« Il faut encourager la procréation par don »

Un article publié hier dans ladepeche.fr et qui a le mérite de traiter du don d’ovules…

Ca se passe ici.

Fin de grossesse… et nostalgie…

Je n’arrive plus à écrire. Alors, ceci est le premier et le dernier billet personnel sur ma grossesse.

J’écrivais ma tristesse, mon désespoir, mes désillusions et maintenant que ce bonheur BONHEUR si inespéré est enfin au creux de moi et bientôt dans nos bras, je ne parviens plus à mettre des mots sur cet immense chamboulement dans nos vies depuis que je suis enceinte.

Je me suis aussi beaucoup auto-censurée pendant ces 8 derniers mois. Crier son bonheur quand on sait qu’on est lue par des femmes et hommes en souffrance, c’est déplacé. J’avoue avoir (parfois) détesté cela quand j’étais moi-même en attente pensant que la réussite des autres ne présageait en rien la nôtre ; ce qui ne m’empêchait (certes) pas de me réjouir -surtout pour celles aux parcours particulièrement compliqués-. Mais inexorablement, la réussite des autres me renvoyait à nos nombreux échecs.

Je ne sais pas trop ce que va devenir ce blog. En « PMA addict », si le temps me le permet, je continuerais sans doute à faire un peu de veille. Mon blog a vu le jour quand j’étais au plus mal, que je souhaitais partager mon expérience et échanger autour de nos difficultés pour avancer et surtout ne pas sombrer. Il m’a en quelque sorte « sauvée » et je n’en retiens que du bon, à commencer par vous toutes, mes combattantes, rencontrées et/ou avec qui j’échange et qui m’êtes si chères.

Aujourd’hui, alors que je suis dans mon 9ème mois, j’ai quand même envie de dire combien j’ai été heureuse pendant cette grossesse. Comme « shootée à une drogue », j’avais écrit une fois… Tout le temps, sans interruption. Les hormones de la grossesse ont fait de moi une véritable inconditionnelle de la grossesse.

J’ai si hâte de rencontrer notre fille, la respirer, la cajoler, l’embrasser… lui murmurer tout ce que j’ai toujours secrètement espéré lui dire. Mais Il ne me reste plus que quelques jours (semaines ?) pour savourer pleinement et profiter égoïstement d’elle dans mon ventre. Elle est tellement attendue par tous (famille et amis…). Tout est prêt pour l’accueillir comme il se doit. Notre appartement parisien a été complètement réaménagé. Des travaux ont été faits et chaque espace a été ultra-optimisé (j’ai découvert chez mon homme de grandes qualités insoupçonnées de bricoleur !). J’espère qu’elle ne manquera de rien. En tout cas, pas de notre amour. Ca, c’est certain.

Mon homme s’est beaucoup investi dans cette grossesse. Il était présent à tous les rendez-vous à la maternité et aux (presque !) 15 échographies… sans compter les cours de préparation à l’accouchement, l’haptonomie et les rendez-vous avec notre sage-femme libérale

Je suis si fière de lui. Je sais qu’il sera un papa merveilleux (il s’en inquiète d’ailleurs et je pense que c’est très bon signe !). Je l’aime de toutes mes forces. Être dans ses bras et sentir notre fille bouger entre nous deux : je ne connais, pour l’instant, rien de plus doux.

Il m’est arrivé de pleurer. J’ai pleuré car j’ai réalisé que j’étais bel et bien enceinte. Et pas qu’un peu. Enceinte d’un beau bébé. Viable. Qui ne sera pas prématuré -puisque dans ma 38ème SA-. Enceinte de mon enfant que j’ai tant espérée. Je suis tellement nostalgique de ma grossesse. J’ai pourtant profité de chaque instant, de chaque minute. Même quand j’étais au plus mal le 1er trimestre, la tête par-dessus la cuvette et malade… Car je savais que ça allait passer et que je ne revivrais sans doute plus jamais cela.

Je retiens de ma grossesse une grossesse idéale, sans encombre, sans difficulté, à l’aube de mes 39 ans. Je me suis souvent demandé comment la vie pouvait basculer ainsi. Comment passer de « tout compliqué » à « tout facile » ? La roue a véritablement tourné. Et c’est déjà la fin.

On aura mis presque 6 ans pour toucher du doigt notre rêve. Les chances de concevoir à nouveau restent minces. Lorsque j’écris cela, je mesure pleinement notre chance. Il n’y aucune tristesse dans mes propos. Bien au contraire. Nous avons une chance incroyable puisque nous sommes une famille.

Je peux aujourd’hui, en toute objectivité, affirmer et dire très clairement que si TOUT était à refaire, nous le referions.

Ce parcours a laissé des traces indélébiles. J’ai toujours un pincement au coeur lorsque je pense à nous toutes et que je vois que c’est parfois si simple pour certains mais je me sens tellement chanceuse que je n’envie plus personne. Ni femmes enceintes, ni mères. Car je suis à mon tour enceinte et mère.

Quand on dit qu’il faut vivre les épreuves, même les plus difficiles, pour se forger et en tirer ensuite quelque chose de constructif… C’est vrai. Si nous n’étions pas passés par la case PMA, FC à répétition, examens douloureux et intrusifs et analyses en tous genres… nous n’aurions sans doute pas savouré ce bonheur à sa juste valeur. Nous aurions été un couple lambda, heureux d’être bientôt une famille, d’accueillir en son sein un bébé. Bien sûr.

Mais notre bonheur est sans nom. Notre joie est quotidienne.

Je relativise désormais absolument tout. Je ne me reconnais plus. Je rayonne. Mon coeur rayonne. Jamais je ne me serais autant admirée dans le miroir. Ce corps que je ne reconnaissais plus et qui me trahissais sans cesse, je l’ai si longtemps et tellement souvent détesté. Aujourd’hui, je suis en confiance. Ce même corps ne cesse de me surprendre depuis juillet.

Ma fille, dans mon corps, se sera accrochée jusqu’au bout. Je suis si fière d’elle !

Je me remémore encore les litres de sang perdus lors du décollement en août dernier. Tout prêtait à croire aux mêmes conséquences catastrophiques que les précédents arrêts de grossesse. Mais non. Ma fille s’est accrochée. Elle a fait une apparition magique à l’échographie. Il n’y a pas eu de 4ème FC. Et je nous revois, abasourdis, enlacés dans les couloirs de cet hôpital, pleurant dans les bras l’un de l’autre, de soulagement et de bonheur…

On me dit souvent que notre persévérance aura payé. C’est vrai, je ne peux le nier. Nous étions à rien de tout arrêter et avons persévéré…

MAIS, MAIS, MAIS, je sais aussi et surtout que nous avons eu beaucoup, beaucoup de chance. Le bon traitement a enfin été trouvé. Je dois cette réussite un peu à notre ténacité mais surtout beaucoup à la science.

Vive la vie, vive la science, vive le don !

René Frydman et Christine Castelain Meunier sur Europe 1

Association de patients de l'AMP et de personnes infertiles.

Elodie, nous a parlé (via un mail) d’une émission de radio en date du 2 mars, « Il n’y en a pas deux comme elle » – Marion Ruggieri sur Europe 1.

Invités René Frydman et Christine Castelain Meunier, sociologue. Émission vraiment intéressante, même si les journalistes rebondissent rapidement d’une question à l’autre.

Différents thèmes sont abordés  :

– Les bébés à « trois ADN »

– La GPA

– La greffe utérine comme alternative à la GPA

– Le Sperm check, Monsieur Frydman est comme nous : DUBITATIF, voir plus

– L’infertilité masculine

– L’anonymat des dons de gamètes

– La situation Anglaise du non anonymat des dons de gamètes

– Cellules Souches

– Vitrification des ovocytes pour convenance personnelle

– Jusqu’à quand avoir des enfants ?

– Les résultats des FIV en France

– L’utérus et l’embryon = des recherches doivent se faire sur ces deux « boites noires » de la…

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« La stérilité sur le divan »

Je profite de mon congé maternité (rien que d’écrire ces deux derniers mots, j’ai l’impression de rêver…) pour rattraper mon retard de lecture et vous recommande cet article « La stérilité sur le divan » de Catherine Vincent, que je trouve fort intéressant, et qui avait été publié dans Le Monde le 19 septembre 2014.

J’ai retrouvé l’intégralité de l’article dans le scoop.it Famille et Sexualité.

Ca se passe ici. Bonne lecture !

« L’absence de la cigogne », de Fabien Lecours : un roman policier sur l’infertilité

Je découvre à l’instant la sortie fin septembre de ce 3ème roman -que je n’ai donc pas (encore) lu- de Fabien Lecours, édité chez La Plume d’Or et intitulé L’absence de la cigogne : un roman policier qui traite de la problématique de l’infertilité dans le couple.

Pour en savoir plus, ça se passe ici ou alors ici (lien éditeur pour le résumé et la bande-annonce).

Regard sur l’infertilité : Geneviève Delaisi de Parseval sur France Inter

C’était hier, dans « La Tête au Carré » de Mathieu Vidard. Une émission très intéressante sur la singularité des couples en mal d’enfants.

Invitée : Geneviève Delaisi de Parseval, psychanalyste, ethnologue et consultante en bioéthique qui sort son nouveau livre :

Voyage au pays des infertiles : 9 mois dans la vie d’une psy, Ed. Odile Jacob, 2014, 208 p. => journal de bord d’une expérience clinique au quotidien et sur une période de 9 mois.

L’émission en quelques points :

  • les délais d’attente sont bien trop long en France : pour pouvoir bénéficier d’un don d’ovocytes, il faut attendre plusieurs années… après un déjà long parcours d’AMP (Geneviève Delaisi de Parseval parle de 3 ans, mais on nous avait annoncé au moins 4 ans dans notre CECOS parisien) ;
  • il y est question de ce que Geneviève Delaisi de Parseval appelle la « 4ème blessure narcissique » : alors qu’un enfant se faisait dans le secret du ventre maternel, désormais, l’embryon se fait dans l’éprouvette… et toutes ces techniques relèvent un peu de la science fiction ;
  • elle note l’intérêt de la psychanalyse, l’importance pour les couples de dire le parcours, les difficultés ;
  • concernant les embryons surnuméraires -qui sont congelés en vue d’une utilisation ultérieure-, elle les appelle « les enfants  possibles » ou les « jumeaux d’étuves » ;
  • concernant la FIV avec DO : l’association Maia est citée, les contraintes financières évoquées, les difficultés quant aux relations entre les membres du couple soulignées…., les conséquences sur le corps et le coeur… ;
  • il est rappelé qu’en France, le don d’ovocytes est permis mais impossible car très peu nombreuses sont les donneuses d’où le recours au don à l’étranger ;
  • l’infertilité ne doit plus être le seul problème privé d’un couple puisque c’est un problème de société, souvent lié à des problèmes environnementaux ;
  • il est aussi question de la proposition d’Apple et de Facebook de faire payer la congélation d’ovocytes : on parle de « procrastination procréative » ;
  • le recours au double don de gamètes -en cas de double infertilité- (interdit en France), a été évoqué (don de sperme + don d’ovocytes) ;
  • les insuffisances de la loi française ont été relevées ;
  • d’autres points ont été précisés : les femmes qui se lancent seules en PMA, l’adoption, la monoparentalité, le travail de deuil de la maternité, le forum européen de la bioéthique…

Ca dure environ 3/4 d’heure et ça se passe ici (à écouter à partir de la 10ème minute).

Bonne écoute, « peuple infertile » !

Irène Théry reçue par Laure Adler dans Hors-Champs sur France Culture + article de La Marseillaise

A l’heure où on entend un peu tout et n’importe quoi sur la PMA, la GPA, le mariage pour tous…, je vous invite encore et toujours à écouter Irène Théry, essentiellement à partir de la 29ème/30ème minute…

Ca se passe ici.

Et un article du journal « La Marseillaise » d’hier à lire ici ou ci-dessous :

Irène Théry a présidé le groupe de travail qui a remis en avril dernier un rapport au gouvernement traitant de la PMA, de la GPA, de la filiation, de l’accès aux origines… Photo Patrick Di Domenico L’utilisation de l’article, la reproduction, la diffusion est interdite – LMRS – (c) Copyright Journal La Marseillaise

Sociologue, directrice d’études à l’École des hautes études en sciences sociales, Irène Théry est l’auteur du rapport « Filiations, origines, parentalité ».

La sociologue et directrice d’études au centre marseillais de l’EHESS tenait une conférence hier sur les thèmes abordés par le rapport « Filiations, origine, parentalité » qu’elle a remis au gouvernement en avril dernier. Elle rééditera l’exercice la semaine prochaine* à l’invitation de l’Idep. Pour La Marseillaise, elle éclaire les termes des débats de société d’une brûlante actualité.

Dans votre conférence vous évoquez « l’enjeu des valeurs ». Un mot surtout manié par les tenants d’une vision réactionnaire de la famille. Quel sens y mettez-vous ?

Notre rapport est sous-titré « Le droit face aux nouvelles valeurs de responsabilité générationnelle ». Les conservateurs s’arrogent le monopole des valeurs. La défense de la famille, c’est eux. Les valeurs, c’est eux. Mais la gauche a cessé d’abandonner la famille aux conservateurs. Aujourd’hui elle soutient la famille contemporaine, valorise sa diversité, avec le souci premier des inégalités immenses entre familles riches et pauvres. Contrairement à ce que dit la Manif pour tous, on peut analyser les grandes évolutions de la famille par l’affirmation de nouvelles valeurs. En premier lieu, l’égalité entre les sexes qui s’oppose au modèle de famille traditionnelle fondée sur la complémentarité hiérarchique entre l’époux et l’épouse, le père et la mère. Aujourd’hui la famille est co-dirigée. En second lieu, l’égalité entre les sexualités liée au changement de regard porté sur l’homosexualité qui est passée de l’état de perversion, de péché mortel, puis de pathologie à celui d’orientation sexuelle comme une autre.

Enfin, les nouvelles valeurs qui font évoluer la famille résident dans le progrès de l’attention portée à la personne de l’enfant et l’importance donnée à la filiation, inconditionnelle et indissoluble.

Votre rapport préconisait l’ouverture de la Procréation médicalement assistée (PMA) pour les couples de femmes. Il n’a pas été suivi d’effet. Diriez-vous qu’il s’agit d’un recul des progressistes sur le terrain des valeurs ?

Cela relève surtout d’une méconnaissance du sujet. Au fond les politiques n’ont jamais pris ces questions de société au sérieux. Au moment du débat sur le mariage pour tous -un changement important dans une institution comme le mariage- je n’ai pas vu le politique s’élever à la hauteur du sujet avant le grand discours de Mme Taubira.

C’est le modèle français de procréation médicalement assistée qui pose problème. Il repose sur un mensonge en droit, une forme de « ni vu ni connu » qui cherche à biologiser la filiation d’un enfant né grâce à un don de sperme, d’ovocyte ou d’embryon. Et fait passer par exemple un père touché par une infertilité pour le père biologique de l’enfant. Au fond, on met en accusation les seuls couples qui ne sont jamais tentés de mentir sur l’origine de leur enfant : les couples de femmes qui expliquent simplement l’aide apportée par un « gentil monsieur qui a donné sa petite graine » pour permettre une naissance.

 » Je suis heurtée par les discours conservateurs
qui comparent les enfants à des animaux de compagnie,
les femmes à des fours… « 

La question de la Gestation pour autrui (GPA) interdite pour les couples hétérosexuels comme homosexuels divise profondément les progressistes, une partie d’entre eux dénonçant une marchandisation du corps de la femme. Ce n’est pas votre point de vue, pourquoi ?

Il faut distinguer deux débats. Il y a d’abord le clivage entre ceux qui considèrent comme Sylviane Agacinski ou Marie-Jo Bonnet que toutes les GPA sont une forme d’esclavagisme et ceux qui estiment qu’il peut exister une GPA éthique. De la même manière qu’on ne peut mettre sur le même plan le trafic d’enfants et l’adoption internationale éthique. Le deuxième clivage existe au sein de ceux qui peuvent envisager une GPA éthique. Certains disent qu’on ne peut pas la garantir dans tous les cas et qu’il faut donc s’abstenir, d’autres considèrent que des pays autour de nous la pratiquent et disent « tentons la ».

Ces débats méritent de la sérénité, du respect. Dans le groupe de travail que j’animais, la moitié était favorable à la GPA l’autre non mais chacun s’écoutait. Je suis très heureuse que la cour européenne des droits de l’Homme ait cité de larges passages de notre rapport dans l’arrêt rendu sur les enfants nés de GPA à l’étranger. Ces enfants existent, leur filiation doit être reconnue. Je suis heurtée par les discours conservateurs qui comparent les enfants à des animaux de compagnie, les femmes à des fours… La GPA est interdite pour tous les couples et ne sera légalisée que le jour où une majorité de Français jugera que c’est une bonne chose.

Quels sont vos arguments pour l’accès aux origines des enfants adoptés ou nés de PMA ?

On a longtemps confondu deux choses : l’accès aux origines et la recherche de filiation. En reprochant de faire primer le biologique sur l’engagement aux jeunes qui veulent savoir d’où ils viennent, on répond à côté. Ils le disent eux-mêmes : « Nous avons des parents, nous n’en voulons pas d’autres, mais ça nous importe de savoir de qui nous sommes nés. » Cette demande a rencontré un grand mépris de la part de certains parlementaires. Il ne s’agit pas de transparence imposée mais simplement de permettre à des jeunes majeurs de ne pas se voir refuser l’accès à leur propre dossier par l’État ou une administration. Les expériences anglaises ou suédoises montrent que les arguments sur la chute des dons de gamètes sont fallacieux.

La notion de genre a beaucoup été utilisée pour affoler l’opinion. De quoi s’agit-il au juste ?

Il n’y a pas de théorie du genre mais des études de genre très diverses qui portent sur la distinction sociale masculin-féminin dans sa dimension hiérarchique, inégalitaire. En réalité, les conservateurs ont surtout affolé sur l’indifférenciation des sexes. L’idée que dans la filiation, il y aurait un parent 1 et un parent 2. C’est un pur fantasme. Les parents homosexuels sont sexués, il peut y avoir deux pères ou deux mères mais pas d’indifférenciation. Quant à l’absence de référence féminine ou masculine pour un enfant, c’est là encore un fantasme. Il suffit de voir une photo de mariage gay pour y voir les grands-mères, les grands-pères, les oncles, les cousines qui entoureront comme dans toutes les familles les enfants dans leur développement.

Entretien réalisé par Léo Purguette