Grossesse tardive : « A 38 ans, j’ai fait congeler mes ovocytes en Espagne »

Retarder l’âge de la maternité accroît les risques d’infertilité. C’est ce qui a poussé Catherine à faire vitrifier plusieurs de ses ovocytes dans une clinique de Valence pour les utiliser plus tard pour une fécondation. « Au moins j’aurais mis toutes les chances de mon côté. » Témoignage.

L’article de Claire Hache est publié dans l’Express de ce jour. Ca se passe ici.

 

Science et religions se penchent sur l’embryon humain : « Le statut de l’embryon » dans « Révolutions Médicales », sur « France Culture »

Je partage une autre émission de grande qualité sur France Culture sur un sujet passionnant : l’embryon et son statut.

Les invités du Pr Frydman

  • Le Docteur Dalil Boubakeur, médecin, recteur de la Grande Mosquée de Paris et Président du Conseil Français du  Culte Musulman,
  • Le Père jésuite Bruno Saintôt, directeur du département d’éthique biomédicale du Centre Sèvres,
  • Le Rabbin Michaël Azoulay, membre du Comité National d’Ethique de 2008 à 2013,
  • Le Docteur Paul Atlan, gynécologue.

Les points traités

  • Quels sont les courants de pensées et les conceptions religieuses autour du statut l’embryon ? ;
  • Quand commence la vie, quand commence la personne humaine ? ;
  • La personne humaine se constitue-t-elle progressivement dans le temps ou faut-il considérer l’embryon humain dès le stade la fécondation ? ;
  • L’embryon est-il une personne potentielle ou une potentialité de personne ?
  • Quelle médecine régénérative et quelle attitude vis-à-vis des recherches sur les cellules souches ? ;
  • Quel est/sera l’attitude des religions vis-à-vis de toute innovation  scientifique qui concerne l’AMP ?
  • Qu’en est-il de la recherche sur l’embryon ?
  • Quel avenir pour les embryons surnuméraires en cas d’absence de projet parental ?
  • Quelle est la situation de la France par rapport à la vitrification des ovocytes ?
  • Le retard de la France concernant la recherche sur les gamètes

Ca dure un peu moins d’une heure et ça se passe ici, à podcaster.

Bonne écoute !

« Des coups pour rien » : comment en finir avec l’infertilité ?

  • Geneviève Delaisi de Parseval, psychanalyste spécialiste des questions de filiation et de procréation mais aussi,
  • Sylvie Epelboin, obstétricienne spécialiste de l’infertilité et responsable de l’unité médicale à la procréation à l’Hôpital Bichat et
  • Serge Hefez, psychiatre et psychanalyste

étaient les invités de France Inter ce matin dans l’émission Service Public, présentée par Guillaume Erner.

Voici les points soulevés -et je suis bien contente d’avoir entendu des témoignages de couples concernés par l’AMP- !

  • quand consulter ?
  • impact de l’infertilité et de l’absence d’enfant sur le couple, l’environnement, le psychologique (traitements lourds et hormones à gogo),
  • don de gamètes en général et don d’ovocytes en particulier,
  • pression sociale exercée autour du désir d’enfant,
  • amour : courage et dialogue dans le couple,
  • procédures de DO,
  • report de grossesse : préservation des ovules par vitrification,
  • « procrastination procréative » selon G. Delaisi de Parseval,
  • PMA à l’étranger, en l’occurrence en République Tchèque,
  • délais d’attente trop longs pour bénéficier d’un don en France : 4 ans !,
  • aspect psychologique de l’absence d’enfant (bon, là, je suis très mitigée… je n’ai pas d’ovocytes : c’est dans ma tête ???)
  • travail et PMA : difficultés à concilier les deux,
  • secret autour de la conception de l’enfant,
  • suivi psy,
  • congélation embryonnaire et phénomène de « sélection »,
  • projection parentale sur l’enfant à naître…

Ça se passe ici, ça commence à partir de la 2ème minute et ça dure une grosse demi-heure.

11 ovocytes ponctionnés, 2 bastocytes (XB et HB) de grade 1 transférés, 0 vitrifié

Je ne sais pas si je vais réussir à restituer ce tsunami que nous venons de vivre en un billet. Je vais le faire en plusieurs fois, je pense…

D’abord, merci infiniment pour vos pensées, petits messages, SMS, mails, mots glissés ici et là… avant le départ et pendant notre séjour. J’ai essayé de répondre à chacune d’entre vous (merci le wi-fi généralisé partout !). Je me suis sentie portée, soutenue, rassurée aussi.

Nous sommes donc de retour de la République Tchèque.

Prague nous a éblouis, surtout par ses richesses architecturales, artistiques et culturelles. Je crois qu’il ne reste plus une rue que nous n’ayons pas sillonnée, même dans les coins un peu plus excentrés de la ville.

Au programme : restos, balades, expos, musées. Nous avons aussi profité du Prague authentique, de bons plans interlopes et typiquement pragois (car il faut savoir que mon homme devient vite insupportable lorsque, comme il le dit, la « touristite aigüe » le rattrape).

Si le centre-ville de Brno est « charmant », nous n’avons, en revanche, pas eu de coup de coeur. Ceci dit, nous restons persuadés que c’est aussi une ville qui, artistiquement, bouge/change. Evidemment, nous, PMettes en parcours de don, ne voyons pas forcément tout cela puisque notre esprit est pris d’assaut par des interrogations autour de la qualité et du nombre de nos embryons !

Quant à la clinique, nous savions que notre choix était le bon. Mais une fois sur place, nous en avons eu la preuve concrète. Toute l’équipe de Reprofit est remarquable par son professionnalisme. Je n’ai même pas eu besoin d’appeler mon Number 4 à la rescousse !

Nous avons, durant tout le séjour, eu un temps globalement (très) ensoleillé et doux. Inouï pour un mois de février. Et pas une goutte de pluie ! Les écharpes, bonnets, gants et polaires sont restés au fond de nos valises. Nous avons eu plus souvent chaud que froid et le soleil a tellement percé par moment (notamment avant-hier, lundi, en terrasse) que j’ai regretté de ne pas avoir pris mes lunettes de soleil !

Mais le plus important n’est pas là. Alors, petit retour en arrière :

Lundi 17 février (J0)

C’est le jour :

  • de la ponction de la donneuse,
  • du recueil et de la prise de sang pour mon homme,
  • de l’échographie de mesure et contrôle de l’endomètre pour moi (et c’est tout !),
  • (et accessoirement 7 ans et 6 mois jour pour jour que je suis non-fumeuse, c’est pas rien !!!)

Dès notre arrivée, nous sommes chaleureusement et sympathiquement reçus par E qui parle un français « parfait ». Elle est à notre disposition. Nous remplissons les formulaires de consentement.

On nous confirme que la méthode de fécondation sera une FIV avec ICSI (systématique chez eux). Une première pour nous.

Pendant que mon homme fait ce qu’il a à faire (après 2,5 jours d’abstinence mais avec le recul, je me dis qu’on aurait pu pousser à 3,5 jours), je suis reçue par le Dr S (de son prénom), chaleureux, souriant, disposé à répondre à toutes nos questions.

On parle IOP, FCR, cellules NK, parcours PMA, de ma donneuse. Il me dit que je suis jeune. Ca fait plaisir ! Je sais bien que je le suis -encore-. Ce sont mes ovocytes qui font plus que leur âge.

Il parle anglais. La communication est très facile et l’ambiance détendue et conviviale. Il reprend mon dossier… et hallucine sur mes doses de progestérone (1200 mg/jour, soit 6 ovules de 200 mg 3 fois/jour) mais me dit que c’est important de le faire… Évidemment !

Il constate que je suis bien suivie et sourit quand il découvre ma longue liste A4 de « drugs » à prendre. S’en suit une discussion entre lui et son collègue (Dr P, de son prénom aussi) et c’est là que j’apprends que notre donneuse a été ponctionnée de 11 ovocytes !!! Belle surprise car ils en garantissaient à la base entre 8 et 10 (ce qui est déjà cinq fois plus que le maximum obtenu dans notre parcours PMA).

Onze ovocytes prélevés, je me me dis que c’est un signe :

  • onze comme les 11 ponts de Prague,
  • onze car cette FIV-ICSI avec DO est notre 11ème tentative d’AMP.

Mon homme arrive, découvre la bonne nouvelle. La conversation reprend.

Dr S nous redonne son avis concernant le transfert de deux blastocystes. Pour lui, si la qualité des blastocystes est bonne, il vaut peut-être mieux n’en transférer qu’un « car vous êtes jeune« . La bonne blague (je vais avoir 38 ans dans un peu plus de 3 mois) ! Après tout ce par quoi nous sommes passés, après toutes ces années de galère, d’échecs, de FC, de négatifs dans la tronche, de tentatives échouées, reportées, annulées, d’attente… nous dire qu’il y a un risque de grossesse gémellaire, c’est un peu (gentiment, hein) nous distiller du rêve, nous donner de l’espoir. Comment ne pas se projeter, ne pas y songer, ne pas l’imaginer, l’envisager ? Un risque de grossesse gémellaire ? Oh mon Dieu, si Tu existes…

Pour nous, c’est tout réfléchi. Les grossesses gémellaires sont risquées. Elles me fichent une de ces trouilles, mais, en presque 5 ans, j’ai eu le temps de penser à tout cela, de peser le pour, le contre. Et puis franchement, j’ai quand même du mal à croire que deux embryons peuvent s’accrocher avec mon utérus killer

Alors, c’est clair et net, ça sera deux, pour augmenter les chances d’implantation. Ceci dit, je comprends parfaitement bien (et j’apprécie, même !) la mise en garde complètement légitime.

Pour l’anecdote, d’ici le transfert, j’ai même pour consigne de boire du vin (mais attention : du blanc -car ils ne font pas de « bons rouges« – !). Bienvenue dans la 4ème dimension…

Comme le pensait Number 4, pas besoin d’intralipides et on m’a confirmé que les injections quotidiennes en sous-cutanée de Lovenox remplaçaient bien l’Aspégic (j’aime quand le corps médical français et tchèque est d’accord !).

L’échographie à J0 révélera un endomètre à 8,9 mm et en triple feuillet. Tout est PARFAIT !

Prise de sang pour mon homme. Nous prenons quelques beaucoup de photos souvenir des lieux…

Globalement, jusque-là, je me sens zen, détendue, en confiance totale pour chacune des étapes (à Paris comme à Brno), aidée par tous vos messages de soutien. Sentiment étrange de vous avoir près de moi…

Mardi 18 février (J1)

10 ovocytes matures (sur les 11 prélevés la veille donc) et 8 fécondés.

Nous sommes aux anges !

Mercredi 19 février (J2)

7 embryons :

  • 4 de 4 cellules,
  • 1 de 3 cellules,
  • 2 de 2 cellules.

Nous sommes sereins. Après tout, nous venons de loin. Petit rappel concernant notre tentative de mars 2013 : notre seul embryon obtenu à J2 avait 4 cellules et c’était notre record en terme d’embryon transféré ! Là, on en a 3 de plus à 4 cellules.

Jeudi 20 février (J3)

C’est là que tout se complique. Le stress est à son apogée.

6 embryons :

  • 3 (seulement !!!) de 8 cellules ;
  • 2 de 5 cellules ;
  • 1 de 3 cellules ;
  • 1 qui nous a quittés.

C’est très décevant. Je vis cela comme une réelle injustice. Avec un pool de départ aussi important, comment est-ce possible de n’avoir que 3 embryons seulement au top ???

J’essaie de me raisonner en me souvenant de notre autre « exploit pmesque », celui de juin 2013. Nous avions obtenu un seul embryon de 7 cellules à J3 (qu’on n’a jamais pu me transférer d’ailleurs, car mort avant le transfert prévu !)… Mais c’est dur, dur. On est en don, là. C’est justement parce qu’on est en don que les mêmes scénarios ne doivent pas se reproduire !

En même temps, étrangement, à ces sentiments d’écoeurement, voire de lassitude et de tristesse, se rajoutent quelque chose de nouveau chez moi. Rien, plus rien ne dépend de moi. En effet, ce ne sont ni mes ovocytes, ni mes spermatozoïdes, alors pour une fois, je n’y suis « pour rien » (avec des tas de guillemets, car évidemment  que je n’ai jamais été responsable).

En don, même si l’enjeu est énorme, le poids de la culpabilité en cas d’échec est amoindri. Enfin, c’est mon ressenti.

Vendredi 21 février (J4)

Pas d’information de la clinique ce jour. Il faut laisser la nature faire son oeuvre… Vivement le lendemain. Mais on s’occupe à fond !

Samedi 22 février (J5)

C’est le fameux jour du transfert. Nous sommes accueillis par K. Elle vérifie nos identités respectives.

Puis, le Dr H (de son prénom donc !) nous reçoit. Elle est toute jeune (35 ans maximum). La communication en anglais est aisée mais le doute m’habite : je ne la connais pas et le transfert ne se fera ni avec le Dr M, ni avec l’autre Dr M.

Elle nous livre les informations tant attendues du jour concernant l’évolution de nos 6 embryons :

  • 2 beaux blastocystes de grade 1 (1 XB –blastocyste expansé- et 1 HB –blastocyste éclos-) que l’on m’a transférés,
  • 1 EB (blastocyste précoce) de grade 2 (celui-ci aurait pu être vitrifiable, mais nous avons appris hier, mardi, que non…),
  • 1 CM (morula compactée) à la traîne,
  • 1 embryon de 8 cellules,
  • 1 de 5 cellules.

Pas de cryoconservation possible. Pas d’embryon vitrifié donc. Si ça ne marche pas là, on recommence tout. Glourpsss. Encore.

A ma demande, elle nous donne des (petites mais précieuses) informations supplémentaires sur notre donneuse, nous explique qu’ils vont laisser encore en observation les embryons restants, mais qu’il y a peu de chance qu’on obtienne de vitrifié. Je m’en doutais, je m’étais préparée au pire. Je n’ai pas été surprise. Déçue mais pas surprise.

Je demande ce qu’elle pense du spermogramme et là, le choc : le diagnostic d’asthénozoospermie tombe. Jusque-là, mon homme n’avait qu’une tératospermie modérée qui n’a jamais posé de souci (je n’en ai d’ailleurs jamais parlé ici, c’est surtout mon infertilité qui gênait !), mais là, elle nous explique que bien que la concentration et la mobilité soient tout à fait dans la norme, il y a un souci au niveau de la mobilité progressive et un moindre au niveau de la morphologie :

  1. la mobilité progressive : la valeur mesurée est de 7 alors que la limite inférieure est censée être de 32 ;
  2. la morphologie normale : la valeur mesurée est de 4, ce qui est la limite inférieure.

Alors je sais bien que la spermatogenèse se renouvelle, varie, change… J’ose espérer que le prochain spermogramme sera comme les précédents c’est-à-dire « correct ». Mon homme a été malade il y a deux mois (ça a bien duré 3 semaines : gastro, état fiévreux, toux, grosse fatigue…) alors peut-être est-ce dû à cela ? Il va falloir que l’on se penche là-dessus. Sans pression, hein, mais qu’on s’y penche.

Jamais tranquilles.

Le moment tant attendu du transfert arrive. Elle nous montre depuis l’écran placé au-dessus de nos têtes nos deux magnifiques blastocystes de grade 1 (1 XB + 1 HB).

Mon homme prend quelques photos pendant que j’observe nos bulles d’amour.

Le Dr H, aidée de L, son assistante (une femme douce, souriante et gentille), procède à la préparation du terrain si je puis dire.

Une troisième femme arrive avec nos si précieux trésors, vérifie oralement avec nous que ce sont nos embryons.

Le passage du col semble laborieux (pas nouveau, ça, chez moi…) et elle a besoin que L appuie légèrement sur mon bas ventre pendant qu’elle essaie de frayer un passage pour y placer, délicatement, les embryons.

Je n’ai pas eu mal mais j’ai bien senti qu’il y avait un problème au passage du col. C’était long. J’étais pourtant (relativement) détendue.

Après le transfert, malgré une qualité de l’image médiocre, elle a mesuré (à ma demande) mon endomètre. Il était à 9,5 mm (un record chez moi) et en triple feuillet : toujours parfait donc (je me demande si l’ostéopathie intravaginale n’ y est pas pour quelque chose…).

Et je couve nos tous premiers blasto’. Les seuls de ma vie. J’espère les derniers aussi si cette tentative est couronnée de succès. Une issue heureuse. Mais j’ai tellement de mal à concevoir un tel avenir pour nous.

En tout cas, je me souviens très bien du chant des oiseaux à la sortie de la clinique. Nous espérons tellement.

Quel que soit le verdict, nous avons prévu la suite. En cas d’échec, nous y retournons avant 2015 et nous recommençons (en passant par Bratislava, cette fois). Et puis voyager avec mon homme (quasi 50 pays visités à son actif, quand même…) est juste merveilleux ! Au pire, nous aurons (enfin, j’aurais !) découvert un autre pays : la Slovaquie.

Děkuji (= merci, se prononce « diyé-kou-yé ») notre donneuse et Vive le don !

Bilan à 7 DPO post-IAC

Une copine PMette au parcours tout aussi compliqué, après un énième échec, vient de m’écrire ceci :

« … Nous sommes des combattantes hors norme avec un courage exceptionnel peu perçu par notre entourage« .

Ces quelques mots résonnent en moi. Elle a raison, oui, nous sommes de réelles combattantes. Nous en avons « là-dedans » ! (Enfin, moi, perso, j’ai quasi-rien dans mes ovaires mais bon… passons).

Ceci m’amène à me poser des questions :

  • Qu’est- ce qui fait qu’on « tient », malgré tout ?
  • Qu’est-ce qui fait qu’on accepte d’ingurgiter 16 comprimés par jour à chaque tentative, sans avoir la garantie, aucune, que ça finira enfin par marcher ?
  • Comment continuer à regarder ce corps, marqué par les stigmates de la PMA, lorsque cela devient un supplice ?
  • Comment parvient-on, malgré tout, à trouver la force morale et physique face aux épreuves ?
  • Comment arrive-t-on à « tenter de consoler » les copines dans la spirale infernale de l’infertilité ?
  • Où puise-t-on la force, pour chaque tentative (quand elle a lieu car je ne parle même pas des cycles pour lesquels tu te tapes les examens pour rien et qu’il n’y a ni FIV ni IAC au final car les conditions ne sont pas requises… ça m’est arrivé plusieurs fois !) quand on a :
  1. au moins 3 échographies endovaginales par cycle,
  2. en moyenne 4 prises de sang à chaque fois (sans compter les examens fort douloureux et dévoreurs de temps non liés au monitoring de l’ovulation),
  3. des heures cumulées d’attente et toute une organisation par rapport, entre autres, au boulot à prévoir,
  4. des rendez-vous à caser lorsque la consigne du soir (après 17h la consigne !) est : « telle et telle injection ce soir ET écho et prise de sang demain matin » ?

Je ne compte même plus les dizaines et les dizaines d’heures passées au téléphone pour dégoter un rendez-vous la veille au soir pour le lendemain matin…

Je suis tellement blasée de tout ce qui nous arrive que je crois que je viens de passer une étape importante dans notre parcours. Serais-je enfin « tentée de ne plus avoir envie » d’être mère ???

Je vais aller au bout de ce que je peux, de ce que la science nous donne comme possibilité. Et bientôt, bientôt : je passerai enfin à autre chose… car je n’aurai pas/plus le choix.

Et plus le poids de tout ça sur mes épaules et mon coeur aussi !

Bon, je reviens à l’objet de mon billet… Une semaine avant la prise de sang, à mi-parcours donc, plusieurs choses :

  1. J’ai toujours été intolérante à la progestérone (Progestan / Utrogestan). Quand je dis intolérante, ce n’est pas juste une petite intolérance qui resterait supportable, acceptable et qui serait sans conséquence dans ma vie quotidienne. Non. Là, il s’agit, dans mon cas, d’une intolérance sévère, handicapante, d’une réaction allergique très importante qui se manifeste systématiquement à partir de 4/5 jours de prise par des brûlures intenses, de fortes irritations alliées à des démangeaisons à la limite du supportable… Glam’ hein… Tout ça, au point de glapir de douleur, de ne pas pouvoir marcher normalement, voire de ne pas pouvoir m’asseoir… Le pire, c’était dimanche soir. Du coup, j’ai pris l’initiative d’arrêter la voie vaginale et de passer à la voie orale même si les effets secondaires sont terribles avec 6 ovules par jour (seins douloureux et gonflés, vertiges et grosse fatigue), je préfère mille fois cela à ces épouvantables démangeaisons. J’ai bien sûr demandé à Number 4 si je pouvais alterner voie orale / voie vaginale. Il n’est pas très pour mais pas le choix… Il m’a aussi conseillé Saforelle en gel (Crème apaisante – soin intime et corporel – Usage Quotidien – sans colorant, à la bardiane et à l’allantoïne) et là, c’est juste magique. Si je pouvais sponsoriser ce gel, je le ferais ! Tout est rentré dans l’ordre. Le cumul voie orale + gel a tout réglé en 24h !
  2. J’ai tous les symptômes de la grossesse, comme à chaque fois, sans la grossesse qui suit : bouffées de chaleur, obus à la place des seins, appétit de géant, boutons sur le menton… mais tout ça est dû au traitement… Rien de neuf donc.
  3. Je vis normalement (enfin j’essaie, vu que je dors tout le temps… heureusement que je suis en vacances) et ne fais pas comme si j’étais potentiellement enceinte ! J’ai juste -presque- arrêté la chicorée (5 tasses par jour habituellement et là, une seule par jour).
  4. En FIV, quand il y a transfert, tu sais que tu portes un début de vie et que tu couves ton (ou TES quand t’es une grosse veinarde !) embryon(s). En IAC, c’est différent. Je n’ai pas l’impression de couver quoi que ce soit. Je ne sais même pas s’il y a eu un début de vie suite à une éventuelle fécondation.
Et si, pour la 10ème fois, je faisais encore tout ça pour rien ?

Nos gamètes ont « fait l’amour » !

N’y pouvant plus d’attendre le coup de fil tant attendu du laboratoire, j’ai pris les devants !

Le seul et unique ovocyte a bien été fécondé.

Comme Number 4 semble aimer prendre des risques, il a décidé que la prochaine étape serait un transfert à J5 après une culture prolongée.

Les 4 jours devant nous vont nous sembler une éternité…

L’embryon évoluera-t-il comme il faut ? Deviendra-t-il blastocyste ? Résistera-t-il à l’environnement en laboratoire ?

Je pense qu’il est toujours mieux là-bas que dans mon utérus (ça me fend le coeur de dire ça, mais c’est la vérité…).

Que la route est longue et douloureuse… Et l’issue tellement incertaine…

Ponction d’UN ovocyte

Billet rapide depuis le boulot (oui, je sais, je suis folle d’aller bosser après une ponction…).

Ponction ovocytaire ce matin donc -à J15, une première- d’un ovocyte (à droite). Taille idéale : 20 mm. Celui de 20,5 mm à gauche ne valait rien…

Endomètre à 9.

Number 4 est fou : il veut tenter la culture prolongée avec transfert d’un blastocyste à J5.

Moi je dis que le risque est grand de le perdre en cours de route mais en même temps, si fécondation il y a (rêvons !), cet embryon sera toujours mieux en labo que dans un environnement immunitaire endométrial comme le mien (ô joie dans mon coeur et mon corps).

Réponse demain matin pour savoir s’il y a eu fécondation. Les paris sont ouverts. Glourpsssss.

Demain, c’est transfert !

Appel du labo ce matin :

un ovocyte (sur les deux ponctionnés hier) a été fécondé et

le transfert de notre embryon se fera donc demain.

Un, pas deux.

Deux, c’est mieux que un.

Mais un c’est déjà bien.

La dernière fois, lorsque la laborantine m’avait appelée (le lendemain de la ponction aussi), j’avais pu connaître leur qualité et leur nombre de cellules (3 et 4).

Là, elle n’a pas su me dire, alors que le stade est le même. Elle m’a juste dit que c’était trop tôt et que nous le saurions demain… Pourquoi ?

Est-il de mauvaise qualité notre embryon ? Et si notre petit embryon arrêtait sa croissance pour cesser d’évoluer ? Et si le transfert n’avait plus lieu ?

Mon homme, sur ce coup-là, est plus optimiste que moi :

« J’y crois ! Cette fois, c’est un p’tit bio’ et je préfère un embryon bio à deux qui ne le sont pas !« . (Je rappelle que c’est une FIV sur cycle naturel et donc -presque- sans piquouzes).

2 ovocytes ponctionnés

Nous sommes arrivés à la clinique détendus. Déjà 4 couples avant nous.

Un couple en salle d’attente

Formalités administratives, signatures des différents consentements… Ca va vite.

Aurions-nous fait ça toute notre vie ?

Nous sommes moins stressés, plus rapides, moins inquiets, plus au fait. La routine, en somme !

Anesthésie générale ? Non, madame, juste locale ! Trop forte Lulu (mais elle va moins faire sa maline juste après !).

Chambre 214. Je fais la connaissance de ma voisine de chambre et de son homme (a-do-ra-bles !). Je réalise que :

  1. j’ai beaucoup de chances avec les copines de chambre,
  2. malheureusement, on est loin d’être le seul couple à souffrir de ce mal d’enfant…

Vue de la chambre

Chambre

Calmant avalé, suppositoire anesthésiant inséré, douche à la bétadine prise…

Arrivée au bloc et Number 4 (ôôôô Number 4, si tu savais… biiiiiiiiiiip, cette fois, je ne dis rien ;-)). Je lui rappelle combien je compte sur lui (pour ne pas dire autre chose) et à quel point j’ai confiance en lui…

Echographie avant ponction et ça donne :

Un beau follicule à gauche donc (19 sur 21 mm) et… et… surprise… un petit à droite qu’il décide également de ponctionner MAIS un peu plus tard et du coup, sans avoir anesthésié localement au préalable le côté droit.

Autant dire que j’ai douillé (d’ailleurs, je saigne encore…).

Endomètre parfait : 8,9 mm.

Résultat des courses : 2 ovocytes ponctionnés, à savoir le même résultat que sur un cycle stimulé donc ! Et c’est aussi reparti pour 7 jours d’antibio’ !

Le feu vert est donné à mon homme pour son recueil. Cette fois, l’ordre est respecté, ouf (=> rappel : en novembre 2012, recueil fait avant l’annonce de la ponction blanche. Sans commentaire…) !

Voilà, j’ai encore jusque demain matin pour continuer de rêver… d’autant que quand j’ai demandé à Number 4 si on pouvait recommencer dès le prochain cycle en cas d’échec de fécondation, il a répondu (une PMette anticipe toujours l’échec !!!) :

Lui (stoïque) : Je ne l’envisage pas.

Moi (dépitée) : Comment ça ? Ca veut dire qu’on arrête tout ?

Lui (héroïque et un brin audacieux) : Je n’envisage pas qu’il n’y ait pas d’embryon.

Moi (soulagée et émerveillée) : Merci, mille mercis Docteur !

Je vais rêver et reviens vous dire demain matin ce qu’il en est.

De toute façon, il n’y a pas 40 possibilités. Ca sera :

  1. soit 0 ovocyte fécondé, donc 0 embryon obtenu et donc 0 transfert (NONNNNNNNNN !!!),
  2. soit 1 ovocyte fécondé, donc 1 embryon obtenu et donc transfert d’1 embryon (OUIIIIIIIIII !!!),
  3. soit 2 ovocytes fécondés, donc 2 embryons obtenus et donc transfert de 2 embryons (OUIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIII OUIIIIIIIIIIIIIIIIIIII OUIIIIIIIIIIIIIII !!!).

Un miracle peut-il se produire deux fois de suite ?

Je ne suis pas dévastée…

Non, je ne suis pas dévastée.

Comment pourrais-je l’être ?

100 % de mes ovocytes ont été fécondés… Le miracle s’est donc déjà produit.

C’est la première fois en quatre ans (depuis notre désir d’enfant donc) que je réussis à 100 % une étape liée à notre projet de parentalité.

C’est un miracle en soi, donc non, je ne suis pas dévastée.

Je n’ai pas à l’être.

J’ai des raisons d’être triste de ne pas parvenir à être enceinte et/ou à mener à terme mes grossesses, mais je n’ai pas de raison d’être dévastée de cette prise de sang négative pour cette FIV-là.

Ces fécondations étaient inespérées. On m’a ponctionné deux ovocytes (pour info, la moyenne = une bonne dizaine !) et c’est énorme (pour moi).

Ces deux ovocytes m’ont comblée… Ils ont été fécondés.

Je repense au coup de fil de la laborantine ce fameux 18 janvier à 9h13 précises, celui du lendemain de la ponction, de la veille du transfert… Cette conversation de 52 secondes qui m’a fait pleurer de bonheur quand j’ai appris que mes deux ovocytes avaient été fécondés et que nos embryons pouvaient être transférés le lendemain, à J2.

Nos gamètes se sont mélangés et aimés pour donner deux beaux embryons qui n’ont, pour des raisons que nul ne sait et ne saura -ni même Number 4-, pas voulu continuer leur évolution.

Ils n’ont pas trouvé leur nid que constitue mon utérus, suffisamment accueillant…

Je suis en insuffisance ovarienne. Elle est sévère, la mienne. Et même les « dinosaures » de la blogosphère, celles qui galèrent depuis de nombreuses années (elles se reconnaîtront) parviennent, avec des stimulations à doses de cheval, à obtenir plusieurs ovocytes.

Moi, deux, c’est mon maximum. Et deux, c’est juste ENORME.

Le miracle s’est donc déjà produit. Faudrait pas en demander trop non plus, hein…

Sept cycles de stimulation (IAC et FIV confondues). Et un transfert de deux embryons.

Et je suis reconnaissante à la vie.

Notre combat est loin d’être fini.

Et ceux (pas vous, mes lectrices, hein) qui penseraient que c’est de l’acharnement, je dirais d’aller voir ailleurs si j’y suis…

J’ignore si nous y arriverons mais seul le combat augmentera nos chances de réussite… (ou pas… mais ça, seule l’expérience nous le dira). Nous ne le saurons qu’après avoir tenté ce que la médecine peut encore nous offrir.

En attendant, je ne regrette rien et ne m’écroule pas parce que je pense avoir tout « bien » fait. Quelques exemples :

  • Juste après le transfert (un samedi), nous sommes rentrés et je suis restée allongée toute la journée ainsi que le tout lendemain (et pour moi qui ai la bougeotte, autant dire que c’est exploit !).
  • Je n’ai, pendant les 12 jours qui ont suivi ce transfert, fait aucun geste brusque, pas de sport, rien (j’ai même évité un maximum de me baisser…).
  • J’ai scrupuleusement pris mes 17 (oui, dix-sept !!!) comprimés tous les jours par les deux voix (orales ET vaginales) et j’ai le vagin en feu puisque je suis allergique à toute forme de progestérone !
  • Endomètre épaissi, vascularisation au top, manque de progestérone pallié, déficit en oestradiol comblé, prise de cortisone pour réguler le tout, vitamines en tout genre ingurgitées… Résultat des courses : je ressemble à un ballon gonflable sans même être ne serait-ce qu’enceinte de 2 semaines…
  • Mon homme a été aux petits soins tout le temps (petits-déjeuners au lit, préparation des repas).
  • J’ai dormi, dormi, dormi… autant que possible.
  • J’ai vécu au ralenti pendant 12 jours, avec la réelle sensation de marcher à chaque instant sur des oeufs…
  • J’ai sagement écouté mon homme et ne suis même pas allée manifester dimanche (attraper froid ou se prendre un coup dans le bide étant le risque).
  • J’ai fait de l’hypnose tous les jours (3… 2… 1… se détennnnnndre…). Mais je dois être trop cartésienne…
  • J’ai fait exactement comme si j’étais enceinte (et croyez-moi, faire comme si on était enceinte 12 jours durant, sans l’être, c’est pas évident !).

Bref, j’ai fait mon maximum et pour une fois, je ne culpabilise pas.

Je n’y suis pour rien. Ca n’a pas pris. La nature est ainsi faite. C’est tout.

Oui, c’est triste. Je reste triste, déçue.

Mais je ne suis pas dévastée.

Et puis…

Vivre avec la peur continuelle d’un arrêt imminent de grossesse à tout instant pendant au moins les trois premiers mois…

Et puis…

Risquer de faire, pour la troisième fois, une fausse couche…

Et puis…

Bref.

Là, je suis triste… Mais, « tranquille »… Jusque… mi-mars…

PS 1 : Et toi, ma copine de chambre du jour de la ponction, je n’ai aucun moyen de te joindre mais tu m’avais dit que tu me lisais… Alors… Peut-être, as-tu une heureuse nouvelle à m’annoncer ?

PS 2 : Ce billet, bien que daté et publié ce jour, a été rédigé bien avant de faire ma prise de sang, il y a plusieurs jours donc…  Je  savais, je sentais…