11ème tentative d’AMP : La FIV-DO en République Tchèque

A gauche, dans la pochette bleue : notre dossier « PMA classique ».

A droite : notre dossier pour la FIV avec don d’ovocytes.

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Impressionnant, hein ?

Tout est enfin parfaitement clair dans ma tête. Une page se tourne.

Notre 11ème tentative médicalisée sera une FIV-DO.

Ca y est, la procédure est lancée.

Nous avions les dates dans nos têtes depuis plusieurs mois déjà et hier soir, elles nous ont été confirmées officiellement.

Renoncer définitivement à mon patrimoine génétique, oui (j’ai eu le temps d’y réfléchir durant toutes ces années…).

Renoncer à notre enfant, NON !

La procréation assistée vue par Claude Lévi-Strauss

Pfiouuuuuuuuuu, ça faisait bien longtemps que je n’avais pas lu un article aussi intelligent !

Un article qui, personnellement, m’offre de nouvelles perspectives de réflexion sur ce qui préoccupe le plus mon esprit en ce moment à savoir, la FIV-DO.

Merci Claude Lévi-Strauss et merci Lily de m’avoir fait découvrir ce petit bijou.

Il ne pouvait pas mieux tomber, cet article… A mettre entre toutes les mains.

Ca se passe ici.

Lasse mais décidée à continuer

C’est le cœur lourd et la gorge nouée que j’ai passé ce week-end de Pâques et la boule au ventre que je suis allée faire mon troisième et dernier dosage de béta HCG ce matin.

Mon taux est descendu à 9 à 19 DPO.

La « bonne » nouvelle, c’est que c’est une grossesse biochimique.

La grossesse extra-utérine est donc écartée. J’avais trop peur pour mes trompes ; elles qui ne m’ont -encore- jamais lâchée, déçue ou trahie (contrairement à mes feignants de follicules).

Prochaine étape : faire le point avec Number 4. RDV pris pour la semaine prochaine… Déjà. Je m’attends aussi au pire, à savoir un : « On arrête tout »

lulu

La PMA fatigue, la PMA use. Mais je mise tout sur elle. PMA classique ou FIV-DO, ce n’est que par ce/ces biais-là qu’on peut prétendre à être parents un jour. Alors, on va continuer. On n’a toujours pas dit notre dernier mot.

Alors évidemment, aujourd’hui, je suis fatiguée de ces montagnes russes, fatiguée de pleurer, d’y croire, de m’émerveiller pour très rapidement déchanter et réaliser que la chienne de*** vie nous reprend ce bonheur de si courte durée.

Je me bats depuis des années (j’ai décidé d’arrêter de compter, c’est trop dur) pour la vie et contre cette sal*perie d’insuffisance ovarienne.

A force d’échecs et de coups de poignards dans le coeur, j’ai la sensation d’être anesthésiée par la douleur.

Je ressens cela, mais d’un autre côté, cette douleur me prend aux tripes et au plus profond de mon être de femme, de mère privée de son enfant.

C’est tellement contradictoire tout ça…

Je ressens ce vide en moi. D’ailleurs, comment est-il possible de ressentir à tel point le manque d’un être qui n’existe pas et qui n’existera peut-être jamais ?

Je suis en manque de notre enfant.

Je n’arrive pas à renoncer. Je ne peux pas. Ce n’est pas (encore) possible.

J’ai aussi bien conscience que cet enfant ne doit pas non plus être fantasmé. J’y « travaille » régulièrement, de sorte que si par bonheur/miracle nous accédions à la parentalité, nous ne focalisions pas toute notre attention sur cet unique être. Nous ne voudrions pas en faire un enfant-roi ! Futurs parents aimants et présents certes, mais pas envahissants, possessifs et surprotecteurs…

J’aimerais tellement que ni mon homme ni moi n’ayons ce désir si fort d’être parents. Tout serait tellement plus simple si on parvenait un jour à dire :

« On a longtemps voulu, longtemps essayé… Ca n’a pas marché pour nous mais aujourd’hui, on a accepté l’infertilité et après tout, cela ne doit pas conditionner notre bonheur et on est heureux ainsi »

Oui, tout serait tellement plus simple.

C’est le chat qui se mord la queue. Là, j’ai l’impression de tourner en rond, de ne pas avancer, de gâcher les plus belles années de ma vie.

Heureusement que nos vies sont bien remplies (par des activités dont je ne parle jamais ici puisque c’est un blog volontairement et exclusivement dédié à la PMA), que nous sommes bien entourés.

Notre vie de couple est riche et pleine… A nous les voyages, les grasses mat’, les concerts, les sorties, les soirées improvisées… Bref, la vie quoi, mais il nous manque l’essentiel. Notre essentiel.

Pour résumer, je dirai que je suis lassée mais décidée à continuer la bataille pour la vie (avec nos gamètes !). Reste plus qu’à motiver mon homme qui n’en peut plus de la PMA « classique » et n’a d’yeux que pour le don d’ovocytes…

Aujourd’hui, j’ai craqué au boulot… J’ai lâché le morceau… J’en ai parlé à deux collègues. Infertilité féminine et insuffisance ovarienne dans les deux cas. Toutes deux sont passées par les traitements en vue d’IAC ou de FIV… Toutes deux ont vécu un ou des arrêts de grossesse. Aucune des deux n’est mère, aucune des deux ne sera mère. Mais, heureusement, toutes les deux, avec leurs conjoints respectifs, sont aujourd’hui des femmes (d’âge mûr) heureuses. Bien sûr, ce n’est pas sans émotion qu’elles m’ont écoutée…

*** J’ai une pensée plus qu’émue pour Angediles

Absence de filiation

Si vous me lisez, c’est que vous êtes -outre les questions liées à la grossesse-, d’une façon ou d’une autre, concerné(e) également par celles liées à la filiation, la parentalité, la transmission, la génétique…

Alors, j’aimerais vous faire découvrir le travail d’un monteur/vidéaste/documentariste/réalisateur qui me touche beaucoup : des témoignages, des paroles spontanément livrées par des hommes et des femmes qui n’ont pas d’enfant. Le tout, joliment filmé, est très poétique.

Les dix témoignages tentent d’apporter des éléments de réponse aux questions suivantes :

  • Pourquoi n’as-tu/n’avez-vous pas d’enfant(s) ?
  • Comment vit-on avec l’absence de filiation ?
  • Quel(s) regard(s) porte-t-on sur sa propre enfance, sur la société, la vie, la mort ?
  • Et qu’en est-il du poids de la culpabilité quand on est dans l’impossibilité de donner la vie ?
  • Quelle est l’image que nous avons de nos propres parents ?
  • Cette image a-t-elle une influence/incidence sur notre désir de parentalité ?
  • Enfanter, fonder une famille : cela relève-t-il de l’utilité sociale ?
  • Ne pas avoir d’enfant, est-ce vivre marginalement ? Est-ce ne pas être dans l’ordre des choses, dans la normalité ?
  • Pourquoi faire des enfants : pour laisser une trace, pour être dans la norme, pour ne pas être seul(e), pour donner des petits-enfants à ses propres parents… ?
  • Peut-on être heureux sans enfant ? (…)

Enfin, je retiens ces paroles d’une des personnes au sujet du mépris que la société peut renvoyer et que l’on peut ressentir lorsqu’on vit/a fait le choix de vivre, sans enfant  :

« Le mépris, dans ma vie, je ne l’ai pas vraiment senti parce que j’ai eu la chance et aussi la volonté de ne pas me retrouver dans des situations où ce mépris aurait pu s’exprimer.

Le mépris est dur, humiliant car il sous-entend qu’on n’est pas un être humain à part entière… ».

Pour en savoir plus et visualiser les vidéos : ça se passe ici.