« La stérilité sur le divan »

Je profite de mon congé maternité (rien que d’écrire ces deux derniers mots, j’ai l’impression de rêver…) pour rattraper mon retard de lecture et vous recommande cet article « La stérilité sur le divan » de Catherine Vincent, que je trouve fort intéressant, et qui avait été publié dans Le Monde le 19 septembre 2014.

J’ai retrouvé l’intégralité de l’article dans le scoop.it Famille et Sexualité.

Ca se passe ici. Bonne lecture !

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Ma psychanalyste… et moi : déjà 142 séances !

Il y a quelques jours, je parlais de mon acupuncteur. Pour compléter ce billet, parlons de psychanalyse.

Étonnamment, le désir d’aller « consulter » s’est fait sentir lorsque tout allait bien dans ma vie : un boulot intéressant, un toit, l’avenir devant moi et surtout « enfin » une stabilité amoureuse. Bref, un équilibre et une vie remplie et épanouie !

Au début, je ne trouvais jamais quoi dire à ma psychanalyste. Je réfléchissais bien à l’avance, pensais à la séance précédente pour « préparer » la séance d’après, essayais de comprendre s’il y avait des liens et/ou associations à faire… Je réfléchissais sans doute beaucoup trop à la façon dont j’allais dire les choses et des tas de questions me venaient : pourquoi évoquer ceci au lieu de cela ? Et comment arriver à une exhaustivité de ce qui est ressenti en l’espace de 30 minutes de séances ? Comment avancer ? Une multitude de questions… Et à chaque fois, ces trois mots : « laissez-vous dire… laissez-vous dire… ». Alors à force de me laisser dire, j’en suis arrivée à 142 séances (oui, bon, ça va, je sais !).

Aujourd’hui, après presque 4 ans d’analyse, je ne me pose plus la question de ce que je vais pouvoir dire. Je m’installe (m’allonge) et exprime ce qui traverse mon esprit, parle de mes craintes, peurs, angoisses, de moi, de mes joies, de mes parents, de mon homme, de mes/nos amis… et surtout, surtout de mon infertilité et de la manière dont je vis ce qui me caractérise : mon incapacité à être enceinte, à porter notre enfant, à enfanter, à mettre au monde.

Je ne dis jamais vraiment la même chose et parle beaucoup de mon ressenti et il faut bien avouer que même si c’est long, douloureux, sensible… eh bien j’avance. Oui, je sens que j’avance car -contrairement à ce que je pensais il y a quelques mois encore-, j’arrive à me dire qu’une vie sans enfant est possible.

Oui, je pense qu’on peut être heureux sans enfant…

J’ai failli supprimer cette dernière phrase… Parce que c’est encore fragile.

J-2 avant BHCG

Plus que 48h avant la prise de sang qui révèlera si mon test de grossesse est positif ou non.

Hier, j’ai dit à ma psychanalyste que s’il s’avérait négatif (5 chances sur 6 quand même), je ne m’effondrerais pas. C’est ce que je pensais hier et ce que je pense encore aujourd’hui. Bon, demain est un autre jour, les jours suivants aussi… ! Toujours est-il que j’ai décidé de ne pas me laisser envahir par la tristesse. Et c’est un point que j’ai évoqué en séance.

Ceci étant, je suis plutôt du genre à ne pas garder pour moi ce qui ne va pas. Depuis l’annonce choc de mon insuffisance ovarienne, je pleure facilement car j’ai peur de l’avenir. Il faut que ça sorte : par la parole, les pleurs, le sport même (enfin, ça, c’est quand je courais)… par n’importe quel moyen mais il faut que ça sorte pour que les maux s’éloignent et me permettent d’avancer.

Est-ce le fait d’avoir créé ce blog et d’écrire les choses (en plus de les dire !) qui donne une dimension moins tragique à ma vie de femme nullipare ?

Est-ce parce que le long chemin parcouru depuis novembre 2009 ne me laisse pas le choix que d’accepter à vivre avec mon infertilité et de trouver en moi les ressources nécessaires à ma « survie » ?

Suis-je en train de me préparer tout doucement à l’idée (qu’il y a encore peu, je n’aurais jamais imaginée) selon laquelle on peut aussi être épanoui à deux et faire de sa vie une vie heureuse -je me contredis là, par rapport à mon discours d’hier, je crois…- ?

Je ne sais pas. C’est peut-être un mélange de tout cela, ou autre chose dont je ne mesure pas encore la portée. On est aussi tous (un petit peu) responsable de son propre bonheur. Et moi, j’ai envie d’être heureuse, comme je l’étais avant ce désir d’enfant et surtout comme je l’étais avant l’annonce de la fichue IO.

Car l’ancienne « moi » me manque…