n’ai même pas eu besoin d’appeler mon Number 4 à la rescousse !

Nous avons, durant tout le séjour, eu un temps globalement (très) ensoleillé et doux. Inouï pour un mois de février. Et pas une goutte de pluie ! Les écharpes, bonnets, gants et polaires sont restés au fond de nos valises. Nous avons eu plus souvent chaud que froid et le soleil a tellement percé par moment (notamment avant-hier, lundi, en terrasse) que j’ai regretté de ne pas avoir pris mes lunettes de soleil !

Mais le plus important n’est pas là. Alors, petit retour en arrière :

Lundi 17 février (J0)

C’est le jour :

  • de la ponction de la donneuse,
  • du recueil et de la prise de sang pour mon homme,
  • de l’échographie de mesure et contrôle de l’endomètre pour moi (et c’est tout !),
  • (et accessoirement 7 ans et 6 mois jour pour jour que je suis non-fumeuse, c’est pas rien !!!)

Dès notre arrivée, nous sommes chaleureusement et sympathiquement reçus par E qui parle un français « parfait ». Elle est à notre disposition. Nous remplissons les formulaires de consentement.

On nous confirme que la méthode de fécondation sera une FIV avec ICSI (systématique chez eux). Une première pour nous.

Pendant que mon homme fait ce qu’il a à faire (après 2,5 jours d’abstinence mais avec le recul, je me dis qu’on aurait pu pousser à 3,5 jours), je suis reçue par le Dr S (de son prénom), chaleureux, souriant, disposé à répondre à toutes nos questions.

On parle IOP, FCR, cellules NK, parcours PMA, de ma donneuse. Il me dit que je suis jeune. Ca fait plaisir ! Je sais bien que je le suis -encore-. Ce sont mes ovocytes qui font plus que leur âge.

Il parle anglais. La communication est très facile et l’ambiance détendue et conviviale. Il reprend mon dossier… et hallucine sur mes doses de progestérone (1200 mg/jour, soit 6 ovules de 200 mg 3 fois/jour) mais me dit que c’est important de le faire… Évidemment !

Il constate que je suis bien suivie et sourit quand il découvre ma longue liste A4 de « drugs » à prendre. S’en suit une discussion entre lui et son collègue (Dr P, de son prénom aussi) et c’est là que j’apprends que notre donneuse a été ponctionnée de 11 ovocytes !!! Belle surprise car ils en garantissaient à la base entre 8 et 10 (ce qui est déjà cinq fois plus que le maximum obtenu dans notre parcours PMA).

Onze ovocytes prélevés, je me me dis que c’est un signe :

  • onze comme les 11 ponts de Prague,
  • onze car cette FIV-ICSI avec DO est notre 11ème tentative d’AMP.

Mon homme arrive, découvre la bonne nouvelle. La conversation reprend.

Dr S nous redonne son avis concernant le transfert de deux blastocystes. Pour lui, si la qualité des blastocystes est bonne, il vaut peut-être mieux n’en transférer qu’un « car vous êtes jeune« . La bonne blague (je vais avoir 38 ans dans un peu plus de 3 mois) ! Après tout ce par quoi nous sommes passés, après toutes ces années de galère, d’échecs, de FC, de négatifs dans la tronche, de tentatives échouées, reportées, annulées, d’attente… nous dire qu’il y a un risque de grossesse gémellaire, c’est un peu (gentiment, hein) nous distiller du rêve, nous donner de l’espoir. Comment ne pas se projeter, ne pas y songer, ne pas l’imaginer, l’envisager ? Un risque de grossesse gémellaire ? Oh mon Dieu, si Tu existes…

Pour nous, c’est tout réfléchi. Les grossesses gémellaires sont risquées. Elles me fichent une de ces trouilles, mais, en presque 5 ans, j’ai eu le temps de penser à tout cela, de peser le pour, le contre. Et puis franchement, j’ai quand même du mal à croire que deux embryons peuvent s’accrocher avec mon utérus killer

Alors, c’est clair et net, ça sera deux, pour augmenter les chances d’implantation. Ceci dit, je comprends parfaitement bien (et j’apprécie, même !) la mise en garde complètement légitime.

Pour l’anecdote, d’ici le transfert, j’ai même pour consigne de boire du vin (mais attention : du blanc -car ils ne font pas de « bons rouges« – !). Bienvenue dans la 4ème dimension…

Comme le pensait Number 4, pas besoin d’intralipides et on m’a confirmé que les injections quotidiennes en sous-cutanée de Lovenox remplaçaient bien l’Aspégic (j’aime quand le corps médical français et tchèque est d’accord !).

L’échographie à J0 révélera un endomètre à 8,9 mm et en triple feuillet. Tout est PARFAIT !

Prise de sang pour mon homme. Nous prenons quelques beaucoup de photos souvenir des lieux…

Globalement, jusque-là, je me sens zen, détendue, en confiance totale pour chacune des étapes (à Paris comme à Brno), aidée par tous vos messages de soutien. Sentiment étrange de vous avoir près de moi…

Mardi 18 février (J1)

10 ovocytes matures (sur les 11 prélevés la veille donc) et 8 fécondés.

Nous sommes aux anges !

Mercredi 19 février (J2)

7 embryons :

  • 4 de 4 cellules,
  • 1 de 3 cellules,
  • 2 de 2 cellules.

Nous sommes sereins. Après tout, nous venons de loin. Petit rappel concernant notre tentative de mars 2013 : notre seul embryon obtenu à J2 avait 4 cellules et c’était notre record en terme d’embryon transféré ! Là, on en a 3 de plus à 4 cellules.

Jeudi 20 février (J3)

C’est là que tout se complique. Le stress est à son apogée.

6 embryons :

  • 3 (seulement !!!) de 8 cellules ;
  • 2 de 5 cellules ;
  • 1 de 3 cellules ;
  • 1 qui nous a quittés.

C’est très décevant. Je vis cela comme une réelle injustice. Avec un pool de départ aussi important, comment est-ce possible de n’avoir que 3 embryons seulement au top ???

J’essaie de me raisonner en me souvenant de notre autre « exploit pmesque », celui de juin 2013. Nous avions obtenu un seul embryon de 7 cellules à J3 (qu’on n’a jamais pu me transférer d’ailleurs, car mort avant le transfert prévu !)… Mais c’est dur, dur. On est en don, là. C’est justement parce qu’on est en don que les mêmes scénarios ne doivent pas se reproduire !

En même temps, étrangement, à ces sentiments d’écoeurement, voire de lassitude et de tristesse, se rajoutent quelque chose de nouveau chez moi. Rien, plus rien ne dépend de moi. En effet, ce ne sont ni mes ovocytes, ni mes spermatozoïdes, alors pour une fois, je n’y suis « pour rien » (avec des tas de guillemets, car évidemment  que je n’ai jamais été responsable).

En don, même si l’enjeu est énorme, le poids de la culpabilité en cas d’échec est amoindri. Enfin, c’est mon ressenti.

Vendredi 21 février (J4)

Pas d’information de la clinique ce jour. Il faut laisser la nature faire son oeuvre… Vivement le lendemain. Mais on s’occupe à fond !

Samedi 22 février (J5)

C’est le fameux jour du transfert. Nous sommes accueillis par K. Elle vérifie nos identités respectives.

Puis, le Dr H (de son prénom donc !) nous reçoit. Elle est toute jeune (35 ans maximum). La communication en anglais est aisée mais le doute m’habite : je ne la connais pas et le transfert ne se fera ni avec le Dr M, ni avec l’autre Dr M.

Elle nous livre les informations tant attendues du jour concernant l’évolution de nos 6 embryons :

  • 2 beaux blastocystes de grade 1 (1 XB –blastocyste expansé- et 1 HB –blastocyste éclos-) que l’on m’a transférés,
  • 1 EB (blastocyste précoce) de grade 2 (celui-ci aurait pu être vitrifiable, mais nous avons appris hier, mardi, que non…),
  • 1 CM (morula compactée) à la traîne,
  • 1 embryon de 8 cellules,
  • 1 de 5 cellules.

Pas de cryoconservation possible. Pas d’embryon vitrifié donc. Si ça ne marche pas là, on recommence tout. Glourpsss. Encore.

A ma demande, elle nous donne des (petites mais précieuses) informations supplémentaires sur notre donneuse, nous explique qu’ils vont laisser encore en observation les embryons restants, mais qu’il y a peu de chance qu’on obtienne de vitrifié. Je m’en doutais, je m’étais préparée au pire. Je n’ai pas été surprise. Déçue mais pas surprise.

Je demande ce qu’elle pense du spermogramme et là, le choc : le diagnostic d’asthénozoospermie tombe. Jusque-là, mon homme n’avait qu’une tératospermie modérée qui n’a jamais posé de souci (je n’en ai d’ailleurs jamais parlé ici, c’est surtout mon infertilité qui gênait !), mais là, elle nous explique que bien que la concentration et la mobilité soient tout à fait dans la norme, il y a un souci au niveau de la mobilité progressive et un moindre au niveau de la morphologie :

  1. la mobilité progressive : la valeur mesurée est de 7 alors que la limite inférieure est censée être de 32 ;
  2. la morphologie normale : la valeur mesurée est de 4, ce qui est la limite inférieure.

Alors je sais bien que la spermatogenèse se renouvelle, varie, change… J’ose espérer que le prochain spermogramme sera comme les précédents c’est-à-dire « correct ». Mon homme a été malade il y a deux mois (ça a bien duré 3 semaines : gastro, état fiévreux, toux, grosse fatigue…) alors peut-être est-ce dû à cela ? Il va falloir que l’on se penche là-dessus. Sans pression, hein, mais qu’on s’y penche.

Jamais tranquilles.

Le moment tant attendu du transfert arrive. Elle nous montre depuis l’écran placé au-dessus de nos têtes nos deux magnifiques blastocystes de grade 1 (1 XB + 1 HB).

Mon homme prend quelques photos pendant que j’observe nos bulles d’amour.

Le Dr H, aidée de L, son assistante (une femme douce, souriante et gentille), procède à la préparation du terrain si je puis dire.

Une troisième femme arrive avec nos si précieux trésors, vérifie oralement avec nous que ce sont nos embryons.

Le passage du col semble laborieux (pas nouveau, ça, chez moi…) et elle a besoin que L appuie légèrement sur mon bas ventre pendant qu’elle essaie de frayer un passage pour y placer, délicatement, les embryons.

Je n’ai pas eu mal mais j’ai bien senti qu’il y avait un problème au passage du col. C’était long. J’étais pourtant (relativement) détendue.

Après le transfert, malgré une qualité de l’image médiocre, elle a mesuré (à ma demande) mon endomètre. Il était à 9,5 mm (un record chez moi) et en triple feuillet : toujours parfait donc (je me demande si l’ostéopathie intravaginale n’ y est pas pour quelque chose…).

Et je couve nos tous premiers blasto’. Les seuls de ma vie. J’espère les derniers aussi si cette tentative est couronnée de succès. Une issue heureuse. Mais j’ai tellement de mal à concevoir un tel avenir pour nous.

En tout cas, je me souviens très bien du chant des oiseaux à la sortie de la clinique. Nous espérons tellement.

Quel que soit le verdict, nous avons prévu la suite. En cas d’échec, nous y retournons avant 2015 et nous recommençons (en passant par Bratislava, cette fois). Et puis voyager avec mon homme (quasi 50 pays visités à son actif, quand même…) est juste merveilleux ! Au pire, nous aurons (enfin, j’aurais !) découvert un autre pays : la Slovaquie.

Děkuji (= merci, se prononce « diyé-kou-yé ») notre donneuse et Vive le don !