ROY, William, De Père en FIV, Ed. La Boîte à Bulles, Coll. Contre coeur, 2014

Un moment que j’ai envie de laisser une trace sur mon blog des livres que j’ai lus et/ou que je lis en lien avec :

  • le désir de grossesse/d’enfant/de parentalité,
  • le parcours de PMA,
  • le deuil de l’enfant issu de ses gamètes/de son patrimoine génétique,
  • le deuil de l’enfant tout court…

Ces livres que j’ai aimés (ou non, d’ailleurs parfois) et qui font, d’une manière ou d’une autre, écho à nos parcours longs et éprouvants.

Ces livres coups de coeur/poing que l’on s’échange pour partager des émotions communes…

Comme j’avance dans ma réflexion sur le deuil de l’enfant, j’aimerais également vous faire -bientôt, bientôt !- partager mes difficiles, douloureuses mais ô combien passionnantes découvertes.

Des lectures nécessaires qui font cheminer l’idée. L’idée de départ que l’on pensait (et qualifiait d’) inacceptable.

Mais aujourd’hui, c’est d’une nouveauté dont j’aimerais parler.

Il s’agit d’une BD, « De Père en FIV », de 168 pages et au graphisme coloré, dans laquelle l’auteur/dessinateur, William Roy, décrit avec humour et sincérité le parcours de PMA d’un jeune couple… avec ses difficultés et (peut-être ?) ses joies. Le parcours est autobiographique et c’est ce qui en fait sa force. Voici le résumé de la 4ème de couverture :

Jeune couple soudé et plein de projets, Emma (28 ans) et Guillaume Leroy (34 ans, OATS extrême) ont tout pour être heureux… excepté une chose : un enfant. D’essais infructueux en échecs répétés, les deux jeunes mariés se heurtent à la stérilité. Rude épreuve pour Guillaume lorsqu’il découvre, après les tests, qu’il est celui qui pose problème. Mais qu’à cela ne tienne, ils l’auront, cet enfant ! Ensemble, ils se lancent alors dans les déroutantes démarches de la fécondation in vitro. Hanté par les hyperboles de Doctissimo et la culpabilité de l’infertilité, Guillaume éprouve le quotidien des embarrassants dons de spermes, des tests aux résultats redoutés et des consultations sans fin. Et c’est sans compter sur le spectre de son propre père, paternel indigne et distant qui réapparaît soudainement dans sa vie…

Avec un regard réaliste empreint d’autodérision, William Roy partage avec humour et justesse une expérience profondément humaine, hissée par un espoir inébranlable. 

J’ai aimé :

  • qu’il ait été fait allusion aux liens du coeur… qui l’emportent sur les liens génétiques,
  • l’expression de ses propres démons, les craintes et les angoisses liées à la pression sociale et environnementale,
  • le ton, le graphisme et les couleurs,
  • les feed-back / retours dans le passé qui font écho à l’enfance du héros,
  • la nuance « stérile » / « pas impuissant » !

J’ai moins aimé :

  • la fin… arrivée un peu… rapidement…

Bien que dinosaure et routarde de la PMA, cette BD qui retranscrit bien les différentes étapes de la FIV que l’on connaît malheureusement ici toutes et tous trop bien, m’aura quand même fait découvrir trois nouveaux mots :

  1. ectopie testiculaire,
  2. orchidomètre,
  3. épididyme !

Beaucoup d’éléments sont passés au crible. En vrac, on a :

  • les rencontres avec les équipes médicales (anesthésistes, biologistes…),
  • les limites de certains médecins et/ou équipes médicales,
  • les réactions -bienveillantes, souvent et heureusement pour ce couple- de l’entourage,
  • le « jonglage » PMA/vie professionnelle,
  • la contrainte des piqûres, traitements,
  • le report de transfert,
  • les aléas du timing pour le jour de la ponction,
  • les résultats de béta HCG – –
  • les conséquences pour la femmes : prise de poids et moral en berne dû à la prise d’hormones,
  • la culpabilité,
  • l’abus de pouvoir de certains médecins,
  • l’épreuve du recueil de sperme,
  • le pipi post transfert,
  • les saignements,
  • la question de l’adoption comme solution de recours en cas d’échec de l’aide médicale,
  • les « on y travaille » des débuts pour justifier des essais et de la non arrivée de bébé…

Et quelques passages qui m’ont interpellée tellement ils sont vrais :

p. 75 : « Une FIV, c’est le test implacable du couple. C’est la mécanique glaciale qui s’immisce dans l’intimité »

p. 109 : « Ca devient dur de voir autant d’enfants… »

p. 116 : « Faire une FIV, c’est courir un marathon avec saut de haies »

pp. 152-153 : « Les nombreux examens, les formalités administratives, la multiplication des interlocuteurs et des emplois du temps, la contrainte physique du traitement, les essais ratés qui s’enchainent. Finalement, des années de combat épuisant, à l’issue incertaine. L’avenir s’assombrit à chaque échec… D’autant que chez les autres, les enfants naissent et grandissent, en vous renvoyant vos fiascos à la g*eule… »

Pour en savoir plus, c’est ici.   lulu de père en fiv

Documentaire : « Quand l’enfant se fait attendre… » : tous à vous agendas !

Tomber enceinte… qui a dit que c’était un jeu d’enfant ?

Désormais, pour un couple sur six, avoir un enfant s’apparente à un véritable parcours du combattant, qui peut s’étendre sur des années.

Combat croisé de quatre couples*** aux destins très différents.

Attente et stress rythment leur quotidien. Au gré de leurs parcours, ils vont nous livrer leurs émotions, leurs espoirs et leurs doutes. Avec amour, mais aussi avec humour.

Quelle sera l’issue de leurs aventures ? Quand l’enfant se fait attendre, tous les espoirs sont permis.

Ces couples, très émouvants, nous offrent une magnifique leçon de vie et une admirable preuve d’amour.

  • Pour voir la bande-annonce (durée : 2 min 47 sec) du reportage de Blandine Maire diffusé sur France 4 le mercredi 10 avril à 22h25, ça se passe ici.
  • Pour lire la critique de Télérama, ça se passe ici.

*** dont Irouwen et son chéri et qui, aujourd’hui, sont les heureux parents de deux magnifiques bébés…

Parler du parcours PMA à son entourage

Lorsque mon homme et moi avons commencé sérieusement les TP en vue d’une grossesse (novembre 2009, il y a donc plus de 2.5 ans), nous n’aurions jamais cru impossible une conception « naturelle ».

Il faut dire aussi que je ne comprenais pas grand chose à la façon dont la médecine pouvait apporter son aide aux couples infertiles (j’ai définitivement renoncé à utiliser le terme « stérile », merci mon acupuncteur -j’y reviendrai aussi-).

Notre entourage proche, et parfois moins proche, savait/voyait/se doutait de notre désir d’enfant. Nous en parlions aussi, sans vraiment dire que nous essayions…

Les mois puis les années ont passé. Nous avons appris que mes follicules étaient bien trop paresseux et qu’il fallait passer aux choses sérieuses sans plus tarder. Nous avons réalisé que le chemin vers la maternité risquait d’être long et c’est alors que nous avons décidé, d’un commun accord, de dire la vérité sur mon/notre problème (l’IO) et sur notre parcours d’aide médicale à la procréation à notre entourage (amis + famille). C’est un risque, oui, mais nous l’avons pris. Un risque, surtout si bébé n’arrive pas. Ça sonne chez moi comme un échec, un ratage, un plantage… du genre : même la science ne peut rien pour nous…

Par contre, si la médecine pouvait réaliser ce rêve d’enfant, j’ose croire que nous « oublierions » (mais j’ai envie de mettre des tas de guillemets, car je suis certaine qu’on n’oublie jamais ce parcours du combattant et tout ce qu’il implique dans sa vie amoureuse, professionnelle et sociale).

Avec l’attente d’un bébé qui n’arrive pas et le moral pas toujours au beau fixe, de plus en plus de monde, autour de nous connaît notre parcours ; la parole aidant à avancer…

Je porte le fardeau de l’infertilité et j’ai l’impression qu’on ne voit que ça quand on nous regarde. Nous incarnons un couple en mal d’enfant. J’espère que nous incarnons aussi un couple qui s’aime.

J’ai bien conscience que ce billet est un peu confus. Il est représentatif de ce qui se passe dans ma tête. Ceci étant, même s’il y a encore beaucoup de boulot, chaque jour qui passe, je gagne à être un tout petit peu moins triste, un tout petit peu moins amère et un tout peu moins dure avec moi-même.