Cellules tueuses dans l’endomètre et FIV avec don d’ovocytes : quelles chances de réussite ?

J’ai failli fermer ce blog…  Après un parcours si chaotique et tant d’échecs, j’ai encore plus ce sentiment d’être hors-circuit.

Je pourrais encore et toujours expliquer l’injustice que je ressens quand je vois et entends telle ou telle copine/voisine/amie/collègue… tomber enceinte juste parce qu’ils l’ont décidé c’est-à-dire si facilement, naturellement, normalement… Quelle chance pour eux, quelle injustice pour nous.

Je pourrais aussi parler de la colère qui m’absorbe lorsque je me remémore toutes ces injections, prises de sang, échographies… toutes ces intrusions à mon corps malmené… Pour rien.

Je pourrais également tenter de décrire la peine incommensurable ressentie lorsque je repense aux milliers de comprimés ingérés depuis ces années… Pour rien.

Je pourrais dépeindre tout mon ressentiment envers la vie lorsque je repense à tout ce chemin parcouru… Pour rien.

Je pourrais pleurer mes 3 débuts de grossesse, toutes avortées… Et passer des heures et des heures à me lamenter sur mon sort, listant les IAC et FIV foirées (10, pour rappel), à nos 4 potentiels enfants débuts de vie, à ces 4 années « stériles ».

Mais je ne veux pas de cela. Dans quelques jours, ça fera 5 ans que mon chemin a croisé celui de mon homme. Un an après, nous décidions de fonder une famille.

Sauf que 4 ans après… on en est au même stade. Avec les écorchures du coeur en plus, les déchirures de la vie en prime.

Le fait est que :

  1. je ne suis pas fertile : il m’est quasi-impossible d’être enceinte et encore plus difficile de mener à terme une grossesse à cause des cellules tueuses qui ont décidé de se loger dans ce nid hostile pour nos petits…
  2. j’attends depuis trop d’années un miracle qui n’arrivera pas.

Et c’est sur ce deuxième point que j’ai le sentiment d’avancer. Progressivement. Disons que je suis en train d’accepter, tout doucement, très difficilement, que le miracle n’arrivera sûrement pas.

Je suis sur la voie. Celle de l’acceptation de la vie sans enfant. Je n’ai pas d’autre choix que de me rendre à l’évidence.

Alors vivre sans enfant, qu’est-ce que cela signifie ? Cela signifie passer à côté de milliards de choses, à côté d’un « certain » bonheur, mais, mais, mais… PAS à côté du BONHEUR.

Le bonheur, c’est la vie et la vie, c’est ce qu’on en fait.

Aujourd’hui, même si je ne suis pas encore prête à vivre sans fonder ma famille, je conçois qu’on puisse aussi avoir une vie fertile, qu’on puisse être heureux sans enfant, voire très heureux.

Quand je pense à tous les problèmes inhérents à la vie de famille, aux enfants… je réalise qu’il y a aussi des avantages à une vie à deux… surtout à une vie à deux nous deux.

Une ultime chance ?

Alors, oui, il y a la FIV avec don d’ovocytes. Le don en cas d’IO sévère est souvent LA solution. On en rêve. Je suis prête pour la FIV-DO depuis un moment (mon homme depuis bien plus longtemps que moi d’ailleurs). Les chances de réussite avec des gamètes de qualité sont plus élevées qu’avec une FIV classique, on le sait bien.

Mais, mais, mais, il y a cette grosse incertitude : quels sont les taux de succès en FIV-DO lorsque la receveuse (en l’occurence, moi !) a des cellules tueuses à profusion dans l’endomètre ???

Bien sûr, il y a le traitement de choc (cortisone, antibio, progestérone à très forte dose… en plus des oestrogènes et autres comprimés), mais à ce jour, la médecine n’a pas assez de recul pour savoir. L’efficacité du traitement est loin d’être prouvée. Et peut-on émettre l’hypothèse que les gamètes de qualité l’emporteraient sur les cellules tueuses… ? C’est pas dit. Loin de là, même. Number 4, lui-même, ne nous le garantit pas.

Les filles qui font des FC à répétition et qui, comme moi, bénéficient de la biopsie de l’endomètre pour la détection des cellules uNK sont encore peu nombreuses (tout ceci reste encore très expérimental). Et quid des filles qui ont des cellules tueuses et qui, comme nous, font appel au don ? Elles sont encore plus rares.  Quels résultats, quels taux de réussite ?

La seule que je connaisse dans ce cas est Fabienne à qui je pense si souvent et dont les toutes récentes nouvelles m’ont bouleversée…

J’espérais si fort pour toi, Fabienne. Ton combat est admirable.

Le gâteau sans la cerise, c’est délicieux aussi !

Notre réflexion avance… Chaque jour un peu plus, tout doucement, sans même que nous nous en rendions compte finalement ou que nous y songions et cherchions à trouver des solutions ou une issue. L’avenir, nous le voyons enfin lumineux. Nous avons pris conscience que nous avions de fortes chances de devenir parents si nous faisons appel au don d’ovocytes. Ça n’est pas un pis-aller, du tout. C’est intégré, réfléchi, assumé.

Les inséminations ne donnant rien et ma qualité ovarienne étant ce qu’elle est, continuer absolument à espérer un enfant biologique n’a pas de sens, n’est pas raisonnable. Nous avons décidé d’aller au-delà et avancer dans notre parcours. Ce parcours est à la base très compliqué, douloureux et sinueux, alors à nous de le rendre un peu plus doux, moins traumatisant et tortueux. Nous sommes réalistes mais nous gardons tout de même les portes ouvertes et continuerons les inséminations (j’espère en octobre -si l’état de mes follicules permettent de commencer la stimulation ovarienne-).

Quant aux FIV -la ménopause guette-, mes ovocytes étant si paresseux qu’aucune ponction ovocytaire (encore faudrait-il que j’en développe suffisamment !), ne peut être envisagée. Ceci dit, pour la parenthèse, j’ai quand même envie de demander un 4ème et dernier avis, histoire de ne jamais rien regretter… mais ça, c’est une autre affaire, j’en parlerais sûrement plus tard.

Pour le reste, l’adoption, aujourd’hui (je dis bien aujourd’hui car en PMA, on avance, on recule, on change d’avis, on doute, on rechange d’avis…), pour nous, il en est hors de question. J’ai toujours été admirative de ceux qui ont réussi à passer ce cap. Moi, j’ai besoin de vivre une grossesse, de porter mon enfant, de le sentir bouger en moi, de savoir qu’il s’alimente par mon intermédiaire. J’ai envie d’avoir des nausées, d’être fatiguée, de me plaindre parce que je ne pourrai plus marcher… Et comme j’ai déjà eu un avant-goût de ce qu’est la grossesse, je pense qu’être maman en passant par le don d’ovule est pour nous la meilleure des solutions. Et ça y est, j’ai rejoint mon homme. Nous avons désormais le même avis sur le DO.

Quand je pense qu’il y encore quelques mois, je tenais encore des discours du type : « il n’aura pas mes gènes« , « il ne me ressemblera pas« , « il n’héritera rien de moi« . Je réalise combien c’est faux, combien j’ai avancé, mûri. Ce ne sont pas les gènes qui font un être, c’est tout le reste, l’environnement dans lequel il évolue. Avec un papa comme mon homme et une maman comme moi, il sera déjà chanceux dans la vie. Je suis fière de moi. Oui, ça fait prétentieux tout ça, mais j’m’en tape ! Je ne tairai rien, je dirai à notre enfant, dès qu’il sera en âge de comprendre, combien nous l’avons attendu, désiré (sans lui faire porter le poids de ce bébé miracle si chéri et parfois même fantasmé… j’y travaille aussi). Je lui dirai qu’il est arrivé illuminer nos vies grâce à une fée…

Alors voilà, comme nous avons droit à 10 stimulations ovariennes au cours d’une vie et comme j’en suis à 3, il nous reste encore à tenter 3 autres inséminations et 4 FIV-DO.

Tout ceci va être long, très long. Notre rdv au CECOS est prévu pour fin septembre. Et puis, merd* borde* de merd*, on n’est jamais à l’abri d’une grossesse naturelle. Et là, ça serait la cerise sur le gâteau !